VI
En résumant les résultats des recherches d’anatomie pathologique , dans les cent vingt-deux cas de folie chronique , on trouve les résultats suivants : sept fois les altérations ont été nulles ou presque nulles ; onze fois les altérations ont été seulement hypérémiques ; cinq fois, mollesse des deux substances ; huit fois , mollesse de la couche corticale; deux fois, induration de la couche corticale seule ; huit fois, induration de la substance blanche seule ; vingt fois, induration des deux substances ; soixante et une fois , atrophie des circonvolutions cérébrales.
L'hypérémie a existé soixante-quatre fois ; — quarantesix fois sous la forme simple, ainsi qu’il suit : dans tout
FOLIE CUROMQLE.
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l’encéphale , vingt-deux fois ; dans les deux substances cérébrales, trois fois; dans la pie-mère, douze fois ; dans la pie-mère et la substance blanche, une fois; dans la substance blanche, huit fois ; — dix-huit fois sous la forme d’ecchymoses : simples , onze fois ; avec injection pointillée de la couche corticale , deux fois ; avec injection et ramollissement de la couche corticale , cinq fois.
La coloration rouge de la couche corticale a existé cinq fois.
La décoloration de la couche corticale a existé cinquante-neuf fois , et a coïncidé vingt fois avec l’hypérémie , savoir : dans tout l’encéphale , quatre fois ; à la surface de la couche corticale , quatre fois ; dans des parties autres, douze fois.
De ces faits, il résulte immédiatement, et sans autre discussion , qu’il n’existe , pas plus pour la folie chronique que pour la folie aiguë , une altération encéphalique essentielle et caractéristique, qui puisse être considérée comme la condition organique matérielle de cette forme , ou plutôt de ce dégré de la maladie.
Il en résulte , aussi , que l’état pathologique de l’encéphale , qui correspond au trouble psychique , est de nature à ce qu’il soit possible qu’aucune trace de cet état ne subsiste après la mort. En effet , dans sept cas , les altérations ont été nulles, ou presque nulles, et dans onze autres cas, ces altérations, simplement hypérémiques , ne peuvent rendre compte de l’existence de la folie chronique.
Toutefois , les altérations constatées ont une valeur qu’il s’agit, maintenant, de chercher à déterminer.
'D’abord , ces altérations diffèrent notablement de celles qui appartiennent à la folie aiguë. Ainsi, dans la folie aiguë, les altérations dominantes sont des formes de L’hypérémie cérébrale , et , parmi ces formes , au premier rang , Lee-
OBSERVATIONS DE FOLIE
chymose sous-arachnoïdienne , avec injection et amollissement de la surface corticale. Dans la folie chronique, les altérations dominantes sont Tatrophie des circonvolutions et l’induration des deux substances.
Les altérations dominantes de la folie aiguë ne se retrouvent que très secondaires parmi les altérations de la folie chronique ; et les altérations dominantes delà folie chronique manquent presque absolument dans la folie aiguë.
Les différences symptômatiques de ces deux formes , ou plutôt de ces deux degrés de la folie , correspondent donc généralement à des différences d’état pathologique, dans l’organe de l’intelligence.
Mais, de plus, les altérations dominantes de la folie chronique , considérées dans leur ensemble , et appréciées dans leur nature , ont un caractère opposé à celui qui appartient aux altérations de la folie aiguë , et peuvent donner une idée approximative de cet autre état de l’encéphale , qui correspond aux troubles psychiques , dans la période chronique de la folie.
En effet , non-seulement l’état hypérémique exprimant une congestion active , qui domine dans la folie aiguë , ne se retrouve pas avec le même caractère dans la folie chronique ; mais , encore , c’est un état physiologiquement et pathologiquement contraire, qui est généralement exprimé par les altérations dans la folie chronique.
, Ainsi, la décoloration de la couche corticale tient, dans la folie chronique , la même place que la coloration rouge dans la folie aiguë. Ainsi, l’atrophie des circonvolutions exprime un mouvement de la force plastique contraire à celui que représente l’hypérémie active. Or, cette atrophie, constatée explicitement dans soixante-deux cas ( sur cent vingt-deux), où elle était évidente et immédiatement appréciable aux yeux, se révèle comme existant dans la plupart des cas , au moyen de la méthode d’ob-
FOLIE CHRONIQUE
servation qui consiste à juger le volume parle poids, méthode que j’ai, le premier, introduite dans les recherches d’anatomie pathologique du cerveau. Les résultats que j’ai obtenus par cette méthode , mettent en évidence cette loi remarquable ; à savoir, que, dans la période chronique de la folie, le volume du cerveau subit un décroissement qui est en raison composée de la durée et de l’intensité de la maladie.
Cette loi, si conforme, d’ailleurs, aux données générales de la physiologie pathologique , est empiriquement établie par les faits que j’ai recueillis, et ressort avec la plus entière évidence des rapprochemens suivans. J’ai classé les faits de folie chronique en quatre catégories , exprimant quatre degrés d’intensité dans le trouble intellectuel , depuis le simple affaiblissement jusqu’à l’oblitération la plus complète. Le volume du cerveau , dans ces quatre catégories, suit le même rapport de décroissement.
HOMMES
FE3IMES.