III. VII. 8. IX. X. XIII. XVII
OBSERVATIONS DE FOLIE
ItMÎ.
Eloeiame. 33. Céiil)atîiii*e. Clerc de notaire.
Excès. 611 J. Marasme cérébral.
En septembre 1836 , attaque d’apoplexie avec paralysie du côté gauche , puis symptômes de folie. Délire roulant sur l’amour, la politique. Craintes d’arrestation. Manied’acheter. Appétit vorace. — Séjour de trois mois à Ivry. Améiioration. — Rechute après deux mois. Retour dans sa famille. — Trois jours avant l’entrée , convulsions.
Pendant le premier mois, agitation convulsive, mutisme. Il e.st impossible d’attirer l’attention du malade. Il reste couché sur le dos, les yeux fermés ou ouverts, sans direction du regard. Évacuations alvines dans le lit. Le pouls a delà force et de la fréquence. Quelques paroles d’impatience adressées au gardien.
Après le premier mois , le malade ne peut coordonner ses mouvemens. Il chancelle sur ses jambes. 11 essaie de se lever, et marche auprès de son lit, sur lequel il retombe de temps en temps. Le malade interrogé, ouvre les yeux, tourne la tête , il semble vouloir parler, les muscles de la face s’agitent, et les joues se colorent. Le malade urine dans son vase de nuit.
Un mois vingt-un jours après l’entrée , tout-à-coup le malade recouvre la connaissance; il demande où il est, il parle de sa famille , il se lève, il s’habille. 11 pleure. Je le vois, il me reconnaît ( nous avions eu des relations d’amitié) , me tend la main, me la serre , s’informe de ma famille. Il demande des nouvelles des siens. Ses yeux se mouillent de larmes. Il chancelle sur ses jambes ; la jambe gauche paraît plus faible , il tombe de temps en temps sur son lit. 11 raconte que, depuis plusieurs jours, il entendait ce qu’on disait auprès de lui , qu’il m’avait reconnu ; que constamment il entendait des voix ; que les voix de femme
FOLIE paralytique
qui lui arrivaient des dortoirs voisins , lui semblaient être les voix de sa mère et de sa sœur. Il était mécontent qu’elles ne vinssent pas le voir. Il dit que tout ce qu’il voit et entend pendant le jour, se reproduit dans son cerveau pendant la nuit, sous la forme de rêves et de délire. L’articulation de la parole est naturelle. De temps en temps le malade bégaie d’une manière très prononcée. Il va se promener à l’aide d’une béquille à main.
Le lendemain, même état. L’intelligence paraît saine. 11 se plaint de l’engourdissement de ses jambes , comme de son seul malaise. Il a la confiance que cet état guérira. Il se promène avec l’intention de dégourdir ses jambes. Il est visité par son père. Il ne savait pas qu’il fût à Saint- Yon depuis deux mois, et il s’écrie, en l’apprenant: (( Comme la vie se passe ! »
Pendant une quinzaine de jours, l’amélioration se soutient, les nuits sont calmes. Les jambes sont un peu plus solides. La gauche se fait traîner pendant la marche.
Peu à peu l’intelligence s’affaiblit. Le malade ne peut fixer son attention. Il essaie en vain de lire et d’écrire. Ija parole est libre, l’articulation nette, mais le malade ne répond qu’avec lenteur et brièvement. Les nuits deviennent agitées, sans sommeil. L’intelligence s’affaiblit. La parole est rare. Le malade traîne la jambe gauche. Bientôt il ne peut plus se soutenir. Des congestions cérébrales se produisent. Les évacuations deviennent involontaires. Somnolence habituelle. Quelques rares instans où le malade a conscience de son état et s’en afflige. Une escharre se développe dans la région du sacrum , et fait de rapides progrès. Les congestions cérébrales se répètent et se rapprochent. Un mouvement fébrile et le marasme s’établissent. Mort dans le coma.
Encéphale, 1.452. ‘
Cinquante grammes de sérosité trouble dans la cavité
OBSERVATIONS DE FOLIE
arachnoïdienne. Végétation fougueuse du volume d’un gros pois à la face externe de la dure-mère , près du sinus longitudinal. Consistance augmentée des membranes avec léger épaississement, sans opacité. Hypérémie de la pie-mère.
La consistance de la surface corticale est considérablement augmentée ; la couche corticale ne se laisse entamer par le manche du scalpel qu’avec effort , et sa surface se détache facilement sous forme d’une pellicule consistante, demi-transparente. La surface dénudée est rougeâtre et paraît plus molle. La consistance de la substance blanche est notablement augmentée ; elle a une teinte jaunâtre et est fortement sablée ; ses vaisseaux sont dilatés. Le corps strié droit aune consistance très ferme, et offre, dans sa partie antérieure, les traces d’un kyste apoplectique pouvant loger un haricot ; les parties environnantes sont dures et jaunâtres. Dans le lobe gauche du cervelet et dans sa substance blanche vers le centre existe un petit kyste pouvant loger un pois ; les parties environnantes sont molles.