‹ Traité théorique et pratique de la folieChapitre 201 sur 295 · IX. X · texte numérisé non relu

IX. X

Homme. ^7. Hlarié. Commis».

Ivrognerie. 730 J."" Marasme cérébral.

Au commencement de 1837 , agitation et délire maniaque. Insomnie.

OBSERVATIONS DE FOLIE

Entré à l’Asile le 3 juin , il en sort guéri le *20 août , après avoir offert les symptômes suivans : agitation maniaque, insomnie. Le malade est tracassier, il tourmente les autres malades, les provoque. Il écrit souvent, et, dans ses lettres, il est constamment question de vins, de liqueurs , de bons repas. Il demande à sa femme, avec laquelle il est brouillé , de lui envoyer du vin.

Peu à peu l’agitation se calme ; le trouble de la raison disparaît. Le retom* à la santé semble complet. Le malade désire vivement sortir pour travailler , et concourir à subvenir aux besoins de sa famille, à l’éducation de ses enfans. Il sort guéri.

Après sa sortie , la mésintelligence qui avait existé dans son ménage , augmente. Le malade vit avec peu de régularité , et se livre à quelques excès d’ivrognerie. Dix jours avant sa réintégration , sa femme fait enlever ses meubles, et manifeste l’intention de se séparer. Immédiatement , le délire éclate. Idées de richesse. Réintégré le *22 avril 1838, il offre les symptômes suivans : le malade se croit riche; il parle d’opérations de commerce colossales. 11 a une place de 6000 francs. Il est venu à Saint-Yon pour prendre quelques bains. Il s’indigne à l’idée exprimée par le médecin , que le retour de sa maladie est du à de nouveaux excès. Il est tracassier, il tourmente les malades ; il se relève la nuit, et va les réveiller dans leur lit. Il remplit ses poches de cailloux , de bois , de chiffons , de tout ce qui tombe sous sa main , et témoigne beaucoup de chagrin lorsqu’on vide ses poches de ces ordures. La parole est embarrassée; la station peu sûre, la marche vacillante. Ces symptômes sont encore peu prononcés. Les yeux sont saillants, les conjonctives sont injectées. L’agitation, après avoir augmenté au point de rendre l’isolement indispensable , diminue peu à peu.

Après trois mois de séjour, le malade est calme. La

FOLIE PARALYTIQUE

marche est facile. La parole est plus embarrassée. Un peu de travail. Embonpoint. Idées de richesse.

Après six mois, la marche s’est un peu embarrassée ; le malade ne parle plus de spéculations. L’intelligence s’affaiblit ; la marche s’embarrasse de plus en plus. Le travail devient impossible. Voracité. Deux fois, le malade manque de s’asphyxier par engouement de l’œsophage.

Après un an , congestion cérébrale avec perte de connaissance. Après le retour à la connaissance , la parole est très embarrassée , la station est impossible. Retour des idées de richesse. Le malade offre 25,000 fr. à son gardien , s’il veut l’accompagner à Paris. Il prétend qu’il pourrait très bien aller seul, à pied, à Elbeuf, en un jour.

Huit jours avant la mort, nouvelle congestion. On a beaucoup de peine à saisir quelques mots mal articulés. Abolition complète de l’intelligence. Déglutition impossible. Contracture des membres. Perte de la connaissance.

1837. — « Monsieur,

oJe viens vous lancer le fiel que m’a procuré la conduite que vous avez tenue à mon égard ; elle est indigne. Vous auriez dû me prévenir et me laisser jouir de la partie de plaisir que nous avions projetée ensemble. Le tour que vous m’avez joué n’est pas celui d’un ami que je croyais sincère. Vous m’avez laissé avec les hommes les plus abjects de la société , et exposé de jour en jour à être assassiné. 11 est un remède au mal, en venant jeudi prochain pour me retirer de ma fâcheuse position où vous m’avez plongé. En venant, vous m’apporterez deux bouteilles vin blanc et deux de vin rouge , deux pâtés que j’ai commandés à., plus une friture. Tâchez de décider ma femme à venir avec vous ; elle aurait un bien mauvais cœur si elle refusait. »

OBSERVATIONS DE FOLIE

J 838. — « Mon bon et cher père, je t’avais prié lorsque tu es venu me voir la semaine dernière de voir madame.. . pour du chocolat ; tu m’as oublié. Je t’avais cependant dit qu’il se vendait i fr. à Paris que je pensais qu’elle le vendait que 50 sols 3 fr. sur 2 fr. à gagner c’est monsieur m’avait prié de lui dire toutes fois que j’irais à Rouen pour voir Esther, ce qui me ferait plaisir et c’est mon habitude de l’aller voir. A la première visite n’oublie pas de m’en apporter ce qui fait qu’il est si cher c’est la vanille que l’on met dedans. Je ne suppose pas qu’il en entre pour 30 sols et 3 fr. cela fait une énorme différence. Je t’embrasse. »

Encéphale, 1.250.

Épaississement des membranes sans opacité. Hyperémie de la pie-mère. Ecchymoses sous-arachnoïdiennes multipliées. Adhérences de la pie-mère disséminées, avec décortication par plaques étroites. Ramollissement pointillé de la surface, dans plusieurs circonvolutions. Atrophie des circonvolutions antérieures. Amincissement de la couche corticale , qui est pâle et indurée à sa surface. Consistance augmentée de la substance blanche , surtout de celle qui forme les parois des ventricules latéraux dilatés.

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