‹ Traité théorique et pratique de la folieChapitre 227 sur 295 · VI · texte numérisé non relu

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En résumant les données fournies par l’anatomie pathologique dans les quatre-vingt-six cas de folie compliquée de paralysie générale , on trouve les résultats suivans. Dans tous les cas, a existé le ramollissement profond et étendu de la couche corticale cérébrale. Ce ramollissement a existé sept fois sans adhérence de la pie-mère ; sept fois sans épaississement des méninges ; deux fois sans adhérence ni épaississement des membranes.

L’hypérémie a existé soixante-dix fois : quarante-sept fois sous la forme simple ; dans tout l’encéphale , vingtneuf fois ; dans les deux substances cérébrales, une fois ;

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dans la pie-mère , sept fois; dans la pie-mère et la sub- . stance blanche , deux fois ; dans la substance blanche , huit fois ; — vingt-trois fois sous la forme d’ecchymoses ; .

simples , huit fois ; avec injection pointillée de la surface < corticale , trois fois ; avec injection et ramollissement , douze fois. V

La coloration rouge de la couche corticale a existé trente- | sept fois ; la décoloration de la couche corticale , douze t fois. ' I'

La dureté de la substance blanche a été constatée qua- ^ rante fois.

La folie paralytique a donc offert ceci de caractéristique ; en ce qui touche aux altérations constatées après la mort, i > que, dans tous les cas, soit que les symptômes de paralysie t se fussent manifestés enjmême temps que le trouble intel- J lectuel , dès le début de la maladie , soit qu’ils fussent venus compliquer la folie simple arrivée à une période plus ou moins avancée de sa durée , du moment où les symptômes de paralysie ont été évidens et permanens , il a existé , coïncidemment dans le cerveau une altération constante et spéciale, à savoir le ramollissement de sa couche corticale.

Le ramollissement de la couche corticale a présenté des dilîerences qu’il est important de noter. Son siège le plus habituel , et pour ainsi dire essentiel , a été la portion moyenne de la couche ; dans un petit nombre de cas , le ramollissement ne s’est révélé que par la facilité avec la- ’ quelle la couche la plus superficielle , au moyen de la traction des membranes , ou d’une traction artificielle , se séparait, par plaques plus ou moins larges, de cette portion moyenne , qui alors apparaissait molle , mamelonnée , rougeâtre. Le plus souvent, le ramollissement intéressait toute la moitié externe de la couche corticale , (luelquefois toute son épaisseur.

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Dans dix-neuf cas, au ramollissement s’est associée l’induration , soit que le ramollissement existât dans la couche corticale de certaines circonvolutions, en même temps qu’existait en d’autres points l’induration sous forme de pellicule de la surface (obs. 173, 181, 187, 195, 198, 200. 201,211,213, 218, 223, 225, 230,235), soit que le ramollissement peu prononcé , et borné à la portion moyenne , existât seulement au-dessous de la surface indurée (obs. 180, 190, 190, 234 , 247).

Ce dernier mode de l’altération de la couche corticale , est sans doute celui qui a motivé, de la part de plusieurs observateurs, l’assertion que la paralysie générale peut exister sans ramollissement de la couche corticale. Bien que, dans ces cas, le ramollissement existât réellement, quoique peu prononcé et limité à la partie moyenne de la couche, le fait de la coexistence d’une induration prononcée de la portion externe de cette couche , donne à ces cas un caractère particulier dont il doit être tenu compte dans l’histoire de la folie paralytique.

Les altérations du cerveau dans la folie paralytique se distinguent de celles qui se rencontrent dans la folie simple, aiguë ou chronique : par leur constance, le ramollissement de la couche corticale ne manque dans aucuns cas ; par leur nombre , les altérations accessoires et subordonnées sont beaucoup plus nombreuses et plus fréquentes ; par leur nature , l’altération essentielle à la folie paralytique, le ramollissement se rattache comme altérations coordonnées ou subordonnées, l’épaississement des méninges , l’adhérence de la pie-mère à la couche corticale , la coloration rouge de cette couche , et son induration partielle , et toutes ces altérations, au point de vue général de l’anatomie pathologique , se rapportent à l’état '‘appelé inflammatoire.

11 n’y a eu de ditîérences entre les altérations dans les

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deux catégories de cas , où la paralysie s’est manifestée dès le début , et où elle s’est développée consécutivement, que celles-ci : la coloration rouge de la couche corticale , et les ecchymoses avec injection et ramollissement de la surface cérébrale ont été plus fréquentes dans les cas de la première catégorie. La proportion des cas où l’induration s’associait au ramollissement , a été la même dans les deux catégories , onze sur cinquante-et-un dans la première , six sur vingt-sept dans la seconde.

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