‹ Traité théorique et pratique de la folieChapitre 25 sur 295 · III. VI · texte numérisé non relu

III. VI

Homme. 47. I^larié. Fîleiii*.

Mort d’un frère. 160 J. Gastro-entérite.

Depuis trois ans environ, état continuel de tristesse, à la suite de la mort de son frère. Depuis (juinze jours, agitation , cris , paroles sans suite.

FOLIE AIGUE

Tristesse, agitation, refus des alimens solides. II se plaint d’être faible. Loquacité, plaintes perpétuelles à propos de sa faiblesse. — Le malade, qui se plaint sans cesse d’avoir faim , de n’avoir pas assez à manger , qui cherche à accaparer la portion des autres malades , ne se décide pourtant à manger qu’avec une extrême difficulté. Il prétend qu’on lui a changé sa tête. Il tient son bonnet à la main, loin de sa tête, prétendant que ce bonnet l’entraîne avec violence vers la muraille, contre laquelle il se briserait. Il se plaint, il se lamente : « Je me conduis mal, répète-t-il souvent ; je devrais être à mon métier. » Et sa physionomie exprime le plus violent chagrin. Il résiste avec violence aux soins qu’on veut prendre de lui. Il faut le porter aux bains , et employer plusieurs gardiens pour le mettre dans sa baignoire. — Le malade ne répond jamais à ce qu’on lui demande; il répète les derniers mots de la phrase qu’on lui a adressée. Puis, d’un ton lamentable, il parle de ses métiers , de son malheur , de ses souiîrances , de ses fautes , tout cela dans des phrases courtes , incomplètes et par lui plusieurs fois répétées. Plusieurs fois on a constaté de la rigidité dans les membres supérieurs , et la parole a paru quelquefois légèrement embarrassée.

Il y a eu constamment insomnie , coloration de la face , et aggravation graduelle des symptômes. — Une visite de sa mère a fait plaisir au malade, et a causé une courte diversion. — Des symptômes de gastro-entérite se sont manifestés , et ont amené un dépérissement rapide , sans amélioration dans l’état de l’intelligence.

Encéphale, 1.310.

Léger épaississement des membranes au niveau des anfractuosités. Hyperémie de la pie-mère cérébrale. Ecchymoses sous-arachnoïdiennes, avec injection pointilléedela surface cérébrale en plusieurs points , notamment tout le long de la partie latérale des deux tiers antérieurs de I hé-

OBSERVATIONS DE FOLIE

misphère droit; dans la partie correspondante, les membranes sont épaissies, et comme infiltrées de sanj^ en plusieurs points, La surface de la couche corticale est molle. Coloration lilas de la couche corticale dans les deux tiers antérieurs des hémisphères , et dans toute fétendue de l’hémisphère droit. La voûte et la cloison sont très molles. Les ventricules contiennent de la sérosité sanguinolente. La pie-mère cérébelleuse est injectée ; elle est d’un rouge vif le long du grand sillon horizontal. En cette partie, la substance corticale paraît superficiellement ramollie. La substance corticale a une teinte lilas vers la surface. Hyperémie * générale de l’encéphale.

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