‹ Traité théorique et pratique de la folieChapitre 26 sur 295 · III. VII · texte numérisé non relu

III. VII

Homme. 19- Céîîtoalaiee. Comuïtsi.

Remords d’avoir quitté la maison paternelle contre le vœu de ses parens.

165 J. Marasme.

Symptômes de mélancolie, avec penchant au suicide et exacerbations maniaques quotidiennes.

Le malade se déshabille , et ne veut souffrir aucun vêtement. Il cherche sans cesse à se sauver de son lit , de sa chambre. Il témoigne le désir de se faire du mal, de se tuer, mortivantce désir sur ce qu’il est désagréable à luimême , qu’il sait bien qu’il ne peut guérir , qu’il est à charge à ses parens. Cet état va toujours s’aggravant. Quoique retenu par la camisole et par des liens dans son lit , il parvient à s’user la peau des bras , à l’aide du frottement. Refus des alimens. Évacuations involontaires. Dépérissement, excoriations au sacrum.

Après un certain temps , le marasme s’arrête , les escharres se cicatrisent , l’agitation diminue ; le malade, qui n’a pas abandonné ses idées de suicide , et qui a même cherché à se tuer en se frappant l’épigastre avec des ciseaux, témoigne le désir de retourner chez ses parens , qui le re-

FOLIE AIGUE

prennent contre l’avis du médecin. Il échappe à la surveillance de ses parens, et se jette sous la roue d’une voiture qui lui fracture la cuisse. 11 est ramené à l’Asile, où la fracture est réduite. Le malade cherche à arracher le bandage ; on est forcé de lui lier les mains , de fixer l’appareil avec une sangle , et encore le malade, par les mouvemens qu’il imprime volontairement au bassin, occasionne-t-il des dérangemens qui rendent nécessaires des pansemens multipliés. Pendant les pansemens , le malade contracte les muscles de la cuisse avec une sorte de fureur , et avec une force telle, que, malgré les efforts de plusieurs aides et du médecin , il parvient à faire courber le membre et à faire chevaucher les fragmens. Les efforts du malade pour se nuire et pour déranger l’appareil se continuent après le pansement , et en même temps le malade se traite de cochon, de gredin. 11 dit qu’il voudrait être mort; qu’il est pourri. On ne parvient qu’avec une peine infinie à lui faire prendre des alimens. Pendant près de deux mois, cet état de fureur suicide persiste presque sans relâche. Tous les efforts pour maintenir la fracture réduite sont rendus inutiles par l’acharnement avec lequel le malade s’obstine à déconcerter ces efforts , au moyen des mouvemens du bassin , et surtout au moyen de la contraction dee muscles de la cuisse. Le malade reconnaît ses parens, leur témoigne de la tendresse , cause assez raisonnablement avec eux. Le malade dépérit. Des vomissemens s’établissent. La peau du membre , dans le point correspondant à la saillie du fragment supérieur , tend à s’ulcérer. Le malade meurt 56 jours après la fracture.

Encéphale,

Membranes opaques épaissies dans les régions latérales des hémisphères au niveau de la scissure de Sylvius. Injection générale de la pie-mère. Plaques d’un rouge vif dans plusieurs points do l’arachnoïde , notamment sur

OBSERVATIONS I)E FOLIE

les parties latérales des hémisphères, à droite le long et au-dessous de la scissure de Sylvius, à gauche au-dessus et en arrière de cette scissure. Plaques rouges de l’arachnoïde, à la partie supérieure et moyenne des hémisphères. Dans les parties correspondantes à ces plaques, la surface de la couche corticale est pointillée d’un rouge vif et ramollie. Dans un grand nombre de points de la région supérieure et des parties latérales des hémisphères , les membranes entraînent une couche très rpince de substance corticale. Le ramollissement de la couche corticale est très superficiel, sans changement de couleur. Il est général dans les lobes moyens. Les lobes antérieurs n’offrent aucune altération à leur extrémité , ni dans les membranes , ni dans leur substance ; il en est de même des lobes postérieurs. Le cerveau est généralement mou. Le cervelet est sain.

Les deux fragmens du fémur chevauchent dans l’étendue, de plus de 50 millimètres, et ont contracté latéralement des adhérences à l’aide d’un cal volumineux.

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