‹ Traité théorique et pratique de la folieChapitre 259 sur 295 · in. Y · texte numérisé non relu

in. Y

Dans les six observations qui constituent ce premier groupe , à une époque peu distante de la mort, la manifestation de symptômes habituellement étrangers à la folie: état fébrile, mouvemens convulsifs, altération de la connaissance, est venue révéler une complication, et

FOLIE COMPLIQUÉE. 295

signaler Texistence , ou d'un délire fébrile, ou d'une méningite.

Les altérations pathologiques , constatées dans l’encéphale après la mort , ont généralement confirmé , et le diagnostic porté pendant la vie , et la doctrine générale des maladies cérébrales. Ainsi , dans les obs. 283 , 284 et 285, la méningite aiguë, bien caractérisée par les symptômes , se retrouve dans les altérations avec ses caractères anatomo-pathologiques.

Dans les obs. 281 et 282 , les altérations cérébrales se rapprochent , par leur nature , de celles qui appartiennent à la folie paralytique commençante , et leur coïncidence avec des symptômes analogues à ceux de la méningite aiguë , confirme les vues précédemment exposées sur la nature pathologique de la folie paralytique.

Dans l’obs. 280 , les altérations cérébrales sont peu prononcées ; le délire , lié à un état fébrile , rappelait celui qui accompagne les fièvres typhoïdes.

OlîSini VA FIONS DK KOLIK.

§2. — Folie compliquée de formations pseudo-membraneuses dans la cavité arachnoïdienne .

lIoMisiic. SO. Célit^atasre. Militaire.

Perte d’une personne aimée. 150 J. Hémorrhagie de l’arachnoïde.

Petite taille. — Depuis deux mois, premiers symptômes d’aliénation mentale , à propos de la mort d’une jeune femme qu’il aimait. Tristesse , pleurs , incohérence.

A l’entrée, agitation excessive, loquacité, incohérence. Le malade brise, déchire. Gris, rires, mouvemens désordonnés. Insomnie. Hilarité habituelle. Cet état persiste sans amélioration pendant deux mois et demi. — Huit jours avant la mort, l’agitation diminue. L’incohérence persiste. Il est impossible de hxer l’attention du malade. Sommeil assez paisible. Embonpoint. — Le six décembre , à la visite , le malade a la tête fléchie ; la physionomie est stupide , le malade paraît engourdi. II ne parle pas. On n’obtient pour toute réponse que des sons confus et inarticulés. Cet état s’aggrave , et le malade meurt dans le coma , après quinze heures.

Encéphale, 1.100.

La cavité arachnoïdienne droite contient un demi-verre de sang liquide , qui s’échappe au moment où l’on incise la dure-mère. Des caillots recouvrent l’arachnoïde cérébrale, et tapissent l’arachnoïde pariétale dans la fosse sphénoïdale et au-dessus de la tente du cervelet. L’arachnoïde pariétale est recouverte d’une fausse membrane mince, résistante , adhérente ; dans l’intervalle de l’arachnoïde et de cette membrane, existent de petites collections

FOLIE COMPLIQUEE

de sang coagulé disséminées. L’arachnoïde pariétale a une couleur rouge vif par plaques uniformes, qui ne s’enlève pas par le lavage à l’eau froide. Ces altérations sont bornées aux régions sphénoïdale , temporale et occipitale supérieure du côté droit. L’arachnoïde cérébrale est parfaitement incolore; les membranes cérébrales sont saines. La couche corticale est indurée à sa surface, qui s’enlève avec le manche du scalpel sous forme de plaques minces. Les deux substances sont très notablement indurées, sans altération de couleur , et avec une légère hypérémie.

Ifi. 4. XV.

Femme. Jflai*£ée. Fermière.

— 790 J. Entérite.

Il y a plusieurs années , à la suite d’une gastrite , affaiblissement de l’intelligence. Il y a deux ans, congestions cérébrales répétées. — Il y a deux mois, alternative de délire maniaque et de raison.

A l’entrée , agitation , incohérence. La malade pousse continuellement des cris perçans. Abolition de l’intelligence. Engourdissement. Symptômes d’entérite. Marasme.

Encéphale, 1.250. — Cervelet, 0.100.

Épanchement de sang au-dessus de la tente du cervelet. La dure-mère crânienne au-dessus de la tente du cervelet dans les régions occipitale , pariétales postérieures et latérales , et temporales postérieures , a une couleur rouge mêlée de noir. Elle est recouverte par un triple feuillet, se séparant facilement dans une étendue variable , sous la forme de membranes minces, transparentes, et contenant, dans leur épaisseur , en divers points , du sang liquide em—

OBSERVATIONS DE FOLIE

prisonné dans des cellules intermédiaires. Les deux feuillets les plus voisins de la dure-mère sont moins faciles à séparer. Celui qui lui est contigu, lui adhère par un tissu lâche , filamenteux. Au-dessous de ces membranes , l’arachnoïde existe sans altération appréciable. Ecchymoses sous-arachnoïdiennes dans la région postérieure des hémisphères. Atrophie des circonvolutions dans les lobes antérieurs et dans les circonvolutions qui longent la grande scissure interlobaire. Anfractuosités larges, circonvolutions très minces. Infiltration de la pie-mère. Dilatation des ventricules. Dureté des deux substances cérébrales. Pâleur de la couche corticale.

Page 1