‹ Traité théorique et pratique de la folieChapitre 270 sur 295 · OU · texte numérisé non relu

OU

Femme. 65. Cc!obî%É«BB*e. Marchande.

— 5290 J. Maladie du cœur.

Amenée de Bicêtre, où elle était depuis 1822.

Faiblesse intellectuelle. Hallucinations. Elle croit qu’on la frappe; elle dit qu’on la tue. Agitation assez fréquente. — En juin 1839 , symptômes de congestion cérébrale ; la parole reste un peu embarrassée , la marche est un peu pénible et vacillante. En septembre, nouvelle congestion.. Perte de la connaissance , de la parole , gêne de la respiration. Après quelques jours , retour de la connaissance. La parole est embarrassée. Les membres du côté gauche sont affaiblis , surtout le bras. L’intelligence est très atfaiblie. Peu de paroles. Peu d’idées. Incohérence. Symptômes de maladie du cœur. Marasme.

Tête , 522. — 178. 135. 270. 320. 320. — 1223.

Encéphale, 1.135.

CircoiîYol. antér., 6"'. Épaisseur , couche corticale, P. 2"* à 2'" 5. Longueur du lobe antér., 41"’ -

Léger épaississement des membranes. Altération des vaisseaux à la base et dans les anfractuosités. Plusieurs kystesdu volume d’un grain de chenevis, disséminés dans la substance blanche de l’hémisphère droit, en avant , en dehors et au-dessus des corps striés. Un kyste du volume d’un pois , dans la substance blanche du lobe antérieur. Un kyste de même volume, à la surface du corps strié au-dessous de la membrane ventriculaire. Dans l’hémisphère gauche , la partie externe du corps strié contient un kyste qui pourrait loger une petite noix , qui est revêtu d’une membrane dont les vaisseaux sont visibles. Cette membrane a une couleur rouille , et est appliquée en dedans sur la substance grise du corps strié , en dehors sur la SÙtistance blanche. Les deux substances au-dessous de

OBSERVATIONS DE FOLIE

cette membrane , ont une couleur jaunâtre, et une consistance dure dans l’épaisseur d’un millimètre.

aoo.

Homme. 45. Célibataire. Toilier.

— 4225 J. Insolation.

Idées de grandeur. II se croit Louis XVII. Il croit que son père a été geôlier de Marie-Antoinette au Temple , et s’en est fait aimer , et qu’il est le fruit de leur union. Travail. Accès d’agitation furieuse de courte durée. — Souvent il arrive que, pendant la nuit, le malade pousse des cris affreux , et l’agitation qu’il éprouve se prolonge pendant un jour ou deux. Pendant ces accès, la face est fortement colorée. Le malade écrit sur les murailles des obscénités. Menacé de punition, il s’en abstient désormais. Il paraît avoir renoncé à ses idées de grandeur. Les accès de fureur se reproduisent à des intervalles éloignés, pendant plusieurs années , s’accompagnent de congestion sanguine vers la tête , et ne sont pas suivis de paralysie. Pendant les accès, il jure, il se frappe, il brise tout ce qu’il trouve sous sa main. Le plus souvent il brise des carreaux avec ses mains, qu’il coupe et qu’il ensanglante. Interrogé sur les motifs de ces emportemens qui souvent se calment instantanément , il répond : «J’ai été pris de mécontentement. Je ne sais pas pourquoi. Ce sont des mouvemens involontaires. Il faut que je frappe, parce que la vivacité m’y porte ; je ne peux résister au mouvement. Je ne sais pas qui me commande. Tout ce que je sens, c’est une espèce d’impatience dont je ne suis pas le maître. — Mais pourquoi frapper dans des carreaux au risque de vous blesser? — Je n’ai pas regardé tout cela ; il me fallait exhaler mon mécontentement. Je frappais partout sans réflexion. »

D’autres fois il répond : « C’est malgré moi que je fais cela. Je ne peux pas vous donner d’autres preuves. Vous pouvez me punir malgré cela. Mais c’est l’exaspération qui me pousse , qui me fait faire cela malgré moi. »

Interpellé de nouveau sur la cause de ses accès de fureur, quelques jours après qu’ils ont complètement disparu, il répond : « C’est un mystère pour moi. J’ai senti un malaise intérieur que je ne puis définir. Tout ce que je puis vous dire, c’est que , si la mort en dépendait, je n’agirais pas autrement. Ce qui me pousse à casser, à briser, est plus fort que moi. Après je pleurerais volontiers. »

Quelques mois avant la mort , des congestions cérébrales sans agitation furieuse, et avec perte momentanée de la connaissance , se succèdent à des intervalles rapprochés. L’intelligence s’affaiblit. La station devient difficile, la marche s'embarrasse. Les évacuations sont involontaires. La parole est légèrement embarrassée. Le malade n’éprouve plus d’accès de colère. 11 est habituellement engourdi. L’intelligence s’affaisse de plus en plus. Après être resté long-temps exposé au soleil , il meurt subitement.

Encéphale, 1.520.

Léger épaississement des membranes qui sont transparentes. Les artères de la base et des anfractuosités sont parsemées, dans toute leur longueur, d’une multitude de plaques cartilagineuses. La surface corticale est pâle , et a un reflet jaunâtre. La couche corticale est pâle dans toute son épaisseur. Les deux substances ,‘dans le cerveau et le cervelet, sont considérablement indurées. Dans la substance blanche de l’hémisphère droit , existent cinq cavités tapissées d’une membrane celluleuse , remplies de sérosité rousse, de capacité à loger un gros pois. Une de ces cavités existe au milieu de la substance blanche du lobe antérieur ; les quatre autres sont disséminées dans la substance blanche du reste de l’hémisphère, au-dessus

OBSERVATIONS DE FOLIE

du ventricule latéral, et à une égale distance de ce ventricule et de la surface externe. Le corps strié de ce côté est criblé de petites cavités analogues pouvant loger un grain de millet, de chenevis, un pois. Dans la substance blanche de l’hémisphère gauche, existent aussi plusieurs cavités enkystées et remplies de sérosité. De plus, la partie antérieure du corps strié gauche est creusée d’une cavité enkystée qui pourrait loger une grosse noix, qui est tapissée par du tissu cellulaire, traversée par des brides celluleuses et remplie de sérosité rousse. Les parois cérébrales de cette cavité sont molles et floconneuses , dans une portion de son pourtour, lisses et fermes dans une autre portion.

Page 1