‹ Traité théorique et pratique de la folieChapitre 271 sur 295 · XV · texte numérisé non relu

XV

L’hémorrhagie de la substance cérébrale est une complication assez rare de la folie. Si l’on ajoute aux huit cas qui ont été séparés de la masse des observations pour former un groupe spécial, les cas qui , par diverses considérations, ont été laissés dans les autres catégories, c’est-àdire les observations 13V , 1V7, 157, 196 , 227, 2V9 , 265, 272, 275 et 292, on trouve que le nombre total des cas d’hémorrhagie cérébrale, s’est élevé à dix-huit sur trois cent seize observations de folie , à neuf sur cent quatrevingts hommes , et à neuf sur cent trente-six femmes. Elle s’est rencontrée dans la folie aigue une fois , dans la folie chronique dix fois , dans la folie paralytique quatre fois, dans la folie épileptique trois fois. L’épanchement hémorrhagique a été unique six fois , et multiple douze fois. Le siège de la lésion a été quatre fois dans la substance blanche , quatre fois dans la couche optique, une fois dans le corps strié , trois fois dans le corps strié et la couche optique , deux fois dans le corps strié et la substance

FOLIE COMPLIOCÉE. ;>2 i

blanche , quatre fois dans les circonvolutions cérébrales. — Les particularités relatives aux observations disséminées dans les diverses catégories ont été signalées. Voici ce qu’ont présenté de plus remarquable les huit observations réunies dans ce dernier groupe.

Le ramollissement' de la substance cérébrale s’est rencontré cinq fois dans les parties où siégeait l’épanchement. Deux fois (obs. 293, 29i) , le ramollissement a coïncidé avec l’hémorrhagie, s’il ne l’a précédée; une fois (obs. 296), il l’a précédée ; deux fois ( obs. 295 et 297 ) , il lui a été consécutif. Quatre fois les vaisseaux artériels à la base et à la circonférence étaient encroûtés de plaques cartilagineuses. Une fois les veines cérébrales étaient obstruées par des caillots qui s’étaient évidemment formés pendant la vie ; et dans ce cas l’hémorrhagie était disséminée à la surface du cerveau , et plus prononcée dans les points de la couche corticale ramollie , où ces veines ont leurs racines.

Les symptômes ont olTert, avec les altérations, les corrélations suivantes.

Dans les obs. 293 , 29V , 295 , la formation de l’épanchement hémorrhagique s’est révélée subitement par des symptômes évidens et caractéristiques. L’association de la contracture avec la paralysie a signalé la complication du ramollissement et de l’épanchement.

Dans les autres observations, les symptômes caractéristiques de l’hémnrrhagie cérébrale ont manqué ou ont été obscurs.

Dans l’obs. 296, où existaient des symptômes obscurs de folie paralytique, la formation de l’épanchement disséminé a donné lieu à des symptômes analogues à ceux que présente assez souvent la congestion cérébrale mortelle , qui termine cette maladie.

Dans les obs. 297 , 298 , 299 et 300, des symptômes de paralysie incomplète et non exactement limitée , avaient

321 OBSERVATIONS DE FOLIE

indiqué rexistence d’altérations cérébrales dont la nature était difficile à déterminer, et avaient offert, dans leur ensemble et vers les derniers temps de la vie , une analogie plus ou moins grande avec ceux qui caractérisent la folie paralytique consécutive.

La loi de l’opposition de côté entre les lésions dans le cerveau et la paralysie dans les membres , s’est généralement vérifiée dans ces observations.

Ainsi , dans les observations 293, 29i et 295, où il y a eu hémiplégie, l’épanchement avait son siège dans le côté du cerveau opposé au côté paralysé. Dans les obs. 29G ,

297, 299 et 300, la paralysie incomplète paraissait exister des deux côtés du corps; des deux côtés du cerveau, il y avait des altérations. Les altérations anciennes, bornées à un côté du cerveau dans les observations 293 et

298 , n’avaient pas donné lieu, pendant la vie, à des symptômes de paralysie locale.

Les obs. 298 , 299 et 300 sont des exemples remarquables d’hémorrhagies multiples ayant pour siège la substance blanche.

D’après les symptômes observés chez le malade de l’obs. 300, il semble que ces hémorrhagies successives aient accompagné les congestions cérébrales périodiques dans lesquelles ce malade était saisi d’une fureur aveugle.

FOLIK COIM PLIOUKK.

§ I . — Folie compliquée de ramollümtieni cérébral.

Page 1