‹ Traité théorique et pratique de la folieChapitre 290 sur 295 · LIVRE II · texte numérisé non relu

LIVRE II

OBSERVATIONS D’IDlOTlE.

Homme. 6 ans 6 mois.

Grand’ mère et mère épileptiques.

Dès râge de deux ans, attaques d’épilepsie tous les quatre ou cinq jours. A quatre ans , petite vérole. Attaques tous les jours. L’enfant perd ce qu’il avait d’intelligence. Il ne sait plus parler. 11 prononce encore les mots papa et maman.

A l’entrée , il est dans le même état. On est forcé de le faire manger. Il gâte constamment. Attaques se reproproduisant presque tous les jours. Masturbation , qui , une fois , détermine un paraphymosis. Salivation habituelle, entretenue par l’habitude d’introduire la main dans la bouche. Développement de scrophules. Marasme.

Tête , 518. — 171 . 120. 278. 327. 3i2. — 1238.

Encéphale , 1.172. — Cervelet, 0.156.

Circonvolutions uniformément petites. La couche corticale est mince, pâle, très molle, et se détache complètement et avec une grande facilité de la substance blanche des circonvolutions , par la pression du doigt , sous forme d’une membrane comme gélatineuse. Substance blanche très ferme , très élastique. Cervelet sain.

Homme. 14.

Idiot de naissance. Intelligence nulle. Point de parole.

d’idiotie.

Évacuations involontaires. Appétit vorace. Symptômes de congestion cérébrale , mort prompte.

Tête, i90. — 171. 117. 263. 318. 336. — 1205.

Encéphale, 1.128. — Cervelet, 0.126.

Les lobes antérieurs sont comme tronqués obliquement de dedans en dehors et d’avant en arrière. Ils offrent , sur leur face inférieure , de chaque côté , une dépression correspondante à la saillie des voûtes orbitaires. La partie moyenne qui sépare les deux dépressions , et qui correspond aux nerfs olfactifs , a sensiblement plus de longueur et d’épaisseur que les parties latérales. Dans leur ensemble, les lobes antérieurs sont courts, étroits et ont peu de hauteur. Les circonvolutions sont minces, les anfractuosités peu profondes. La couche corticale est mince. Hypérémie des deux substances et des membranes.

Homme. 30. Cclibittaire.

Intelligence obtuse dès les premiers temps de la vie.

Le malade paraît avoir peu d’idées. 11 peut parler ; mais il reste habituellement taciturne et immobile. Il ne gâte pas. Il a des accès de fureur, surtout à la suite d’attaques d’épilepsie auxquelles il est sujet depuis l’âge de six ans ; les attaques , quelquefois très éloignées , se répètent souvent un grand nombre de fois en quelques jours. Développement subit de symptômes de péritonite. Mort.

Encéphale , 1.117. — Cervelet , 0.158.

Légère injection et infiltration séreuse de la pie-mère.

Substance cérébrale pâle. Dureté remarquable des deux substances.

Les lobes antérieurs , minces, se terminent en pointe ; leurs circonvolutions sont minces. Le lobe droit est plus

OBSERVATIONS

court que le gauche de cinq millimètres. Ce lobe est comme infléchi en bas. Les circonvolutions de sa face inférieure sont considérablement atrophiées ; leur épaisseur a moins d’un millimètre ; les anfractuosités ne sont que des sillons superficiels. Leur ensemble représente une sorte de froncement, qui semble attirer les parties environnantes vers le point central de l’atrophie équivalente en surface à celle d’une pièce de 5 francs. La dureté de la substance cérébrale est encore plus grande dans cette partie que dans les autres régions.

Épanchement de sang dans le péritoine , par suite d’une rupture de la rate , qui est ramollie , et qui offre plusieurs foyers hémorrhagiques, dont l’un est en communication avec la cavité péritonéale.

Homme. 45. Célibataire.

Amené de la prison de Chartres en 1830 à l’Asile , où il est mort en 18il, par suite d’une gastro-entérite.

Intelligence faible. Il est irascible , querelleur , gourmand. Il est capable d’attachement. Il aime beaucoup son gardien. Il s’est attaché à un malade des plus sales et des moins intelligens. Il a peu d’idées suivies. Il comprend ce qui est relatif aux premiers besoins de la vie , et demande clairement et nettement tout ce qui lui est utile. Il chante très souvent et à haute voie , sur des airs d’église , des paroles sans suite et sans signification. 11 gâte de temps à autre , mais non constamment. Il mange gloutonnement et salement. Jamais le gardien n’a observé chez lui aucune manifestation érotique. La tête est petite. Le visage est imberbe. Les extrémités inférieures sont contractées et fléehies , les jambes sur les cuisses et les cuisses sur le bassin. Le volume des jambes est plus petit que celui des

d’idiotie.

bras , et le volume des cuisses dépasse à peine celui des bras. Le malade ne marche pas.

Encéphale, 0.970. — Cervelet, 0.118.

Largeur des lobes ante^rieiirs à leur uaissance , 9ô'“-

Les membranes n’offrent aucune altération. La surface cérébrale ne diffère de l’état normal , ni pour la couleur, ni pour la consistance, ni pour l’épaisseur de la couche corticale ; il en est de meme de la substance blanche. Mais le cerveau , petit , offre les vices de conformation suivants".

>La scissure médiane manque dans un tiers de la lonjsueur du cerveau. En avant dans l’étendue de quinze millimètres, la scissure existe , et les extrémités antérieures des hémisphères sont complètement séparées. En les écartant, on voit le repli antérieur du mésolobe.

A partir de la distance de quinze millimètres jusque dans une étendue de cinquante-cinq millimètres , les circonvolutions se continuent sans interruption d’un hémisphère à l’autre. Cette réunion complète s’opère au moyen : 1“ de deux circonvolutions symétriques qui se réunissent en une sur la ligne médiane; 2*^ de deux circonvolutions symétriques qui s’adossent sur la ligne médiane, où un sillon peu profond indique le lieu où devrait exister la scissure ; d’une large circonvolution qui occupe transversalement toute l’étendue des deux hémispjières , sans qu’il y ait sur la ligne médiane d’autre trace^de scissure qu’une échancrure au bord postérieur de la circonvolution, Cette circonvolution , par ses deux terminaisons laté' raies , qui se replient sur elles-mêmes en avant et en dedans , limite de chaque côté , en arrière et en haut , la scissure de Sylvius.

A partir du bord postérieur échancré de cette circonvolution, la scissure existe. En écartant ses bords, on aperçoit le mésolobe dans sa partie postérieure, et on

OBSERVATIONS

remarque qu’en avant les circonvolutions de la face interne s'entrecroisent à la manière des doigts , que la surface du mésolobe est bosselée et constituée comme par des rudimens de circonvolutions qui s’effacent graduellement , et ne disparaissent qu’à l’extrémité postérieure du mésolobe , là où il prend , en se réfléchissant , le nom de bourrelet. A la base , les deux circonvolutions qui longent la fente cérébrale , après avoir contourné , d’avant en arrière , la moelle allongée , se réunissent en arrière sur la ligne médiane , et constituent par leur réunion le bourrelet du mésoiobe ; un sillon longitudinal peu profond indique le lieu de celte réunion, et se continue de la base à la face supérieure du mésolobe. En avant, ces deux circonvolutions se terminent en forme de massue et sans présenter l’incurvation ancyroïde qui appartient à l’état normal.

La voûte à trois piliers , la cloison , les piliers réfléchis, le corps frangé manquent complètement. Les deux ventricules latéraux et le troisième ventricule sont réunis en une seule cavité. Les éminences mamillaires ont un très petit volume. La commissure antérieure est volumineuse. Les couches optiques sont petites et réunies dans toute leur étendue , parla commissure molle. Le conarium est petit. La corne d’Ammon est rudimentaire et constitue une saillie en forme de massue , sans aucune trace de sillons transversaux. Le lobe moyen est court ; la scissure qui le sépare du lobe antérieur est peu profonde , et la portion réfléchie du ventricule est peu considérable. La portion occipitale du ventricule manque tout-à-fait, ainsi que les circonvolutions formant la portion inférieure du lobe postérieur, et situées dans l’état normal , au-dessous de l’anfractuosité antéro-postérieure , qui correspond , par sa direction , avec la corne ventriculaire postérieure ^ et dont le fond n’est séparé de cette cavité que par une mince paroi.

d’idiotie.

Homme. 60. Célibataire.

Faiblesse intellectuelle depuis la naissance. Paroxysmes d’agitation.

A l’entrée, faiblesse intellectuelle. Le malade parle. Il sait se conduire. 11 a de la mémoire. Il a peu d’idées , est calme, docile, propre. Symptômes d’hypertrophie du cœur, entraînant la mort dans la dyspnée.

Encéphale, 1.320.

Point d’altération appréciable.

feiituie. 25. Célibataire.

Intelligence nulle.. Mutisme absolu. Indifférence complète pour ce qui se passe. 11 faut faire manger la malade. Évacuations involontaires. La malade marche avec peine, et aime à rester accroupie. Ses jambes sont faibles et déformées. Taille et apparences extérieures d’une fille de dix ans. Symptômes de phthisie pulmonaire et de péricardite.

Encéphale, 0.720.

Le cerveau est également et uniformément développé , si ce n’est en avant , où les lobes antérieurs , à leur face inférieure , offrent, de chaque côté de la circonvolution sur laquelle s’appuie le nerf olfactif, une dépression plane, oblique de dedans en dehors, et où ces lobes se montrent, en conséquence, comme tronqués. La substance grise est pâle et molle. Son épaisseur est assez grande. Les ventricules latéraux ont une grande étendue. Les circonvolutions sont peu profondes. La substance blanche forme, dans les circonvolutions , une couche très mince.

OBSERVATIONS

Résumé.

Dans un cas (obs. 3*25) , l’idiotie est très peu prononcée ; il n’y a réellement que faiblesse intellectuelle congéniale ; aucune altération du cerveau, dont le volume est normal. Dans deux cas (obs. 322 et 326), l’idiotie est très prononcée; le cerveau n’est pas sensiblement altéré , mais son volume est peu 'Considérable ; le défaut de volume est surtout sensible dans les circonvolutions des lobes antérieurs. Dans un cas (obs. 32V) , il y a faiblesse de l’intelligence, et la faculté de parler existe. Le cerveau n’olTre pas d’altération morbide ; il a un petit volume , et de plus il offre un vice de conformation par défaut de développement du mésoiobe, de la voûte et des cornes d’Ammon ; cas très rare et très curieux dont je me propose de tirer parti à propos de Lhistoire de l’évolution du cerveau. Dans deux cas (obs. 321 et 323), l’idiotie est associée à l’épilepsie. Il y a altération du cerveau, ramollissement gélatineux delà couche coi^icale (obs. 321) , atrophie et induration de plusieurs circonvolutions d’un hémisphère (obs. 323). Dans l’obs. 323 , le volume du cerveau est petit; dans l’ôbs. 321 , au contraire, le volume du cerveau est considérable , si l’on tient compte de l’âge ; le cervelet surtout est très volumineux , et il est digne de remarque que le malade , âgé de six ans et demi , se livrait habituellement à l’onanisme.

1)1 VER SK s.

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