PARIS
ADRIEN DELA HAYE et ÉMILE LECROSNIER, ÉDITEURS
PEACE DE l’école -DE-MÉDECINE
Tons droits réservés
lïft
i-* iïA - ^ ‘
Si l’on en jugeait d’après les eas de goutte qu’on observe dans les hôpitaux de Paris, on serait porté à regarder cette affection comme exceptionnellement rare, opinion assurément erronée, puisque dans l’espace de huit années nous avons pu réunir 520 observations de goutte tant en ville qu’à la Maison municipale de Santé. Il est juste de faire remarquer toutefois que cet hôpital est en grande partie alimenté par une population dont la situation sociale est plus élevée ou du moins a été plus élevée que celle de la populalation des hôpitaux ol’dinaires. De ces 520 observations, 190 ont été relevées à l’hôpital et 330 ont trait à des malades de la ville; aussi en présence de ces chiffres et tenant compte du milieu où ces observations ont été prises, est-on en droit de conclure que, si la goutte est assez peu fréquemment observée dans la classe ouvrière, elle est loin d’être rare dans la classe bourgeoise ou dans la classe plus élevée. Ce qui tend du reste à lui imprimer cette apparence de rareté que lui reconnaissent volontiers certains médecins, c’est que, ainsi que nous le verrons, elle ne présente pas toujours les caractères classiques qu’on s’attendrait à lui voir revêtir. Elle n^est pas toujours articulaire; dans. certains cas elle reste
PItÉFACE.
viscérale. Aussi faut-il, dans ces cas, une certaine habitude pour en reconnaître l’existence. Il était utile d’en rechercher la caractéristique.
C’est à l’aide de ces observations, que nous ne publions qu’en partie, relatcyit seulement celles qui nous ont paru les plus démonstratives, que nous avons pu étudier les manifestations tant articulaires que viscérales de la diathèse goutteuse; ses différents types cliniques ; la cachexie qu’elle provoque; ses rapports avec certains autres états morbides; son influence dans les cas de traumatisme.
A l’aide de ces observations nous avons cherché à démontrer trois points très importants dans l’histoire de la goutte : à savoir que, dans tous les cas de diathèse gout- ■ euse, la constitution des urines présente un caractère spécial; que cette diathèse ne saurait être considérée comme une maladie par ralentissement de la nutrition; que cette diathèse réclame une médication appropriée aux différentes périodes de son évolution, et que les manifestations en doivent toujours être traitées.
Déjà Garrod s’était livré à des recherches sur la constitution de l’urine chez les goutteux au moment des attaques et il avait posé comme règle que toujours à ce moment l’acide urique augmente chez ces malades.
Nous avons complété ces recherches en étudiant les urines des goutteux non seulement au moment des attaques articulaires, mais encore dans le cours des viscéralgies de nature goutteuse et dans l’intervalle de ces différentes manifestations, et toujours nous avons constaté une notable augmentation de l’acide urique. Nous les avons étendues à des individus qui, bien que n’ayant encore présenté aucune manifestation, nous paraissaient en raison de leur origine et de leur genre de vie, atteints delà diathèse goutteuse; à des individus que rien ne pouvait faire regarder comme entachés de cette diathèse, et toujours, danstous les cas, nousavonspu, à la suite