I.A GOUTTE DANS LES ORGANES
l'aniille; pas d’excès; cxislencc très active. Un père calculeiix. — Petit assez vigoureux en apparence. Goutteux dès l’àge de vino-t-huit ans.' Première attaque à l’orteil droit. Depuis lors plusieurs attaques chauue année, l’été surtout. Pas d’année sans attaque.
Audélnit, alors qu’on ne faisait pas de médication, l’accès ne durait pas moins de deux à trois mois, avec six à huit jours de douleurs vives térébranles, limitées à une jointure. '
La goutte a successivement envahi les orteils, les genoux, les mains, les coudes et les épaules. ’
Attaques parfois limitées aux genoux; attaques fréquemment accompagnées d’épanchement.
Appétit toujours bon sans être exagéré; deux selles habituelles par jour.
Pas de palpitations; rien au cœur.
Jamais de colique néphrétique; urine d’ordinaire claire, peu charo-ée de sels.
^ L’attaque s’est d’ordinaire montrée brusquement la nuit; parfois elle s’est développée en quelques heures. Ainsi il quitte son bureau et sent de la douleur en descendant l’escalier ; arrivé chez lui, au bout de quelques instants, la douleur est plus vive et la nuit sans sommeil.
Du reste, il est tellement impressionnable au moindre choc, qu’il a, me dit-il, la goutte sous la peau; un rien provoque chez lui une attaque de goutte.
L humidité paraît avoir toujours eu une fâcheuse influence sur le relour de ses attaques.
Depuis quelques années se sont développées aux oreilles (deux à ilroite, une à gauche, bord libre de l’ourlet) quelques nodosités parfois ‘ ilouloureuses à la pression.
Déformations persistantes, bien que légères, aux mains. Ainsi on cons- ' laie une nodosité légère à la base de l’index droit, une tuméfaction des ; premières articulations phalangiennes des mains droite et gauche, à ' I union de la premièi'e et deuxième phalange.
Depuis longues années, le malade s’est °soumis ii des médications multiples.
Pilules de Lartigue, lilhine.
La liqueur Laville seule a été efficace, et elle produit d’heureux elfels ;ans provoquer de sueur ni de diarrhée.
Elle ne lui réussit bien que dans les atlaques se localisant aux extrénites inférieures; son efficacité paraît nulle sur les attaques des memires supérieurs.
M. G... Il a jamais eu d autres maladies; les manifestations goutteuses •nt presque toujours été articulaires. Une fois cependant il fut en butte à me série d’abcès de l’oreille ; une autre fois, il fut pris de névralgie de I a face, puis de blépharite et de conjonctivite. Cette manifestation •eu aiie suivint a la suite de la disparition de douleurs vagues aux oi’-
eils. Cette inflammation, survenueen 1876, dura quatre jours, du 16 au20.
Lettc hlépharo-conjonctivite fut assez intense; il y eut chémosis, gonlenient des jiaupières avec écoulement de pus.
Le 20, les accidents se dissipôi'ent en môme temps (jiie se manifesta une douleur vive de l’épaule, du coude et du poignet droit; une douleur du tendon d’Achille (côté droit) avec hyperesthésie du dos du pied •et des doigts.
Cette douleur du tendon s’accompagna d’une nodosité qui disparut
peu à peu. ....
Le 29, les manifestations articulaires s’étaient en partie dissipées, la nodosité avait presque disparu et le malade pouvait mettre scs chaussures.
Le malade a essayé toute espèce de médications; vin cocheux, pilules de Lartigue, colchique, avec des résultats plus ou moins satisfaisants; mais de toutes les médications, celle qui lui^ a le mieux réussi et qui lui réussit encore k doses insipiifiantes, c’est la liqueur Lavillc, bien qu’elle ne produise chez lui iii sueurs ni diarrhée. A peine l’a-t-il prise, qu’il éprouve une sensation interne qui lui indique qu elle va agir sur la partie malade. Assez sévère pour sou régime, j’ai dù lui conseiller de temps à autre une médication tonique (fer, quiiia), et l’engager à prendre plus de spiritueux pour éviter d’être exposé à des attaques longues et presque continues.
Nous avons déjà signalé la conjonctivite de la fièvre des foins, caractérisée par une injection vive de la conjonctive avec épi-phora et coïncidant avec des éternuements répétés, accident qui paraît se rattacher intimement à la diathèse goutteuse.
En (in, bien qu’il ne s’agisse pas à proprement parler de phénomènes innammatoircs, on observe parfois, surtout chez les goutteux d’un certain âge, des hémorrhagies sous-conjonctivales, formant de véritables taches de sang sur le globe même de l’œil ; il s’agit là d’un accident lié d’ordinaire à l’athérome artériel.
Aller ations de la cornée. — Le gerontoxon, l’arc ou le cercle sénile, qu’on rencontre assez fréquemment dans la goutte, n’est aussi en relation avec la diathèse urique que par l’intermédiaire de l’athérome. Du moins cette infiltration graisseuse des couches périphériques de la cornée coïncide avec cet état des artères. On a indiqué aussi ses relations avec la stéatose des fibres musculaires du cœur.
Il n’y a pas à proprement parler d’inflammation goutteuse de ta cornée. Toutefois Galezowski décrit, comme appartenant à la o-outte, une kératite calcaire, une sorte de calcification des couches épithéliales profondes de la membrane de Bowmann, affeclion rare d’ailleurs dont il n’a rencontré que dix cas. Elle se présente sous l’aspect d’une zone opaque, grisâtre, gris jaunâtre, allongée, siégeant uniquement dans la partie médiane et horizontale de
LA GOUTTE DANS LES ORGANES
la cornée. Si on racle la zone opacifiée, el ce raclage est le seul mode de Irailement de cette atTeclion, les débris épithéliaux examinés an microscope, sont irréguliers, obscurs, mais reprennent leur transparence par l’addition d’une faible solution d’acide chlorhydrique.
3 D après Galezowski, la scléi'ite est l’affection goutteuse de l’œil par excellence. Déjà Lawrence avait insiste sur la fréquence des altérations de la sclérotique dans la goutte et le rhumatisme, en raison de sa structure fibreuse qui l’assimile aux tissus périarticul'aires. Galezowski est très affirmatif à cèl égard. — « La sclérite goutteuse, dit-il, est souvent le premier symptôme de la diathèse, et neuf fois sur dix, la sclérite spontanée sera goutteuse. Chez des sujets en puissance de la diathèse urique, fréquemment vous pourrez voir apparaître une sclénte, puis un an, deux ans après, l’arthrite goutteuse. » Il ajoute qu’en présence d’une sclérite persistante, il faut toujours songer à la goutte et en rechercher les diverses manifestations.
On sait que la sclérite consiste en une petite hoursoufnure, une élevure sous-conjonctivale avec injection vasculaire au pourtour; cette saillie prend à la longue une teinte bleuâtre, vineuse, due à la distension de la sclérotique. C’est une affection à marche lente, chronique, atteignant un seul œil ou les deux yeux, parfois alternant de 1 un à l’autre, plutôt gênante que douloureuse, procédant souvent par petites poussées fiuxionnaires.
Nous avons eu plusieurs fois l’occasion d’observer la sclérite goutteuse; un des cas qui nous a le plus frappé a été examiné par le docteur Galezowski. 11 s’agissait d’un malade depuis loimtemps goutteux, dont nous rapportons plus haut l’observation qui lut pris au printemps d’une sclérite de l’œil droit. L’affection’ qui resta limitée à un seul œil, se dissipa au bout d’une qmnzmne, à l’aide du salicylate et des injections de pilocarpine. L’annee suivante, le malade fut repris, à peu près vers la meme epoque, d’une douleur Irès vive à la nuque et aux arcades sourciheres. Cette douleur de tête, qui ne s’exaspérait pas à la piession, qui se dissipait au lever du malade, qui surtout était prononcée la nuit, disparut tout à coup lorsque se manifesla une I ouvelle attaque de sclérite, à l’œil gauche d’abord, puis à l’œil -, ® •"^'immation était surtout intense à l’œil gauche. Elle
rou"eâtrl^V^^"^ la cornée, caractérisée par une bande
s ‘ , egerement violacée, un peu œdémateuse, qui partant