‹ Traité théorique et pratique de la goutteChapitre 138 sur 226 · Naumann, Ilandbucli (1er mediùn. Klin. Berlin · texte numérisé non relu

Naumann, Ilandbucli (1er mediùn. Klin. Berlin

3. Prout Vie nature and trealment of slomach and rénal diseases,

ijOnaon lo44. ’

cite, appliquée à la méde-

ISfii sur les accidents diabétiques, Paris,

'Oial. des vieillards, 2“ édit. 1874, p. 98 —

S rl»/ -Velilurie. Virchovv’s Arcli. 1864. - Bron-

,niar, Cont a J histoire du diabète goutteux, Paris, 187G.

6, Lecorché, fraité du diabète, 1877, p. 273.

4iO TRAITÉ THÉORIQUE ET PRATIQUE UE LA GOUTTE.

ciale le type du diabète commun est contraire à l’observation.

La proportion indiquée par la statistique de Seegen, trois cas de goutte sur trente et un diabétiques, se rapproche davantage de notre statistique personnelle. Sur nos cent cinquante goutteux, nous avons relevé vingt-trois fois la coexistence du sucre dans l’urine, dans les conditions diverses dont nous allons parler.

Au point de vue des rapports de la goutte avec le diabète, il faut distinguer quatre ordre de faits :

1“ Les cas où la symptomatologie de la goutte domine la situation, le diabète étant relégué au deuxième rang, et parfois à un tel point qu’il passe absolument inaperçu;

2» Les cas où, la goutte ayant dominé dans une première période sous une forme ou sous une autre, le diabète lui succède et tient désormais la première place ;

3® Les cas où le diabète constitue la maladie principale, les accidents goutteux n’apparaissant que d’une manière secondaire et sous une forme atténuée;

4“ Les cas où la goutte et le diabète coexistent dans la même famille, mais chez des individus différents.

Les deux premières variétés, et surtout la première, constituent ce qu’il faut entendre, à proprement parler, par diabète goutteux; c’est un diabète symptomatique de la goutte. Les deux autres groupes de faits sont des cas de diabète ordinaire dont les rapports avec la goutte prêtent à discussion.

•lo Cas dans lesquels la goutte articulaire coïncide avec le diabète. — C’est Là, avons-nous dit, le véritable diabète goutteux. Nous pouvons en admettre trois variétés d’après, nos observations. Le premier correspond au diabète latent, diabète decipiens de Franck. C’est plutôt de la glycosurie que du diabète. Comme l’avait déjà remarqué Prout, cette glycosurine reste le plus souvent latente iiendant longtemps; elle n’est découverte qu’au moment où (luelque symptôme anormal, comme la polyurie ou la polydipsie, commande l’examen des urines. Aussi est-il prudent, ainsi que le recommande Charcot, d’examiner de temps à autre les urines-des sujets goutteux pour y rechercher la présence du sucre. C’est ainsi que nous avons constaté de la glycosurie chez plusieurs de nos malades, qui n’accusaient aucun symptôme susceptible de faire soupçonner le diabète. Dans deux cas, le sucre était en très petite (luantité, 7s'’, le^SO par litre, la quantité d’urine ne dépassant pas deux litres. Dans un troisième cas, où le diabète n’était pas moins

LA GOUTTE ET LES MALADIES ASSOCIEES. Ul

latent, la proportion de sucre atteignait pourtant 26 grammes par litre, pour deux litres par vingt-quatre heures.

Obs. CXIV. — Goutte avec glycosurie; eczéma.

X..., âgé de. quarautc-sept ans. Grand viveur; fort, vigoureux. En 1875, première attaque de goutte à l’orteil droit qui ne dura , que quatre à cinq jours.

En 1878, eczéma de la face et du bras droit.

Eu 1880, on constate une glycosurie légère, 7 grammes de sucre par , litre, sans soif, sans appétit exagéré.

En 1881, deuxième attaque de goutte au gros orteil droit. Cette fois, l’accès dure trois semaines.

En 1882, troubles dyspeptiques ; alternatives de constipation et de diarrhée.

Obs. CXV. — Goutte avec glycosurie.

X..., âgé de soixante-deux ans. Constitution délicate, n’a cependant jamais été malade. Très nerveux.

Pas d’antécédents héréditaires. Pas d’excès notables.

Il y a seize ans, première attaque de goutte aux deux orteils . (goutte atonique; du reste, la goutte a toujours été limitée aux pieds.

; Depuis lors cinq ou six attaques.

. (iontre cette diathèse goutteuse, cure à Ems, trois à Royat, une à Wilbad. ,

1 C’est à son retour de Wilbad que nous le voyons pour une mani- • feslation articulaire du pied droit. Il présente sur le menton une , poussée d’acné de date récente.

I II n’a rien au cœur, mange peu, est très nerveux; dort peu. Son urine est légèrement glycosurique (l"’50par 1000), contient peu d’urée j (12 pour 1000).

Obs. CXVI — Goutte héréditaire. — Accès de goutte articulaire.

Gravelle urique sans coliques. — Glycosurie.

P..., âge de soixante-dix ans. Parents goutteux. Première attaque degoutte^en 1852, localisée aux pieds et aux mains.

En 1865, deuxième attaque, envahissant plusieurs grosses jointures et durant un mois.

En 1870, gravelle sans colique néphrétique.

Depuis 1870, attaques multiples de goutte peu intenses, localisées mrtout aux mains, portant rarement sur les pieds.

En 1881, on constate de la glycosurie; 24 grammes de sucre par me, (leux litres dans les vingt-quatre heures. Pas d’albumine.

La deuxième variété répond au diabète intermittent de Bence Dues. Ici encore les phénomènes peuvent se borner à la présence

m THAITÉ THÉORIQUE ET PRATIQUE DE LA GOUTTE.

du sucre dans l’urine d’une manière intermittente; d autres fois, celte glycosurie s’accompagne de tous les signes généraux du diabète. Les intermittences se produisent parfois sans qu’on puisse en saisir la cause; clans d’autres cas, c’est sous l’influence du traitement qu’on voit le sucre disparaître. D’une manière générale, le diabète goutteux est très sensible à l’action des alcalins. Chez une de nos malades, le sucre disparaissait à la suite de crises gastralgiciues violentes, traitées par des injections de morphine. A la longue, ce diabète intermittent finit par devenir continu ; mais même alors on remarque de temps à autre des exacerbations symptomatiques que n’explique pas la nature du régime. Des attaques de goutte, articulaire ou viscérale, peuvent se produire a intervalles plus ou moins éloignés; ces manifestations paraissent toutefois, eu général, moins fréquentes ciu’avant l’apparition du diabète. L’observation suivante est un exemple de ce diabète goutteux intermittent.

Obs. CXVII. — Goutte héréditaire. — Diabète intermittent.

Mme X..., âgée de trente-huit ans. Goutte à seize ans; plusieurs

attaques consécutives; une à peu près cliaque annee. otMmiP

Attaque toujours limitée aux pieds ; deux a trois jours chaque attaque.

Douleurs sciatiques. . , , ,,

Sa grand’mère était goutteuse. Depuis cpielques années, plus d a t

taque; c’est alors qu’elle fut prise de sciatique et qu a la suite de chagrins on vil survenir tous les signes du diabète. . „ /nm-s

Ce diabète pour laquelle nous la soignons depuis cjuatie ans ÿa s tSTOf est très intermittent. Le sucre tombe très rapidement de 50 ^ . pai mrei 0 La <iua„lité dVrine ne dépasse guère deux litres a deux deux lilrcs el demi par vingt-i|ualre heures; ainsi nous trouvons de temps à autre :

Urine matin. 1023 Urée 16 Sucre

— soir. . . 1030

Il suflit de mettre la malade à un régime alcalin sans gement d’alimentation pour faire disparaître le sucre, reste toujours très riche en urée.

grand chan- Mais Turino

Urine malin. 1028 Urée Soir.. 1023

25 I ni sucre ni albu- 21 \ mine.

De temps à autre le sucre triques vives qui nécessitent

cesse sous l’influence de douleurs épigasl’emploi delà morphine.

LA GOUTTE ET LES MALADIES ASSOCIÉES

Dans noire troisième variété, le diabète est continu et le lableaii symptomalologiijiie ne diffère guère de l’aspect du diabète ordinaire. Le trait distinctif le plus net consiste dans l’atténuation générale de tous les symptômes. La polydipsie existe, mais le plus souvent elle se borne à une simple sécheresse de la bouche; la faim est peu marquée. L’amaigrissement peut manquer complètement; dans un cas pourtant, il a été assez rapide pour faire tomber en un an le poids du malade de 165 à 139 livres. La polyurie est , peu abondante; elle ne dépasse pas 2 à 3 litres dans les vingt-quatre heures, de façon que les malades ne songent guère à s’en plaindre. La quantité de sucre est aussi médiocre; elle n’atteint jamais les chiffres habituels du diabète vrai, et ne paraît pas dépasser 50 grammes par litre. Dans une observation, nous trouvons les chiffres de 20, 27, 48 grammes par litre au maximum. Il est assez ordinaire de constater dans l’urine un dépôt rouge et sédimenteux d’acide urique. Pour Marchai et Duroy, l’acide urique serait toujours en excès dans cette variété de diabète. L’influence du traitement par les alcalins existe ici comme pour la forme intermittente, mais elle est moins accusée et, le plus souvent, il n’y a qu’une simple diminution de la quantité de sucre excrétée. Les attaques de goutte se produisent peut-être plus rarement chez les goutteux diabétiques; en raison de la faible quantité d’eau et des variations quotidiennes que présente normalement la glycosurie, il est assez ; lifficile de dire l’influence qu’exerce l’accès de goutte sur la pro- ' portion de sucre éliminée.

Obs. CXVIII. — Diabète goutteux.

B..., âgé de soixante et un ans, entré le 7 février 1878 à la maison . julmis. — Autrefois le malade a eu de nombreuses attaques de goutte imitees aux orteils des pieds droit et gauche.

Tantôt un seul orteil était pris, tantôt les deux.

La première attaque a eu lieu à vingt-quatre ans. Au début, les accès urent extrêmement douloureux.

Dans les premières années, les orteils furent seuls pris. Quinze ans près, les grandes articulations furent atteintes et en particulier le enou gauche. La hanche et la cuisse (sciatique).

Wons constatons :

Une tuméfaction douloureuse du genou gauche avec déformation. — lOideur articulaire.

Cette affection dure environ depuis trois mois; il y avait quatorze led^ ^ déformation des

II existe aussi une douleur assez vive dans l’épaule gauche.

Rien au cœur.

Pas de productions tophacées.

Du côté des ascendants nous trouvons dos antécédents goutteux clicz la grand’tnère du côté du père et le grand’père du côte de la mère. Examen de l’urine dénote une certaine quantité de sucre. Iraitc-

ment.

“20 gouttes de teinture de colchique.

Tracé sphygmographique athéromateux.

I l février. Los urines contiennent 45 grammes de sucre par litre et

une petite quantité d’albumine.

II n’y a pas de symptômes prononcés de diabete; la taim et la soit sont modérées, mais lorsque le malade a bu il persiste un certain deo-rè de sécheresse de la langue. Le malade est courbature et peut a peine se tenir sur la jambe gauche, la marche n est pas possib e.

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