Garrod, In Reynold's System of medicin
LA GOUTTE ET LES MALADIES ASSOCIÉES. /i35
cessiis normal de désassimilation. Pour nous, au contraire, il activerait le Ibnctionnemenl organique des cellules, et rentrerait ainsi dans le mode d’action des autres causes productrices de la goutte ; nous aurons à nous expliquer plus loin sur cette interprétation palliogénique de l’évolution intime de la goutte.
Il convient, dans cette question des rapports de la goutte et du saturnisme, de dire quelques mots d’une relation en sens inverse qui a été aussi brièvement indiquée par Garrod. Les goutteux, d’après Garrod, seraient d’une susceptibilité particulière cà l’égard du plomb; les effets toxiques se développeraient avec bien plus de rapidité chez eux que chez les autres sujets; l’absorption d’une quantité de plomb, insignifiante pour d’autres, provoquerait promptement chez un individu goutteux une attaque de colique ou l’apparition du liseré gingival. Cette susceptibilité s’explique peut-être par l’état des reins peu aptes à se laisser traverser par les substance étrangères introduites dans l’organisme ; mais nous ne pouvons que signaler ce côté de la question peu étudiée jusqu’ici.
Obs. CX.
Goutte saturnine. — Attaques multiples alternant avec des crises de coliques néphrétiques.
X.,.’ âgé de soixante-deux ans, peintre en bâtiments, entré à la maison Dubois en novembre 1878. - Pas d’antécédents goutteux. iX’a jamais eu de coliques de plomb. — Ouelques excès de vin. Première
attaque de goutte à l’orteil droit, en juin 1860; elle dure six semaines, deuxieme attaque de goutte en 1861; même durée; la goutte porte sur le pied droit, puissur le gauche; depuis lors une attaque chaque année oujours au mois de juin. ‘ ‘
En 1865, à la sixième attaque, les genoux et les mains furent pris Ce
Pi'oduisit en février, fut précédé d’une
attaque de colique néphrétique.
Depuis treize ans, le malade a eu dix accès de colique néphrétiaue • ces accès surviennent l’hiver ; ils coïncident parfois, le plus Luventils alternent avec es attaques de goutte articulail-e. Pre que^haque année n elfet le malade a un accès de goutte au printemps, et dWs lui’ a goutte doit envahir toutes les jointures pour ne pas se reproduire à lu clfé^Mw'elh^s'^^^^^^ l’attaque, les urines seraient noires comme adse et jumenteuses pendant la
leux les Vpnv'"*' " rapidement les
l’hahUude’ en effet^ ^««des, ce qui étonne le malade;
•estant isSiémein^ ’ marche moins vite, chaque jointure
nois. ^ ^ Cette attaque a duré deux
bien au cceui , artères athéromateuses. Urines non albumineuses.
Rien aii foie. Tuméfaction persistante à l’annulaire gauche, au niveau de l’articulation do la première avec la deuxième phalange.
Obs. CXI. — Saturnisme ; deux attaques de colique de plomb; six accès de goutte articulaire.
D..., âgé de quarante-d(Hix ans, peintre en bâtiments. Le malade entre à l’hôpital pour une colique de plomb; c’est la seconde fois quil est atteint de cette affection; la première altaque remonte à trois ans.
11 exerce le métier de peintre depuis vingt-deu.x ans. Ile temps a autre arthralgies fugaces. Depuis cinq ans, il a eu six accès de goutte, caractérisés par des douleurs violentes dans les deux gros orteils, avec rougeur et gonflement remontant jusqu’au niveau des malléoles. Les accès ne durent guère plus de cinq à six jours. Pas de deformation actuelle ; pas de tophus aux oreilles, ni aux jointures. — Pas d antécédents
goutteux clans la famille. . • i i
Le malade ne reste que huit jours à l’hôpital; il sort guéri de la colicjue saturnine; aucune manifestation articulaire ne s est produite pendaut son séjour à l’hôpital.
Obs.C.MI. — Goutte saturnine; altaque de goutte aiguè. Tophus aux
oreilles.
G..., âgé do quarante-neuf ans, ajusteur, entré le 21 mars 1883. Pere bien portant, non goutteux ni rhumatisant. Mère morte d un epitlie lioma de la face. Tante rhumatisante. — Migraines dans son enfance, hernie inguinale droite. — Ectopie inguinale du testicule gauche. Soldat pendant cinq ans, il a fait la guerre d’Italie, a J"
des lièvres intermittentes qui reviennent encore dci temps a autre, ciit-
Ces accès reviendraient surtout à l’occasiond’exces alcooliques. Alcoolisme habituel du reste. Pituites le matin, cauchemars, tremblement.
De plus il est manifestement saturnin. - Ajusteur, il emploie constamment le minium ; il porte un liséré saturnin très marque ; de plus, en 1876, il fut pris d’une violente colique, cette douleur s ®
ballonnement du ventre, de constipation opiniâtre; la crise duia deux
hfuîcT et deux jours après la constipation avait disparu. Cet
homme se nourrissait bien, mangeait de la viande de préférence aux
"‘'ETnm"S' - Premier accès de goutte; le gros orteil gauche se
.rca douloureux; la
né, -ail au moindre mouvemenl, était plus forte la nuit que le jour.^ L ^
luméfaction diminua au bout de quatie a cinq JO^^s ,, ,,aaue était le cou-de-pied se tuméfia et enlin au bout de treize jours 1 attaque
finie.
"Xf-Ie'^Sm!;;.!! l^ï'des excès alcooliques d.tdeur au ^ ormil du côté gauche, qui s'étendit vte ““-l'-l’ ^ bronchite concomitante; la douleur disparaît au bout de maines seulement, mais le pied droit se Pi’eM- . . ^ l’oreille
État actuel. — Homme robuste, un peu chauve, p
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droite deux petits dépôts d’urate de soude. Le pied gauclie est encore un peu tuméfié. — Le gros orteil droit est rouge, douloureux, gonllé. La peau est luisante, les veines de la jambe et du pied sont très gonllécs. Les urines sont rares, foncées, ne contiennent ni sucre ni albumine.—État général médiocre. — Fièvre légère 38.2 le soir, anorexie, constipation. — Insomnie causée par la douleur. Rien aux autres organes.
22 mars. — Le lendemain, rougeur et douleur se sont étendues au cou-de-pied. — État général plus sérieux; lièvre persiste, 38.5 ; application d’un vésicatoire à l’épigastre. — Sérosité recueillie et traitée afin d’avoir des cristaux d’acide urique. — On obtient en effet un très beau lil de Garrod avec cristaux nombreux.
25 mars. • — Tous les jours, de huit heures du soir à minuit, le malade ressent de la fièvre avec chaleur et sueurs; le pied est du reste toujours rouge et douloureux, température 38.
30 mars. — Rougeur presque disparue; les articulations de l’orteil et celles du cou-de-pied sont encore un peu tuméfiées, mais presque plus douloureuses.
État général satisfaisant ; plus de fièvre, appétit revenu. Le malade sort le 8 avril à peu près guéri. Il ne lui reste qu’un peu de tuméfaction du gros orteil droit.
Obs. CXIII. — Goutte saturnine.
D..., âgé de soixante-deux ans. Fondeur en caractères. Entré le 31 octobre 1883. Pas d’antécédents de goutte dans les ascendants directs. Un cousin goutteux. Bonne santé habituelle. Fondeur en caractères depuis l’âge de quatorze ans, il ii’a jamais eu de colique de plomb; aucun accident saturnin jusqu’en 1873,
Dyspepsie assez accusée, ballonnement du ventre après les renas
Un peu d’alcoolisme. ^
Début. En 1873, première attaque de goutte.
Vers le mois de septembre, le malade a été pris le soir d’une violente douleur dans le gros orteil du pied gauche. La nuit se passa sans sommeil tant la douleur était vive. Cette douleur était cL-acteiisee par des élancements incessants ; le gros orteil, le lendemain matin, était rouge, tuméfié. En même temps l’appétit avait disparu l eu ou pas de hevre au dire du malade. Le surlendemain la doEleur
no ZT-, disparut ensuite et quelques jours après il
ne lestait qu un peu de sensibilité de la région malade. Urines i-ouges et foncées pendant l’attaque.
passèrent alors sans nouvelle attaque.
En 18/6, seconde attaque. Cette fois, toujours au mois de sentembre
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Hepuis 1876, il a eu loua les ans une aUaque de souUo ; eha.,ue fois
438 TRAITÉ THÉORIQUE ET l'RATlQUE DE LA GOUTTE.
l’attaque survenait en septembre, frappait les deux gros orteils et ([uelquefois les genoux. Los attaques légères, du reste, avaient peu de durée. En 1880 cependant l’attaque a duré deux mois. Chaque atta([ue était précédée de nausées et de troubles dyspeptiques.
Depuis 1882, époque do l’avant-dernière attaque, le malade a toujours conservé des douleurs dans le pied gauche.
Cette année (1883) le malade a été repris de douleurs le 2 septembre. C’est le genou gauche qui a été pris, puis l’orteil gauche.
Depuis lors, les douleurs ne l’ont pas quitté; voyant cette attaque se pi’olonger, il se décide à entrer a l’hôpital le 31 octobie 188.1.
État actuel. Ce qui frappe tout d’abord quand on examine le malade c’est un tremblement des mains très accentué; on est tenté de rapporter ce tremblement au saturnisme chronique en raison de sa profession et aussi en raison du liséré saturnin qu il présente. Si, en effet, on examine sa bouche on trouve ce liséré aussi accentué et aussi net que possible, surtout sur la gencive supérieure.
11 se plaint surtout de douleurs dans le pied gauche.
L’orteil gauche est un peu tuméfié, mais il n’y a pas de rougeur, la pression à ce niveau réveille quelques douleurs et le malade dit qu il ne peut pas marcher. Le malade dit souffrir aussi un peu des genoux, mais il n’y a de ce côté aucun symptôme objectif. . , . ,
Appareil urinaire. — Le malade se lève deux ou trois fois la nuit pour uriner. Les urines sont claires, abondantes; il n y a pas d albumine.
Pas de douleur de reins.
Cœtir et poumons sains.
Rien du côté du foie. .
Ouelques troubles du tube digestif, digestions difficiles.
Huit jours après son entrée le malade, très améliore par le repos au lit, demande à sortir de l’hôpital.
lll, GOUTTE ET DIABÈTE.
P Frank avait décrit, sous le nom de diabète decipmis, une forme trompeuse de diabète où l’on constate du sucre dans l’urine sans augmentation de la quantité d’eau, c’est-a-dire sans polyurie. Bence Jones a signalé d’autre part un diabète interm lent, dans lequel le sucre n’apparaît que de temps à autre par périodes irrégulières dans l’urine'. Ce sont là les deux aspec s principaux que revêt le diabète goutteux, et il est probable que les
1. Bence Jones, On inlecniitting Med. Chir. Trans., 1853, p. 403.
diabeles, and on diabètes of old âge.
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malades observes par ces deux auteurs étaient affectés do la diathèse urique. Mais la première indication nette des connexions de la goutte avec le diabète appartient à Stoscli (de Berlin), qui signale un diabète métastatique survenant après la disparition fie . la goutte ^ Son travail date de 1828 ; l’année suivante, Naumanii, dans son Traité de médecine clinique, mentionne à son tour la goutte parmi les causes du diabète secondaire^. Prout, en Angleterre % et Rayer, en France, ont fait remarquer la coïncidence fréquente du diabète avec la gravelle urique et avec la goutte articulaire. — « On voit, dit Claude Bernard, quelquefois des malades goutteux présenter tout à coup des symptômes diabétiques et les urines se charger de sucre, c’est-à-dire la goutte se changer en un accès de diabète. M. Rayer cite un certain nombre de ces cas, et moi-même, j’en connais un qui est très caractérisé ^ » Marchai (de Calvi), Charcot, Seegen, Brongniart® ont fourni des documents à l’étude de cette question ; nous-même, dans notre Traité du diabète, nous avons déjà consacré un chapitre à la description du fliabète goutteux ^
Les auteurs ne s’entendent pas sur la fréquence de la coexistence des deux affections. Tandis que sur deux cent vingt-cinq diabétiques Griesinger dit n’avoir rencontré que trois goutteux, Galtier- Boissière, cité par Marchai, affirme avoir constaté la glycosurie . chez la majorité des goutteux ; et Marchai lui-même, allant encore I plus loin, déclare que le diabète n’estautre chose que lagouttedans le sang, définition qui manque de clarté, mais qui se comprend vinieux sous cette autre forme, que la variété commune du diabète ; n’est qu’une manifestation goutteuse.
! Formulée ainsi, cette opinion est inacceptable; il existe une ^ forme de diabète, manifestation de la goutte, au même titre que la I colique néphrétique ou la gastrite; mais faire de cette forme spé-
Beî-iin^sS’ mellilus,