PA
len Copland, Braun que la goutte réellement acquise doit etre tenue pour rare. L’influence héréditaire, parfois lointaine, n est pas toujours facile à retrouver. Quand on déclare la goutte acquise, cela veut dire en général qu’on n’a pu constater dans les antécédants du malade aucune manifestation goutteuse. Mais il faut tenir compte de ces différents faits, à savoir : 1“ que bien des malades
CUllIkHC '-l*-' ctXiAvy* V**.- 7 ‘ .*11
ne sauraient fournir de renseignements sur l’état de saute de leur.
ascendants au delà du père et de la mère; 2» que l’influence héréditaire saute fréquemment, si l’on peut ainsi dire, une et meme deux générations; 3“ que la goutte peut ne s’être manifestée chez les ascendants que par des symptômes viscéraux, gastriques, neiihrétiques, nerveux, etc., sans attaque articulaire.
Braun a établi avec raison plusieurs degrés dans la transmission de l’influence héréditaire ; nous en admettrons trois ;
Dans un premier degré, l’influence héréditaire est a son maM-| mum; elle est telle que malgré le régime, le traitement proplij I
I ÉTIOl.OClE ET l'ATHOGÉiN’IE. 475
lactique, le genre de vie le plus sévère, la maladie se déclarera, généraleinent de bonne heure, et chez la plupart des membres de la lamille. Braun assure avoir vu des cas de dfsppsition héréditaire où tous les individus d’une himille étaient voués cà la goutte comme \ un sort inévitable. La famille du malade observé par Garrod, dans aquelle, depuis près de quatre siècles, l’ainé était invariablement 'dfecté de la goutte au moment de prendre possession de l’héri- .age de ses ancêtres, est encore un exemple de cette influence hé- •éditaire au premier degré.
Dans un deuxième degré, qui est le degré moyen, et correspond
ce que 1 on observe habituellement, l’influence héréditaire a beoin d’être aidée par les autres causes que nous énumérerons tout . l’heure pour que la maladie se développe.
Enfin, dans un troisième degré, l’influence héréditaire est à son ninimum ; la goutte existant chez le père ne se développera pas liez le fils, ni même parfois chez le petit-fils, mais reparaîtra à la éiiération suivante.
Les statistiques ne tiennent évidemment compte que des deux remiers degrés. Elles montrent encore, même avec cette restricon, la fréquence de l’hérédité dans l’étiologie de la goutte.
Scudamore a réuni cinq cent vingt-deux cas; voici le tableau u’il en donne :
Hûréditc venant du père
— de la mère
— des deux
— des deux grands pères
— d’un seul grand père
— de grand-père et grand mère
— des deux grands mères
— d’un oncle
— d’une tante
Pas d’hérédité ni du côté du père, ni du côté de la mère.
lut
Sur cinq cent vingt-deux cas, l’hérédité existe trois cent trente
une ois; niais sur les cent quatre-vingt onze cas qui restent,
bsence d hérédité ne remonte pas au delà du père et de lanière;
n ne démontré que la goutte n’existait pas dans les générations teneures.
.ipnl accusé la
(iis|iosilion hcrediiaire dans sa |)rali,|uc d'Iiipilal, et celle pro-
m TRAITÉ THÉORIQUE ET PRATIQUE DE LA GOUTTE. |
portion, ajoule-t-il, augmenterait encore si je Taisais intervenir les |
résultats de ma pratique civile. • I
Gairdner, pour. cent cinquante-six cas, donne les chiffies suivants ;
Hérédité venant du
— de la mère
— des deux
Pas d’hérédité ni du côté du pere, ni du côté de la mère.
Braun, sur soixante-cinq cas qu’il a examinés attentivement dans sa pratique, n’en a pas trouvé un seul qui n’eût point dans ses antécédents de l’hérédité venant des parents ou des grands-parents.
En France, les chiffres donnés par la commission instituée par l’Académie de médecine sont fort au-dessous de la proportion indiquée par les auteurs anglais; sur quatre-vingts sujets atteints de goutte aiguë ou chronique, on n’a noté l’hérédité que dans tientequatre cas.
Voici les résultats que nous a fournis le relevé de nos observations :
Hérédité venant du père
— au pere et ou
(lu grand-pere et de la giand mèit
Pas d'hérédité ni du côté du père, ni du côte de la mere.
Pas de renseignements sur
Sur les cent dix cas où des renseignements sur ce ont été fournis, on trouve soixante-treize fois leiec i e e sept fois l’absence d’hérédité spéciliée dans les quarante cas, les renseignements manquent, soit que laquestioj u’ait pas été posée, soit que le malade n’ait pu y reponclre^ , L’influence héréditaire étant consideiee comme .
substratum étiologique de la goutte, quelles sont les
ÉTIOLOGIE ET PATMOGÉNIE. /i77
iiulividiielles ou do milieu qui favorisent le développemcul delà maladie?
I 1" Conditions individuelles. — Au point de vue individuel, nous avons à considérer le sexe, \’dge, le tempérament.
De tout temps ou a reconnu que les femmes étaient moins sujeltes à la goutte que les hommes. — « Millier podagra non laborat, nisi ipsi menstrua defecerint », disait déjà Hippocrate. Sur les quatre-vingts cas réunis par Pâtissier, il n’y a que deux lemiues. Garrod dit que son observation personnelle concorde [)arfaitement avec ces résultats. Sur nos cent cinquante observations, nous trouvons seulement douze cas de goutte chez la femme.
Quelle est la cause de cette immunité? Il faudrait faire une part importante aux habitudes et au mode d’alimentation de la femme, si l’on en croit du moins Sénèque, lequel attribue la fréipience de la goutte chez les Romains de la décadence aux débauches qui leur étaient devenues habituelles. — « Les femmes, lit-il, n’ont pas changé de nature, mais de vie; car, devenues les , “gales des hommes en fait de licence, elles le sont aussi devenues >n fait d’infirmités corporelles. Qu’y a-t-il donc d’étonnant que le dus grand médecin soit convaincu d’avoir dit faux, puisque tant le femmes sont goutteuses. » Sans entrer à ce sujet dans une ■tude de morale comparative, on peut objecter à cela que les emmes débauchées n’ont jamais manqué dans aucun temps ni lans aucun pays, et il n’est nullement démontré que la goutte soit lins fréquente chez elles que chez les femmes de vie régulière et ertueuse.
L’aphorisme d’Hippocrate est sans doute trop absolu; car la •;outte peut apparaître chez la femme avant la cessation des règles d même à l’époque de la puberté (Gairdner). Mais il n’en est°pas noins important de remaripier que, dans ces cas, il existe presque oujours quelque trouble de la menstruation. Cullen signale ’existence de la goutte avant la ménopause, mais il indique des •ègles plus abondantes que de coutume. — « La goutte attaque mssi les femmes, dit-il, mais plus rarement; les plus robustes et es pléthoriques sont celles qui y sont sujettes et chez lesquelles a goutte se manifeste très souvent avant que l’évacuation mensruelle ait cessé. Je l’ai observée longtemps chez plusieurs femmes Innt le Ilux périodique était plus abondant que de coutume. » Chez e.s jeunes filles, à l’époque de la puberté, l’attaque de goutte coïnide avec les troubles menstruels, dysménorrhée, aménorrhée, si
/,78 TRAITÉ TUÉOUKJUE ET RRATIQUE DE EA GOETTE. fréquenls à ce moment de la vie. Enfin, la grossesse paraît être une
a tu ... »
cause déterminante de l’attaque articulaire. Garrod dit avoir ren contré plusieurs cas dans lesquels les articulations méta'arso-plialangienne du gros orteil et quelques autres jointures .yaient etc vivement affectées pendant le cours d’une grossesse. N’y aurait-il pas lieu de faire intervenir en pareil cas l’infiiience de la suppression totale de l’écoulement menstruel ?
Quoi qu’il en soit, la goutte chez la femme est rarement franche, surtout quand elle apparaît avant la ménopause, à l’occasion de perles abondantes ou de troubles menstruels. Elle a une tendance alors à envahir les grandes articulations, de préférence a celles du pied. On voit facilement à quelles erreurs de semblables manifestations peuvent donner lieu, et combien on sera plus facilement porté à diagnostiquer un rhumatisme génital qu’une attaque de
° Chez la femme encore, la goutte se traduit souvent uniquement par des nodosités d’Heberden, coïncidant avec quelque mandesta-
tion viscérale, la migraine, l’asthme, la sciatique, la colique nephrc- , tique, le plus souvent.
La première attaque de goutte articulaire se produit en gene < vers trente-cinq ans. On peut établir que la précocité de 1 apparilion de la goutte articulaire est en raison, directe de la puissance ^ derinfiiience héréditaire. Dans la goutte dite acquise, ou ce e infiuence est à son minimum, ou n’a pasélé constatée, l accès aili- , culaire n’éclate pas avant quarante ans. Mais il faut bien lemar- ; puer qu’il ne s’agit ici que de l’attaque aiguë de goutte sur les arti-- , culatilis. Les autres manifestations viscérales de la goutte peuven ; précéder et précèdent habituellement pendant de longues aune s celte première crise articulaire. Dans la goutte nettement liereditaire surtout, la dyspepsie, la migraine, ; .
raîlre dès l’enfance, d’une façon plus ou moins ? '
que l’attaque articulaire ne surviendra que vers vingt-cinq, trente,
‘''oltXVrrait vu cependant la goutte articulaire chez c^s en-, fanls à la mamelle. Scudamore l’a notée à buit et douze ans. P •s ouL». rapporte Garrod. m'ont dit avoir bien earaclérisés dés le temps de leurs premières * y ’
ses malades, cruellement goutteux, lut assurait avoii less J première attaque à l'àge de nenr ans, et sa Ustein cite le cas d'un médecin qtu eut la goutte a neul
ÉTIOLOGIE ET PATIIOGÉNIE. iT')
1 Trousseau l’a observée chez un garçon du meme t\ge. Nous avons vu ^ récemment une attaque de goutte au gros orteil gauche avec rouj geur violacée, gonflement et douleur modérée, chez une petite j fille de onze ans, dont le grand-père était goutteux.
Voici le tableau que donne Scudamore de cinq cent quinze cas de goutte où il a relevé l’époque de la première attaque.
A 8 ans