‹ Traité théorique et pratique de la goutteChapitre 159 sur 226 · Liebig, SiUgsber. d. bayr. Acad., IV, S · texte numérisé non relu

Liebig, SiUgsber. d. bayr. Acad., IV, S

ÉTIOLOGIE ET PATIIOGÉiXIE. 515

en subir les premières l’alteinie. Or, il n’en est rien (Finkler, Oertmanii)*. Ce sont les matières azotées qui, les premières, participent au processus nutiitif, puis viennent les fecules et en dernier lieu la graisse, qui parfois reste étrangère à ce processus et qui se dépose dans l’économie; de là l’embonpoint (Voit) 2.

S il 11 y avait, en effet, dans ces phénomènes que des phénomènes liés^ au piocessus oxydatil, on s’expliquerait difficilement que les graisses et les fécules soient les dernières atteintes; que des substances aussi facilement oxydables que l’alcool, l’éther... puissent traverser l’économie sans presque en être touchées. 11 en est de . meme tle ceitaines autres substances, comme l’acide pyrogallique, qu’on retrouve dans l’urine (Ewald). Voit a du reste démontré que le chiffre de l’oxygène de l’acide carbonique éliminé n’est pas en rapport avec le chilïre de l’oxygène inspiré. L’oxygène n’est pas toutefois complètement étranger à ces transformations, et, ce qui le piouve, c est qu on peut foire monter la dose de son absorption en augmentant le chiffre des matières ingérées. Ainsi, qu’on force la i dose des substances azotées et bientôt l’on verra s’élever, avec le chiffre de l’urée, celui de l’oxygène absorbé. Seulement si l’o.xy- . gène joue un rôle dans ces transformations, ce rôle est tout à fait -secondaire. Il ne les commande pas, comme le croyait Liebig. 11 m’arrive là que comme appoint, fournissant un des éléments Vi 'entrent dans les substances de nouvelle formation (urée, acide i urique, créatine...)^.

Que sous l’influence d’un travail exagéré, il se dépense de la igiaisseen excès; qu il se forme de l’acide carbonique et bientôt ll’on verra l’oxygène de l’air répondre à l’appel du sang, pénétrer '311 plus grande quantité dans l’économie, pour y remplacer celui |]ui a servi à la transformation de la graisse en eau et en acide •carbonique. L’oxygène, dans ces cas, ne fait que répondre au besoin de l’économie; il n’y pénètre que pour remplacer un corps ilélétère, il n’en commande pas la formation.

Par lui-même l’oxygène est sans action sur les matières albumilieuses, féculentes et graisseuses. Ces matières ne sont attaquées

^t. Finkler et Oertmann,in Pflüger’s Arch. f. d. Ges. Physiologie, X, S. 251,

2. Voit, Ilandbuch der Physiologie, S. 28-i. Leipzig, 1881. à. Untersuchungemur Gazometrie der Transudate des Menschen H eichert u. du Dois’s Arch., 1870, llcft 3.

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(]uc par l’ozone. Or Elwad cl Pokrowsky* ont constaté que l’oxygène extrait du sang n’est nullement modifié. Rajewski®, de son côté, a démontré que le frottement qu’il supporte au contact des capillaires ne suffit pas pour le transformer en ozone, ainsi que le croyait Huizinga

Tout en refusant «à l’oxygène un rôle prédominant dans les transformations que subissent dans l’économie les substances ingérées (matières azotées, fécules, graisses), on ne peut toutefois s’empêcher de reconnaître que, faute d’oxygène, ces transformations sont nulles ou incomplètes. Ainsi déjà nous avons vu que la graisse peut se déposer dans les tissus ; le sucre peut lui-même ne pas subir sa transformation ultime en eau et en acide carbonique, et apparaître dans les urines à l’état de, sucre. De là certaine variété de diabète.

Si ces transformations ne sont point la conséquence de l’introduction de l’oxygène dans l’économie; si elles ne résultent pas de l’action directe de l’oxygène sur les matières ingérées, on peut se demander quelle est la force qui provoque ces transformations et qui en limite l’étendue. Cette force gît dans l’organisme lui-même; elle est due à l’action de ferments.

De tout temps on avait cherché à assimiler la force qui préside aux différents processus en vertu desquels s’entretient la vie à la fermentation.

Dès le xv“ et le xvi' siècle. Van Helmont assimile la digestion à la putréfaction et à la fermentation. Nous voyons plus tard Stevenson attribuer la chaleur animale à la fermentation, et Milcherlicb identifier la vie à la pourriture. Mais ce n’est que dans ces / derniers temps et grâce aux découvertes récentes qu’on a pu four- ■ nir en partie la preuve de ces assertions. j

Ces ferments sont de nature diverse; on les a divisés en ferments figurés et non figurés, en ferments organiques et chimiques, en fer- G ments directs et indirects (Schützenberger)A C’est la première de | ces divisions que nous admettrons. Elle nous paraît être tout à fait ; en rapport avec l’état actuel de la science. ^

1. Pokrowsky, Z tir Frage über Ozon im Blut und über das Schicksal des J Kohlenoxydes bei Cover gifltingen. Virchoiu’s Arch., Bd XXXVI, S. 482.

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