I. TRAITEMENT PRÉVENTIF DE LA DIATHÈSE GOUTTEUSE
Ainsi que nous venons de chercher à le démontrer, la goutte est, pour nous, due à une dissociation exagérée des matières azotées, et c’est à l’action des cellules organiques qu’est dû^ce travail de désassimilation. Pour arriver à un traitement préventif rationnel de- la diathèse goutteuse et pour pouvoir en éviter rétablissement, il est donc essentiel de connaître quels sont les agents capables d’augmenter la vitalité des cellules organiques, pour les éviter; quels sont ceux, au contraire, qui sont susceptibles de la diminuer, pour les conseiller en cas de menace de diathèse goutteuse.
Ces modificateurs de la vitalité des cellules organiques sont utiles en effet à connaître lorsqu’on veut prévenir l’apparition de la diathèse goutteuse, car, bien que l’acide urique ne soit pas pour nous une substance destinée à se transformer en urée ; bien qu’il ne forme pas une étape intermédiaire à l’albumine et à l’urée, il n’en subiLpas moins, aussi bien que l’urée, l’action de ces différents modificateurs, et augmente en raison de l’intensité que pré- sente la dissociation des matières azotées, quel que soit du reste le siège de sa formation, que cette formation se fasse dans l’économie tout entière ou qu’elle soit localisée dans le foie, comme nous le croyons.
Or, il est un fait très nettement établi depuis les travaux de Voit, c’est que les cellules organiques n’agissent sur l’assimilation ou la désassimilation qn’en vertu d’une vitalité qui leur est propre.
c’eslqiieccUc vilalilé n’esi pas lamême chez tous les individus; c’esl (jii elle iTesl pas coiislan le cliez le même individu. Elle est surtout prononcée chez les sujets vigoureux, doués d’une grande force physique, d’un gros appétit, ce qui n’a rien d’extraordinaire, car c’est en raison de l’intensité des phénomènes nulrilil's que se développent tous les attributs caractéristiques de la force ; l’énergie des mouvements musculaires, l’intensité des mouvements respiratoires, la régularité et l’intégrité de toutes les sécrétions. C’est en raison de la vitalité des cellules organiques que se développe l’appétit, qui est d’autant plus prononcé que l’énergie de celte vitalité est plus grande.
Celte vitalité subit l’influence de modifications physiologiques diverses; ainsi on la voit s’exagérer sous l’influence des changements de température. Lorsque la température s’élève par le fait de bains de vapeur (Bartels^), on voit augmenter le chiffre de l’urée.
Schleish^ a constaté le même fait à la suite de bains chauds à 38, Ar.
Naunyn^a obsei’vé que, pour augmenter l’élimination de l’urée chez le chien, il suffisait d’élever artificiellement la température de l’animal.
On peut se demander quel est dans ces cas le mode d’action de la chaleur. Tout porte à croire que les cellules deviennent plus actives, soit en raison des courants nutritifs plus intenses, soit en raison d’une action directe de la chaleur sur l’albumine dont elle favorise la dissociation.
Le travail musculaire, bien que l’action en soit contesléepar Voit, paraît également augmenter quelquefois la vilalilé des cellules organiques, ainsi qu’il résulte des recherches de Lehmann* de Simon*’ (1842), de Beigel ®(1855), de Hammond ’ (1855), de Genth ®