‹ Traité théorique et pratique de la goutteChapitre 187 sur 226 · Bæcker, Beitrage zur lleilkunde, 1819, t · texte numérisé non relu

Bæcker, Beitrage zur lleilkunde, 1819, t

croire que loutce qui a été dit concernant raccroissenienl de la proportion d’acide urique sous l’influence du colchique est fondé sur des déductions erronées; tantôt on rapporte au médicament ce qui est un effet naturel de la maladie, à certaines périodes; tantôt l’erreur provient d’analyses incomplètes, et portant sur une partie seulement des urines de la journée.

« Rien ne démontre, conclut-il, qu’un des effets du colchique sur l’économie soit de provoquer une élimination plus considérable de l’acide urique ; lorsque l’action du médicament est longtemps prolongée, elle semble même produire tout le contraire, »

Garrod ne croit pas pouvoir affirmer que le colchique ait quel- (|ue influence sur l’excrétion soit de l’urée, soit des autres prin- ; cipes solides de l’iirine. Enfin, pour lui, le colchique n’agit pas toujours comme diurétique; au contraire il diminue souvent la < quantité des urines, principalement lorsque son action sur le tuhe , digestif est très prononcée.

Nous avons recueilli et analysé les urines de cinq malades, dèux goutteux et trois rhumatisants, soumis à l’action de la teinture de colchique à la dose de 20 à 30 et 40 gouttes dans les vingt-quatre heures. Dans aucun de ces cas, le médicament n’a déterminé ni vomissements, ni diarrhée proprement dite. Voici le résultat de ces analyses.

1° Quanlüé des urines. — Dans les trois cas de rhumatisme, l’effel diurétique a été nul ;ni la quantité des urines ni leur densité n’ont présenté de variations bien marquées. Ainsi dans un cas, la (juanlité, qui était de 1500 cc. avant l’administration du médicament, reste à 1200 après quatre jours de colchique, la densité étant de 1015 le premier jour, 1020 le quatrième. Dans les deux cas de goutte, il y a eu une légère augmentation de la quantité des urines et un certain abaissement de la densité, après un usage pro- j longé de la teinture de colchique, douze jours dans un cas, qua- J lorze jours dans l’autre. D’une moyenne de 1800 cc., avec 1010 i comme densité, le chiffre des mânes après avoir baissé à 1200, dans les premiers jours de l’emploi du médicament, est monté à 1800 et 2200, la densité tombant à 1008, 1006. Dans l’autre cas,

1 a quantité estmontée en quinze jours, de 1000, 600, 800,à 1800 et 1500, et la densité a baissé de 1010, 1015 à 1005 et 1004. Mais il est difficile de dire si cet effet doit être rapporté au colchique; car c’est la progression naturelle de la quantité des urines au déclin de l’attaque de goutte.

TIIAITEMENT DE LA GOUTTE

2" Atcatinité. — Dans les cas de rluiinalisme comme dans les cas de goutte, il y a eu diminutiou constaule et notable de l’aciilité des urines. Dans un cas de goutte, de 1 gramme, lu‘’, 20, le • cliilTre de l’acidité est descendu à 0ü'’,70, Üa^GO, O‘J',50 d’acide oxa- I lique. Dans un cas de rhumatisme noueux, de 2 grammes il est I tombé à 1 gramme; enfin dans un cas de rbumatisme articulaire :aigu, l’acidité de l’urine équivalant à O'J'', 50 d’acide oxalique, les ! urines au bout de deux jours sont devenues alcalines ou neutres.

3“ Urée. — On comprendra facilement, en lisant les tableaux I que nous reproduisons ci-après, la divergence des auteurs au •sujet des variations de l’urée. Dans un cas de rhumatisme aigu, 11e chiffre de l’urée étant de 29 grammes avant le médicament,

' est de 27, puis de 36, puis de 31 les jours suivants ; il y a donc eu 1 augmentation. Dans un cas de rhumatisme subaigu, il y a, au coni traire, diminution; de 25 grammes, la quantité d’urée tombe, au ibout de quatre jours, à 15 grammes. Dans un cas de rhumatisme i noueux, les chiffres étant de 19 et de 32 grammes avant le col- ( chique, on trouve 31 et 25 grammes, deux et quatre jours après I l’administration du médicament. Trois et cinq jours après la ^suppression, le chiffre est de 34 et 29 grammes. S’il y a eu diminuttion dans ce cas, elle a été peu marquée et on ne saurait dire qu’il ;y a eu augmentation.

Dans les deux cas de goutte, il semble bien aussi d’une manière îgénérale, que le colchique a déterminé une diminution de l’urée; imais cela est bien difficile à affirmer, car l’excrétion est très iirrégulière, un jour le malade rendant une proportion plus faible, lie lendemain une proportion plus forte, et dans ce cas, nous ' \oj ons ces différences quotidiennes aller de 19 à 26 et 27 grammes.

4° Acids urique. — INous avons déjà (.voir page 60) indiqué les I modifications subies par 1 acide urique. Résultats contradictoires dans les cas de rhumatisme; tantôt l’acide urique a été augmenté,

I tantôt il a été diminué, tantôt il ne paraît pas avoir été modifié. IDans les deux cas de goutte et surtout dans le cas de goutte aiguë îil y a eu une diminution considérable; de 0f‘',35 le chiffre de l’aicide urique est tombé en quinze jours à 0^’’,031.

5'’ Acide pliospliorique. — Ici encore, les analyses sont contra- 'dictoires. Dans un cas de goutte il y a diminution; de 2 grammes da quantité descend à et la-',28; de même dans un cas de

rhumatisme suhaigu de lo'',71, il y a abaissement à 0!i'-,85. Mais .dans l’autre observation de goutte, il y a augmentation; il est vrai

LECORCIIÉ, Goutte. qo

que le dosage n’a clé fail qu’une Ibis ajirès quaranle-liuil heures de colchique. De-I^Oâ le chifl're de l’acide pho.sphorique e.sl monté à 10‘,9O. Dans un cas de rhumatisme aigu, la modificalion esl presque nulle, de la>-,63, le chiffre s’élève à ta^RO au bout de quatre jours. Dans un cas de rhumatisme noueux, nous trouvons les chiffres suivants; avantle médicament, 1,514 et 2,316, soit une moyenne de 1,86; pendant l’administralion du colchique 2,059 et 1,608, soit 1,83 en moyenne; après la suppression du médicament, 1,287 et 2,703, soit, comme moyenne, 1,99. On voit que les différences sont insignifiantes.

Voici les tableaux qui résument ces analyses :

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