CG
Après 3 jours de colchique à 30 gouttes par jour.
9 nov.
Cinq jours après la suppression du colchique.
En résumé, nous pouvons conclure de nos recherches :
1» L’effet diurétique du colchique est très discutable. Dans les cas où nous l’avons noté, il était très peu marqué et oji pouvait attribuer la diurèse observée à la marche même de la maladie bien plus justement qu’au médicament.
2“ Le colchique diminue l’acidité de l’urine.
3" On ne peut rien affirmer de net au sujet de son action sur l’excrétion de l’urée, tant les résultats obtenus sont contradictoires; il paraît cependant plutôt diminuer la quantité d’urée.
4° Le colchique continué pendant un temps suffisant diminue notablement la proportion d’acide urique dans la goutte. Les effets -sont variables dans le rhumatisme.
5“ On ne peut non plus être précis au sujet de l’acide phos- .phorique. Parfois il y a augmentation; le plus souvent on observe :une diminution ou bien des variations insignifiantes.
6" Les résultats sont plus nets pour les bases de l’urine. D’une I manière constante, il y a diminution simultanée de la quantité de Icchaux et de magnésie, et au contraire augmentation de la proportion de potasse et de soude; l’augmentation de la soude est peu inar- - quée, celle de la potasse est au contraire considérable.
Principe actif du colchique. — Pelletier et Gaventou retiirèrent, en 1820, du colchique un alcaloïde qu’ils regardèrent (Comme identique à. celui qu’on extrait de l’ellébore blanc et de la icévadille, et qu’ils assimilèrent à la vératrine. Plus tard Hesse et (Geiger démontrèrent l’erreur de Pelletier et de Gaventou et inommèrent colchicine, le principe particulier qu’ils réussirent à extraire de la plante. Ge principe est soluble dans l’eau, l’éther et 1 alcool ; il est cristallisable. Sa saveur est amère ; mais il ne ■ possède pas les propriétés irritantes et sternutatoires de la vératrine ; traité par 1 acide nitrique, il donne une coloration violette iqui se change rapidement en indigo, puis en vert et enfin en jaune. En 1857, Oberlin retrouva lacolcbicine de Geiger et Hesse; mais il obtint en outre un autre alcaloïde qu’il nomma colchicéine. Celle-ci est presque insoluble dans l’eau, soluble au contraire idans l’alcool, l’éther et le chloroforme; elle cristallise en lamelles nacrées; la colchicine cristallise en prisme ou en aiguilles inco- ■iores. La colchicéine donne aussi avec l’acide nitrique une colorai.ion violette G
1. OberVm, Essai sur le colchique d’automne, Strasbourg, 1857, et /?é/jeroire de pharmacie, t. XXIII.
La colchiciiie existe dans tonies les parties dn colchique, dans les semences, dans les bnll)es, dans les (leurs et dans les tenilles.
Elle serait pins abondante dans les semences (|iie dans les ‘ bulbes.
Des expériences ont été faites sur les animaux à l’aide de cel alcaloïde. Mais les incertitudes des cbimistes au point de vue de la composition exacte de ce principe ne permettent guère une confiance absolue dans les résultats obtenus. En dehors de l’action irritante sur l’estomac et l’inleslin, qui est la même que celle du colchique, voici, d’après Albers (de Bonn), les principales propriétés de la colchicine.
i" Elle agit d’une manière spécifique sur la peau et en diminue considérablement ou même en éteint complètement la sensibilité.
2“ Elle paralyse entièrement le mouvement musculaire, sans que la paralysie ail été précédée de crampes et de secousses convulsives.
3“ Les mouvements du cœur n’éprouvenl aucun changement; cet organe ne prend aucune part à la paralysie des muscles volontaires.
4“ L’action de la colchicine se fait attendre très longtemps'.
Nous avons dit que les expériences faites sur les chiens avec le colchique même monlraienl sous l’influence de ce médicament un ralentissement initial considérable des battements de cœur. Il y a lieu d’être étonné de voir l’alcaloïde ne produire aucun effet sur un organe dont la plante modifie si nettement le fonctionnement.
Mais les conclusions d’Albers ont été contredites sur un autre point par Jolyet, qui a expérimenté la colchicine sur les gienonilles L D’après Jolyet, il y a hyperesthésie et non anesthésie; puis la grenouille est prise d’un brusque mouvement convulsif avec raideur, puis de secousses convulsives généralisées que la moindre excitation suffit à produire. En conséquence , Jolyet attribua à la colchicine une action très analogue ci celle de la strychnine, mais s’exerçant après un temps plus long. La colchicbine serait donc un poison excito-moteur de la moelle.
On voit que les résultats obtenus par les expérimentateurs ne concordent pas entre eux, et d’autre part qu’ils ne répondent