I. Brissaud, Soc. anatomique, mai
116 THAITÉ TllÉOmUlJE ET [‘UATIQUE DE LA GOUTTE.
alléralioas superficielles du calarrhe gastrique chronique, hyperémie ardoisée ou noirîUre, disséuduée par plaques plus ou moins étendues, avec étal mamelonné (Louis) de la muqueuse.
La fréquence de la dilaUUion de l'estomac a été indiquée par Pidoux et par Todd.
b. bitestins. — Même pénurie de documents anatomiques en ce qui concerue les lésions de l’intestin. C’est sur le gros intestin surtout que paraît agir la goutte. La dilatation hémorroïdale des veines du rectum est une lésion hahituelle. Une autre altération assez commune est la colite dysentériforme ou colite mucomemhraneuse (G.Sée), caractérisée par la formation à la surface de la muqueuse du gros intestin de concrétions inemhraniformes semhlahles aux fausses memhranes dipldhériliques.
c. Foie. — Il est rare de constater des altérations du foie, au moins appréciables à l’œil nu, à l’autopsie des goutteux. Bien que Lieutaud ait décrit des incrustations calcaires de cet organe dans la goutte, bien que Stahl admette une hépatite aiguë d’origine goutteuse, l’autopsie montre d’ordinaire un foie d’apparence normale. Gela n’a rien ([ui doive surprendre, (|uoi qu’en dise Gairduer, et refuser tout rôle au foie dans la goutte, parce qu’il ne parait pas altéré après la mort, est un mode de raisonnement aussi vicieux pour la goutte que pour le diabète. Ce que l’on observe du côté de l’organe hépatique pendant la vie, ce sont des tuméfactions plus ou moins marquées et passagères an momeuldes crises aiguës articulaires (Scudamore, Monneret, Ricliardson, etc.). Des phénomènes congestifs, voilà donc ce qui semble propre au foie goutteux, dans les premières périodes de la maladie. On comprend sans peine que cette congestion puisse ne pas exister au moment de la mort, et dans ces cas le foie sera considéré comme sain.'^.Mais souvent, à ces lluxions passagères succède un état de congestion passive, d’engorgement chronique qui se traduit par une augmentation permanente de volume. Si l’on se contente de l’examen à l’œil nu, on admettra, comme faisaient les anciens, ce terme de congestion chronique. Mais il est vraisemblable qu’en pareille circonstance l’examen microscopique montrerait des lésions plus profondes, inflammatoires, probablement interstitielles, cause réelle de l’hypertrophie hépatique.
Cette hépatite goutteuse était reconnue d’ailleurs par les anciens observateurs ;« A l’autopsie, dit Trousseau, interprète de ces auteurs, on trouve souvent la substance de l’organe d’une dureté
ANATOMIE PATHOLOGIQUE
excessive, granuleuse couiine cirrhosée. » Portai, Virchow, Murchisou, signalent aussi rimluration cirrhotique du foie dans la •routte. Ebstein, chez un homme âgé de soixante ans, qui avait eu des attaques de goutte répétées, a constaté un foie volumineux, lacilemenl accessible à la palpation, dur au toucher et d'une surl'ace inégale. C’est en effet la cirrhose avec augmentation de volume, ia cirrhose hypertrophique que l’on a surtout observée dans la coutic. Charcot dans ses leçons sur les maladies du foie, cite les
observations de deux malades goutteux avec tophus aux doigts et aux oreilles, qui présentaient tous les signes de la cirrhose hyper- ■ trophique. La pathogénie de ces lésions inflammatoires est très 'discutée. Pour beaucoup elles seraient la conséquence de causes extrinsèques à la goutte, alcool, syphilis. Braun dit avoir souvent rencontré ces lésions chez des Anglais qui avaient été soumis à la triple influence de la diathèse goutteuse, du climat des Indes, et du calomel. Pour nous, l’hépatite chronique est sous la dépendance directe de la goutte; elle est la conséquence de l’irritation I permanente de l’acide urique sur lés vaisseaux et le tissu conjonc- [ tif de l’organe, irritation qui se traduit d’abord par des congestions l'plus ou moins fréquentes et qui aboutit, en dernier lieu, à la for- I mation d’un véritable travail inflammatoire.