‹ Traité théorique et pratique de la goutteChapitre 51 sur 226 · VI. LÉSIONS DU SYSTÈME NERVEUX · texte numérisé non relu

VI. LÉSIONS DU SYSTÈME NERVEUX

a. Nerfs. — Malgré la fréquence des manifestations névralgiques chez les goutteux, de la sciatique par exemple, aucune altération matérielle des nerfs périphériques n’a été signalée. Dans deux cas •seulement, l’un de Schrœder von der Kolk, l’autre de Charcot et Cornil, on a trouvé des dépôts d’urate de soude dans l’épaisseur de quelques filets nerveux de la main et dans la gaine du névrilème*; et encore n’est-il pas dit dans les observations des deux malades que ces dépôts eussent donné lieu, pendant la vie,àdes symptômes i particuliers. Graves a signalé aussi des dépôts d’apparence ci’étacée dans la gaine des nerfs; mais l’analyse de ces dépôts n’a pas été faite.

I. Schrœder von der Kolk, Canstalt’s Jahrb., 185.1, t. II, p. 10. — Charcot et -Cornil, Soc. biol., 1851, p. 111.

b. Moelle. — Les autopsies sont trop rares pour permettre de faire l’iiisloire des lésions goutteuses de la moelle. Des e.xemples cliniques de paraplégie goutteuse ont été cités de tout temps; mais les observations avec e.xamen post mortem manquent*. Les cas rapportés par Graves sont les premiers faits connus. Si on y ajoute les observations d’Albers de Bonn, de Critebett etd’Ollivier on aura à peu près tout le bilan de la question.

D’après ces faits, on peut rencontrer trois ordres de lésions :

Un ramollissement de la substance même de la moelle.

Un dépôt de sang à la surface des méninges ou dans l’intérieiir de la moelle.

Des concrétions d’urate de soude sur la gaine fd)reusedu cordon médullaire.

Le ramollissement a été observé par Graves chez deux goutteux morts paraplégiques. Ce ramollissement était-il bien réellement une conséquence de la goutte; c’est ce dont on peut douter, dit Garrod, jusqu’à nouvelle démonstration. Sans doute la rareté de pareils faits commande une grande réserve. Pourtant il faut noter que chez un de ces malades l’apparition de la goutte au niveau des articulations des pieds paraît avoir amendé temporairement les symptômes médullaires. Il semble bien y avoir eu, dans ce cas, le balancement spécial que nous retrouverons presque constamment en clinique entre les manifestations viscérjiles et les manifestations articulaires de la goutte.

L’observation de Critebett et Curling est un exemple d’hématomyélie. Il s’agit d’un homme de quarante-quatre ans, goutteux, qui fut pris d’une paraplégie soudaine et mourut au bout de quatre jours. On trouva dans l’épaisseur même de la moelle deux petits caillots sanguins, occupant l’espace compris entre l’origine de la deuxième et de la troisième paire dorsale; une infdtration sanguine légère s’étendait de la quatrième cervicale à la douzième dorsale L C'est là le seul cas d’hémorrhagie médullaire d’origine goutteuse cité par Ilayem dans sa thèse sur les hémorrhagies intra-rachidiennes.

Dans l’observation d’Ollivier, c’est une hémorrhagie sus-méningée qu’on constata au voisinage du rendement lombaire. Au niveau de la douzième dorsale et de la première lombaire, entre la duremère et les os, existait un foyer sanguin, occupant toute la péri-

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