‹ Traité théorique et pratique de la goutteChapitre 61 sur 226 · X..., âgé de trente-six ans · texte numérisé non relu

X..., âgé de trente-six ans

Très fort, très vigoureux, gros mangeur, prenant peu d’exercice.

Pas de maladie sérieuse.

En 1879-80, sahles considérables dans les urines, craintes de gravelle. L’analyse faite à plusieurs reprises, permet de constater de .grandes proportions d’urée, de 35 à 40 grammes par vingt-quatre Heures, de O'-”, 90 à 1“%10 d’acide urique et de prédire une attaque de :joutte.

En septembre 81, première attaque de goutte à l’orteil gauebe au niveau de l’articulation métatarso-pbalangieune, tuméfaction doulou- '■euse et comme bleuâtre de l’articulation. — Retour de la douleur a nuit suivante avec élancements et diminution les nuits suivantes.

Au bout de cinq jours, la douleur vive avait disparu, mais il resta juinze jours, trois semaines avec une sensibilité qui Tempêclia de se •hausser.

Appétit conservé pendant l’attaque.

Pas de traitement.

En décembre 81, nouvelle attaque qui ne dura qu'une nuit avec nuit jours de sensibilité des pieds; depuis lors plus rien. Le malade )ense que ce qui Ta mis à l’abri de nouvelles attaques, c’est l’usage lu lait auquel il s’est soumis.

Nous avons nous-mèine rendu d’énormes proportions d’urée et d’acide urique avant toute manifestation de la diathèse goutteuse,

TnAITÉ THÉORIQUE ET l'RATlQUE UE LA GOUTTE.

I grainine, ls'',20 d’acide urique par viiigl-(|uatrc heures el de 28 à 38 grammes d’urée.

B. Urines dans la goutte articulaire aiguë. — Que de (elles urines consei’venl ces modificalions pathologiques el l’on peut échapper longtemps à des manifeslations de nature goutteuse.

II semble que les urines ainsi modifiées suffisent à réliniinalion de l’acide urique contenu en excès dans le sang, et qui, d’un instant à l’autre, peut passer à l’état d’acide hiurique et provoquer ainsi une attaque articulaire ou viscérale de la goutte. Car, ainsi que nous le verrons à propos de la palhogénie de la goutte, pour . qu’il y ait manifestation goutteuse, il faut que l’urate de soude neutre, contenu dans le sang, passe à l’état de hiurate. Un examen assidu de l’urine permet souvent d’assister à l’apparition de ce moment psychologique. C'est en effet toujours par des modifications dans l’état de l’urine que s’annonce la manifestation goutteuse, qu’elle soit articulaire ou viscérale. Ces modifications portent sur la quantité de l’iirine, sur le chiffre de l’urée, de l’acide urique et phosphorique.

Nous avons pu sur nous-même, averti par les accidents prémonitoires (douleurs vagues aux orteils, excitation générale), ana- J lyser nos urines à la veille de deux crises et deux fois nous avons j pu voir nos urines tomber à 1500, à 1800 cc., à 1200 ce. même et le chiffre de l’acide urique qui était de ls’’,50 à 1>=''',80 par vingt-quatre heures n’être plus que Os‘,60 el Os'’,75. L’urine se • colore, devient plus acide, et souvent laisse déposer des sédiments plus abondants.

Cet abaissement du taux de l’acide urique el de l’urée qui précède la crise se maintient pendant les premiers jours de l’attaque, ainsi que nous avons pu maintes fois le constater, ainsi que d’autre part le démontrent les observations qu’un de nos élèves, M. Robert, a consignées dans sa thèse. Il nous suffira, pour prouver l’exactitude de cette assertion, d’en rapporter brièvement quelques-unes.

A'^oici d’abord une des observations tirées de nos Études médicales. Il s’agit, dans cette observation, d’une première attaque de goutte aiguë; ainsi qu’on peut le voir, l’acide urique, pendant les trois ou quatre premiers jours de l’attaque, n’a été éliminé que dans des proportions insuffisantes. Ce n’est que le cinquième jour, que le chiffre en est plus élevé.

DU SANG ET DES UDINES DANS LA GO[!TTE

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