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Garrod, loc. cit., p. ,5G

de digeslion pénible, de gonlleinent à l’épigastre, avec sensation de plénitude, de poids, d’angoisse dans celte région; force leur est, aussitôt après le repas, de se desserrer; il existe une oppression, un étoud’eiuent, accompagné souvent de violentes palpitations; des éructations abondantes ne lardent pas à amener un soulagement relatif. Plus lard, ce sont des vomissements aqueux et pituiteux qui se produisent, vomissements très acides, déterminant une sensation de brûlure le long de l’œsophage, ou un pyrosis analogue à celui de la gastrite alcoolique.

Ce catarrhe gastrique est extrêmement fréquent, si fréquent que Todd n’bésitait pas à en faire la cause réelle de la goutte. Nous l’avons noté dans les antécédents de nos malades dans près de la moitié des cas. Mais il manque trop souvent pour qu’on lui attribue le rôle pathogénique que lui assigne Todd, et dans un certain nombre de cas, on le voit d’autre part apparaître postérieurement à l’attaque de goutte articulaire.

Nous avons remarqué souvent chez les goutteux atteints de ce catarrhe stomacal l’existence d’un catarrhe concomitant du pharynx, caractérisé par un étal granuleux delà muqueuse del’arrièregorge, avec dilatation variqueuse des vaisseaux et sécrétion abondante d’un mucus visqueux et adhérent. Ainsi que nous l’avons déjà dit dans nos Études médicales, nous regardons cet état du pharynx comme une image fidèle de l’altération subie par la muqueuse de l’estomac; les deux lésions sont connexes et de même nature.

C’est ici le lien de signaler cet étal particulier des dents que Laycock et Stewart ont décrit chez les goutteux. Les dents, tout en restant fermes et saines, sont usées sur leurs bords. Stewart a observé cette usure chez onze goutteux; il l’attribue à la présence de l’acide urique dans la salive, et pense que, sans être pathognomonique, cette altération dentaire peut servir au diagnostic.

Le catarrhe gastrique goutteux peut persister longtemps sous celte forme de dyspepsie flalulenle, sans autre manifestation goutteuse. Parfois cependant, en cherchant bien, on trouvera, comme dans le cas de Charcot, quelque tophus de l’oreille externe qui permettra d’affirmer la nature des troubles gastriques. Dans d’autres cas, après une durée variable, on voit les phénomènes stomacaux cesser brusquement pour faire place à des accidents migraineux, par exemple, ou à de la gravelle urinaire. D’autres fois, les symptômes dyspeptiques s’amendent et disparaissent; le malade se

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croit guéri, quand tout à coup, une nuit, éclate une attaque de goutte articulaire aiguë. Il peut se faire que l’accès passé, les phénomènes gastriques reparaissent.

Les deux conséquences les plus importantes du catarrhe stomacal, sont Vatonie paralytique avec dilatation et Vatonie spasmodique de l’estomac. Par la persistance, probablement aussi par l’extension du processus inllammatoire chronique qui de la muqueuse gagne la couche sous-muqueuse, la tunique musculaire lie cet organe finit par s’affecter, s’affaiblit, se paralyse; l’estomac reste distendu et l’on constate tous les signes de la dilatation stomacale permanente, avec la pesanteur épigastrique, les vomissements espacés et extrêmement copieux, le bruit de glou glou, l’augmentation à la percussion de la zone stomacale, etc. Todd, qui a le premier indiqué cette dilatation gastrique d’origine goutteuse, l’attribue en partie à la distension gazeuse habituelle de l’organe, en partie à l’action du poison goutteux sur les fibres musculaires.

L’atonie spasmodique, à son degré le plus faible, est une simple complication du catarrhe habituel de la muqueuse stomacale, c’est-à-dire que les symptômes de flatuleuce, de digestion lente et pénible, s’accompagnent de phénomènes plus douloureux, de crampes épigastriques, de tous les signes, en un mot, de la gastralgie. A son degré le plus élevé, l’atonie spasmodique constitue ce qu’on pourrait appeler l’attaque de goutte aiguë de l’estomac. Elle correspond à une partie des faits décrits par les anciens sous le nom de goutte remontée à l’estomac. Budd et Scudamore divisent les accidents de ce geni’e en deux variétés : la forme spasmodique ou cardialgie goutteuse proprement dite, caractérisée par une douleur vive à l’épigaslre, une sensation de crampe, une distension gazeuse de l’estomac, des vomissements parfois incoercibles, déterminant de l’algidité, des sueurs froides, une tendance à la syncope ; la forme inflammatoire, avec vive douleur exaspérée par la pression, vomissements de matières muqueuses ou sanguinolentes, fièvre vive, prostration générale. Celle division, établie surtout au point de vue de l’intervention thérapeutique, la première catégorie réclamant l’emploi des stimulants; la seconde, 1 usage des émissions sanguines, ne nous parait pas reposer sur des différences bien marquées. Garrod, qui se demande s il s agit dans ces cas d’un état inllammatoire des parois de 1 estomac ou seulement d’un spasme violent de la tunique mus-

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culiiirc de l’organe, ne croit pas pouvoir se prononcer en raison du petit nombre et de l’imperlection des observations connues; il incline toutefois à penser que la goutte à l’estomac consiste en un trouble purement fonctionnel.

La rareté des observations précises commande en effet une certaine réserve. G. Sée explique ces accidents par 1 élimination brusque par la muqueuse stomacale de l’acide urique du sang subitement augmenté. Cette bypothèse ingénieuse ne nous paraît pas admissible ; car, dans un cas de ce genre, avec vomissements incoercibles, nous avons à plusieurs reprises recherché, par les divers procédés que nous avons déjà maintes fois indiqués, 1 acide urique dans les matières rejetées, et jamais nous n’avons pu en trouver trace. 11 faut donc se contenter d’admettre que l’acide urique en excès dans le sang irrite, à son passage dansles paroisdel’estomac, tantôt la tunique muqueuse, tantôt la tunique musculaire, qu’il provoque à son contact des troubles sécrétoires des glandes stomacales, mais sans toutefois s’éliminer par cette voie. Le catarrhe superficiel avec dyspepsie flatulente est la conséquence de cette irritation prolongée. Qu’à un certain moment une sursaturation du sang par l’u,rate de soude se produise, et l’irritation pourra gagner la tunique musculaire, d’où une véritable contracture douloureuse de cette tunique, avec tous les symptômes parfois si effrayants attribués à la cardialgie goutteuse.

Ces symptômes peuvent en effet acquérir une intensité remarquable. L’attaque débute en général brusquement par une crampe violente à l’épigastre, accompagnée d’un sentiment d’angoisse et d’oppression extrême. Puis surviennent des nausées, un hoquet incessant, une sensation de brûlure remontant tout le long de l’œsopbage, deséructations continuelles, etfinalementdes vomissements répétés. Les matières rejetées ont un goût âcre, ou amer; elles sont tantôt bilieuses, verdâtres, tantôt mêlées de mucosités et de glaires, parfois de sang qui leur donne une couleur noirâtre, marc de café. En même temps, il y a du ballonnement du ventre, un refroidissement général surtout marqué aux extrémités, avec des lipothymies, une tendance syncopale et un affaiblissement des battements du cœur et du pouls.

Ces accidents surviennent d’ordinaire dans le cours d une attaque de goutte articulaire. A la suite d’un refroidissement ou d’une application locale intempestive, les symptômes articulaires paraissent cesser brusquement au moment où se développent les

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phénomènes gastriques, de même qne ceux-ci s’amendent quand réparait la douleur articulaire. Nous n’avons jamais été témoin, pour notre part, de ces accidents véritablement métastatiques. Garrod dit de même n’avoir pas rencontré un seul cas auquel cette dénomination de goutte remontée k l’estomac convînt réellement. Scudamore en rapporte deux observations. Dans l’une, il s’agit d’un bomme âgé de quarante-cinq ans, sujet à la goutte depuis vingtcinq ans. Dans le cours d’un accès de goutte, siégeant à l’un des pieds, il se trouva exposé un jour à l’influence du froid humide. Sur le moment même, il n’en résulta aucun inconvénient; mais dans la nuit, une cardialgie des plus intenses se déclara, avec flatuosités et un sentiment d’oppression tel que le malade craignait à chaque instant que son estomac ne vînt à éclater. Les fomentations chaudes, l’éther, l’opium, l’eau-de-vie firent cesser ces symptômes, auxquels succéda un violent accès de goutte dans les articulations des pieds et des genoux.

L’autre observation est relative à un homme de cinquante-deux ans, qui, sous le coup d’un accès de goutte et au sortir d’un bon repas, s’expose aussi à l'air froid. Il est pris tout à coup de symptômes graves tels que : respiration difficile, sueurs froides, sensation de brûlure partant des intestins, nausées, sentiment d-e syncope imminente, enfin palpitalions violentes. Le rejet d’une grande quantité de liquide acide, provoqué par l’ingestion d’eau chaude, amène un soulagement immédiat. Pendant la crise stomacale, le pied était devenu libi'e ; mais à peine les symptômes gastriques s’étaient-ils amendés que la goutte reparut dans le lieu qu’elle avait d abord affecté. Les mêmes accidents se reproduisirent plus tard chez le même malade pendant le cours d’un nouvel accès de goutte.

Nous avons dit que, même pour ces faits, une grande réserve s imposait au sujet de leur interprétation. Brinton se refuse absolument à admettre la goutte aiguë stomacale. Il est certain qu’une simple indigestion, dans le cours d’un accès de goutte, peut produire tous les symptômes que nous venons de décrire, et d’après Watson on devrait dire souvent : du lard dans l’estomac, au lieu de la goutte à l'estomac, pork in the stomach instead of goût in the stomach. Cependant, dans les termes que nous avons établis, c est-à-dire limités à des phénomènes de gastralgie plus ou moins graves, il nous semble rationnel d’admettre que ces accidents gastriques peuvent être l'elfet de l’iiTitation goutteuse

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mdme, sans intervenlion accessoire d’irrilalion ab ingestis.

Mais ce que nous ne saurions admettre, c’est (jue ces crises de goutte stomacale puissent se terminer par la mort. Uans les quelques cas de ce genre rapportes par (livers auteurs, il y a eu évidemment erreur de diagnostic. Il ne faut pas oublier combien les symptômes de la goutte dite remontée à 1 estomac sont identiques à ceux d’un empoisonnement. Or les goutteux sont exposés à deux sortes d’intoxication : l’une, thérapeutique, par suite de 1 abus (|u ils font, la plupart du temps, £i l’insu de leur médecin, de liqueurs antigoutteuses composées essentiellement de vin ou de teinture de colchique; l’autre, pathologique, consécutive auxlésionsprofondes qui résultent de l’inHammation chronique du parenchyme rénal et aboutissent à l’urémie. Ces deux empoisonnements peuvent se traduire par des phénomènes gastriques de la plus haute gravité, qui absoibent toute l’attention, alors qu’ils ne sont qu’un épisode d’un ensemble morbide atteignant tout l’organisme. L’urémie gastrique, absolument inconnue des anciens, nous semble surtout devoir expliquer ces cas de goutte remontée mortelle. Il est très remarquable, en eflèt, de voir que tous les exemples de ce genre appartiennent aux auteurs anciens et qu’on n’en trouve aucune obsei’vation chez les modernes.

Les observations suivantes sont des exemples, soit de goutte articulaire précédée pendant plusieurs années par du catairhe stomacal, soit de phénomènes gastriques alternant avec des symptômes du côté des jointures.

Obs. XXII. — Catarrhe goutteux de l'estomac, suivi après, de longues années de goutte articulaire.

M..., âgé de quarante-deux ans. Pas d’antécédents héréditaireSi Pas

d’excès d’aliments ou de boissons. i • i

Il dirige une usine et se trouve exposé à avoir souvent tes piecls

humides. Ce sei-ait pour lui la cause de sa goutte.

Dès longtemps dyspeptique (flatulence de l’estomac, gaz, renvois, somnolence après les repas, malaises nerveux divers) lorsque se manifeste sa première attaque de goutte au pied gauche.

Depuis lors, plusieurs autres attaques, précédées d’une exacerJiation dans les troubles de l’estomac.

La dernière attaque a duré six semaines et c’est a la suite de cet accès qui a débuté fin novembre, que s’est produite une tuméfaction douloureuse de la jambe, qui du dos du pied a monte jusqu au

genou. . ,,

La peau est rouge, la pression pénible et il existe un œdeme manifestement appréciable.

LA GOUTTE DANS LES OI’.GANES

Ce malade ne conserve pas son appétit pendant les attaques; il est alors très constipé.

Le salicylate cause des malaises multiples et ne peut être supporté :

Obs. XXlll. — Troubles gastriques alternant avec la goutte articulaire. — Obésité.

Mme M..., âgée de cinquante-cinq ans. Embonpoint exagéré, appétit considérable, nombreux cas de goutte dans sa famille. Manifestations goutteuses articulaires multiples aux pieds, aux orteils, au niveau des chevilles

Parfois disparition de ces manifestations articulaires et remplacement de ces manifestations par des troubles gastriques (crampes d’estomac provoquées surtout parla digestion, avec formation de gaz).

Lorsque viennent à disparaître ces troubles gastriques, il n’est pas rare, comme j’ai pu le constater récemment, de voir l’une des jointures, l’articulation tibio-tarsienne gauche, par exemple, se tuméfier et devenir douloureuse.

En 1881, la malade fut, pendant plusieurs semaines, atteinte de douleurs localisées aux genoux, qui ne cédèrent qu’à l’usage de l’eau de Vittel.

Légères déformations à la dernière articulation du médius gauche et de l’index droit.

Parfois douleur à la nuque, différente de la migraine et paraissant associée avec les manifestations articulaires des membres.

La malade se plaint de fréquentes palpitations sans avoir rien d’anormal au cœur, qui semble gros cependant et qui est peut-être un peu graisseux.

Elle se plaint en outre d’avoir des crampes fréquentes dans les membres, surtout dans les genoux. Elle est atteinte d’angine granuleuse et l’an dernier a longtemps souffert de conjonctivite.

Obs. XXIV. — Catarrhe gastrique avec dyspepsie acide précédant la goutte articulaire.

D..., âgé de quarante-cinq ans. — Dyspepsie avec spasme et pyrosis datant de deux ans.

En mai 1879, tuméfaction du genou droit, puis du genou gauche sans douleur.

Bains de Vapeur.

A la suite de ces bains, attaque de goutte à l’orteil gauche ; une seule nuit douleur spontanée; douleur pendant plusieurs jours à la pression.

Un mois après, deuxième poussée à l’orteil gauche, non douloureux au repos, mais douloureux à la marche.

Obs. XXV. — Catarrhe goutteux de l’estomac suivi au bout de trois ans de goutte articulaire.

X..., âgé de trente-deux ans. Depuis trois ans, digestions mauvaises LECOuciiÉ, Goutte. 16

2i-2 TRAITÉ THÉORIOUE ET PRATIQUE DE I.A GOUTTE.

surlont le soir. Pesanteur cl’eslomac qui le réveille la nuit, avec angoisse précorcliale ct palpilalions. Quand il prend de l’exercice après diner ou qu’il mange peu, il n’cprouvc aucun malaise dans la soirée.

En 1883, premier accès de goutte au pied. Dans la journée, il éprouva une douleur compressive dans le gros orteil droit; le soir cette douleur augmenta. Il sortit neanmoins en voiture le lendemain, mais il fut obligé de rentrer promptement. L’attaque éclata avec toute son acuité dans la nuit et dura plusieurs jours.

Les urines, avant cet accès de goutte, étaient toujours chargées. Depuis lors elles sont devenues claires et en même temps très abondantes, deux litres dans les vingt-quatre heures.

Depuis 1870, le malade n’avait jamais cessé de ressentir des douleurs vagues, ambulantes, dans les épaules, les bras. Pendant quelque temps, il eut une hyperesthésie du cuir chevelu telle qu’il n’y pouvait toucher.

Depuis son premier accès, il a eu deux petites attaques nouvelles, chaque fois au même gros orteil droit.

Obs. XXVL — Goutte articulaire suivie de catarrhe chronique de l’estomac avec vomissements.

D..., Agé de quarante ans, entré en 1877 à la maison Dubois. Il dit s’ètre toujours bien porté, jusqu’à l’âge de vingt-sept ans. A cette époque, il fut atteint d’une première attaque de goutte qui a duré quinze jours ; depuis lors plusieurs autres se sont fait successivement sentir, mais le malade ne peut préciser l’époque de leur apparition. A part cela, sa santé aurait toujours été bonne, et une fois l’attaque passée, le malade reprenait ses occupations.

D’après lui, dans les dernières attaques, les genoux étaient gonflés, douloureux, tandis que dans les deux premières, ils n’avaient pas été atteints; les gros orteils seuls étaient douloureux.

Depuis six mois, les forces ont notablement diminué; l’embonpoint qui était e.xccssif (le malade pesait 210 livres) a beaucoup diminué et le malade prétend avoir perdu 60 livres de son poids’.

Depuis ces six mois, le malade souffre de l’estomac, principalement après les repas, et le plus souvent la nourriture est rejetée soit immédiatement, soit une demi-heure ou une heure après le repas. Outre ces vomissements qui accompagnent les repas ou leur font suite, le malade est pris par moment de vomissements consistant en un liquide jaunâtre et dont la quantité ne dépasse guère de 100 à 150 grammes.

Le foie a son volume normal et ne dépasse point le rebord des fausses côtes. Du côté de la poitrine rien à signaler.

Les battements du cœur sont sourds, mais on n’y trouve point de bruit de souffle.

En même temps que les forces diminuaient, que les vomissements survenaient, des douleurs de reins se faisaient sentir. Pas de sucre, ni d’albumine dans les urines.

\A GOUTTE DANS I-ES ORGANES

B. — De la goutte de l’intestin.

Les mailifeslalions intestinales de la goutte portent essentiellcnicnt sur le gros intestin. Le catarrhe chronique du gros intestin lait pendant au catarrhe de l’estomac, de même que l’entéralgie est l’analogue des phénomènes spasmodiques de la cardialgie. Ces troubles intestinaux se caractérisent par :

Des coliques avec flatulence.

De la constipation.

De la diarrhée.

Un flux hémorrhoïdal.

Nous serons bref sur ces divers symptômes qui peuvent, comme les troubles gastriques, alterner avec la goutte articulaire, mais qui, plus souvent, existent isolés pendant longtemps, seuls indices de la diathèse goutteuse, avant que la maladie se décide à se jeter sur une jointure. La notion des antécédents, l’influence du traitement doivent, en l’absence des symptômes articulaires encore à venir, fournir des renseignements diagnostiques.

a. Coliques goutteuses. — Pour l’entéralgie, comme pour la gastralgie goutteuse, la flatulence est un phénomène presque constant. Le tympanisme et le météorisme abdominal sont donc la règle en pareil cas; il peut se faire, cependant, que la douleur soit assez vive pour déterminer la rétraction du ventre comme dans la colique saturnine.

Musgrave dit avoir observé que, dans la colique arthritique, les douleurs sont souvent fixées dans une petite partie du bas-ventre, principalement autour de l’ombilic et qu’elles sont habituellement accompagnées d’un sentiment d’oppression, comme d’une charge qui pèse sur la poitrine.

Les coliques n’existent pas d’ordinaire seules; elles coïncident avec d’autres troubles intestinaux, constipation, hémorrhoïdes, catarrhe dysentériforme, etc. ; ou bien avec des phénomènes nerveux généraux qui peuvent en être regardés comme la conséquence, phénomènes sympathiques, comme disaient les anciens, retentissant sur la plupart des autres fonctions. L’hypochondrie, on peut le dire, ne manque jamais dans la goutte gastro-intestinale.

L’enteralgie goutteuse persiste avec une ténacité remarquable

THAITÉ TIlÉOmOUE ET l'IlATlOUE DE I.A GOUTTE.

résistaiiL à Ions los moyens ordinaires; elle cède souvent avec rapidité à un traitement dirige contre la maladie générale. Dans le cas suivant, le malade, depuis six ans, soulTrail de douleurs de ventre presque continues, s’exaspérant régulièrement chaque matin sous forme de crise do coliques pendant une demi-heure; une saison à Vitlel fit disparaître complètement les trouhles intestinaux.

Obs. XXVII. — Entéralgie goutteuse ayant cédé à une saison à Vittel.

M..., âgé de cinquante-deux ans. — Tous les membres de sa famille sontgoutteux, sauf son père (goutte, gravelle, diabète, coliques néphrétiques). Lui, n’ajamais eu de douleurs articulaires, mais fréquemment sables dans les urines. Calvitie précoce. Fièvres intermittentes en Afrique. Pas d’excès de boissons.

En 1875, il a commencé à souffrir do l’intestin; il a des tranchées, des tiraillements continuels dans le ventre, avec des besoins d’aller à la selle non suivis d’effet. — Lors des selles, garde-robes mal digérées. Tous les matins, vers onzeheures, il est pris d’une crisede coliques qui dure une demi-heure, souvent sans garde-robe. Les douleurs abdominales sont presque continues, s’exaspérant par moments.

Hémorrhoïdes ; suintement à l’anus habituel; une fois, véritable hémorrhagie intestinale.

L’appétit est bon; la langue rosée; l’embonpoint conservé.

Nous conseillons en 1879 une saison à Vittel. A la suite de cette cure, les coliques disparurent complètement et n’ont plus reparu depuis.

b. Constipation. — La conslipation est la règle chez les goutteux, elle est due à une véritable atonie du gros intestin. Elle peut exister sans autre inconvénient; d’autres fois elle est associée à des hémorrhoïdes. Enfin elle peut déterminer ce catarrhe dysentériforme qu’on a appelé aussi entérite membraneuse. La plupart des faits décrits par Musgrave, par Barthez, etc., sous le nom delà dysentérie goutteuse appartiennent probablement, soit à la redite hémorrboïdale, soit à celte colite membraneuse. « L’excès d’irritation qui a lieu dans l’état des intestins attaqués de dysentérie goutteuse se manifeste, même hors des cas de leur inflammation décidée, par des vomissements qui n’évacuent presque l'ien, ou seulement de la bile verte ; par la fréquence et la force des tranchées ({ui sont sans proportions avec la quantité et l’utilité des déjections, parce que le sang qui est évacué n’est point incorporé avec les matières excrémenlilielles, parce que le ventre est tendu el doulou-

LA GOUTTE DANS LES ORGANES

reu.K, clc. « La caraclcrisliquc de celle forme de colileesl l’excrclion de débris membraneux, aplalis, enroulés, plus ou moins allongés, que les malades compareul, suivanl les cas, à des morceaux de ver solidaire, à du macaroni, elc. Mais c’esl là le degré extrême île la maladie; le plus souvent, les selles renferment seulejnentdes matières muqueuses, parfois légèrement sanglantes, re.ssemblant à des glaires ou à du blanc d’œuf. Il est bien rare que ces matières comme mucilagineuses n’enveloppeul pas les scybales durcies rendues dans les garde-robes. Le catarrhe dysenlériforme dé termine les mômes phénomènes douloureux que la dysentérie vraie, des crises de coliques extrêmement violentes, du ténesme, des épreintes,une sensation de brûlure au fondement, ces crises paroxystiques venant s’enter sur une douleur sourde permanente de l’abdomen.

Cet état de constipation, accompagné ou non des phénomènes douloureux du catarrhe muco-membraneux, et rebelle à toute médication, lait une vie insupportable au malade, qui n’a de repos qu’après avoir débarrassésoninteslin. Nous ne saurions donner une meilleure idée des souffrances auxquelles sont exposés ces goutteux qu’en reproduisant textuellement l’observation suivante telle qu’elle a été rédigée par le malade.

Obs. XXVUI. — Catarrhe goutteux du gros intestin avec atonie de la tunique musculaire. — Hémorrhoides. — Goutte articulaire vague, puis attaque de goiilte au gros orteil.

.X..., âgé de quarante-cinq ans. Jusqu’à Tàge de seize ans santé bonne, grande maigreur du corps.

«A seize ans — longue et douloureuse maladie qui me tintqualre mois alité- et dix-sept jours sans connaissance, à deux doigts de la mort. In- ■ (lammalion générale des poumons, de l’estomac, des intestins, compliquée d’une üevre cérébrale. Applications de 150 sangsues, alternées de vésicatoires, au creux de l’estomac.

» Guéri, je me suis bien porté pendant cinq ans. G’est à partir de l’àge de vingt-deux ans que, sous l’influence d’excès de jeunesse, d’intempérance à table et d’un séjour de deux ans sous les tropiques, commence la maladie dont je souffre aujourd’hui et qui, faible au début, s’est constamment développée jusqu’à présent, malgré toutes les cures qui ont été tentées pour la combattre. Les symptômes ont été constamment les mômes et n’ont varié que d’intensité, moins toutefois les vomissements, auxquels j’étais sujet tous les jours régulièrement après mon repas du soir, il y a encore quatre ans, et qui ont subitement disparu depuis, sans cause appréciable pour moi. Pendant qu’ont duré ces vomissements (environ neuf ans) je me sentais mieux que depuis ([u’ils

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