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I. Barllicz, Traité des maladies (joulteuses, p

oui, CC.SSC ; je promus le soir en me coiieluint une cuillerée (rélcctuair(> el. j’obleiiais le lomlemain une évacuation suffisanlc pour avoir la télé libre et apte au travail pendant la journée. Le soir — vomissement el pas d’électuaire, ou bien pa.s do vomissements et l’électuaire, et ainsi de suite. Pour combattre cetle situation, les niédecins allemands me lirent prendre les eaux de Marionbad et plus tard une cure d’iode, mais sans succès. Après l’on m’ordonna les eaux de Carisbad (SprudeR, dont le seul effet fut de déterminer de violentes pertes hemorboïdales au point que je perdais connaissance plusieurs fois par jour. Depuis j’éprouve ces mêmes pertes, mais moins fortes, tous les quatre ou cinq mois, pendant huit à dix jours et une fois par jour le matin, en allant à la selle . — Ayant quitte l’Allemagne pour la France, je fis trois années de suite des cures à Vichy : les deux premières cures me soulagèrent considérablement, la dernière resta sans effet. J’oubliais ((ue ma dernière cure en Allemagne eut lieu, sur l’ordonnance du I)'' Scanzoni, à Hombourg, mais encore sans succès. Enfin, la dernière que je fis à Dresde, la Hungerkur, sous les auspices duD'’ Baumgarten, resta encore sans effet, et pourtant, j’ai souffert la faim et la soif, combinées avec un traitement hydrothérapique, pendant deux mois !

» Pendant ces quinze ans de différents traitements, ma maladie n’afait ({u’empirer en présentant toujours les mômes symptômes quoique à des degrés différents. En détaillant la situation actuelle, je pourrais en dire absolument autant de celle d’il y a quinze ans à un degré inférieur.

» Après avoir épuisé tous les électuaires, les pilules anglaises et celles du D'' Débault, je me suis en dernier lieu arrêté aux graines de moutarde Didier, dont l’effet a commencé par être excellent, mais est à peu près nul aujourd’hui. Or, voici ce qui se passe. — Je ne fais qu’un seul l’epas par jour, le soir, à sept heures, et ne puis en faire deux, par manque d’appétit d’abord et ensuite pour éviter les douleurs delà digestion et ne pas compromettre le travail de la journée.. En ne mangeant que le soir, j’ai eu du moins une journée active; en me couchant aussitôt après, j’évite les souffrances de la digestion par le sommeil. Si je suis obligé de veiller, ce qui arrive rarement, j’éprouve des douleurs au ci'eux de l’estomac, une lourdeur et une boursoufflure générale, des douleurs sourdes (des impatiences) dans les jambes et dans les épaules, une envie insurmontable de me mettre au lit. La nuit, eu me réveillant, j’éprouve bien'des douleurs digestives, mais je me rendors vite.

»Je me lève à sept heures, généralement très échauffé, envie de vomir la bouche sale, bourdonnement aux oreilles. A huit heures, je prends une tasse de café au lait avec un petit pain uniquement pour pousser à l’évacuation. Si celle-ci réussit, c’est-à-dire si j’ai eu deux ou trois selles, la première compacte, les suivantes liquides, formées de matières bilieuses ou glaireuses, jaunes ou vertes, parfois grasses comme de l’huile, — ma journée est bonne. Sinon, quand la graine de moutarde n’a réussi qu’à me donner la selle compacte, — ma journée est perdue. C’est alors des violentes migraines, et toujours des douleurs à l’estomac (vers le cœur), fatigue, lassitude, irritation nerveuse, incapacité intellectuelle, tristesse et dégoût de toute chose. Je puis rester

LA GOUTTE DANS LES ORGANES

la journée sans manger quoi que ce soit et, pour ne pas rester l’estomac complètement vide, je prends un verre d’eau-de-vie qui me donne un peu d’appétit et calme parfois les douleurs.

» Je soulfre presque constamment de maux de reins. Le mouvement et l’ao-italion m’échauffent et me sont plutôt nuisibles. J’ai observé que lcs° climats secs et chauds, comme celui de l’Italie, me conviennent o-énéralcmenl mieux que les climats humides, comme celui de l’Angle- Terre, où je suis toujours malade. — J’ai oublié de dire que les lavements ne me réussissent pas et que les bons jours sont à peu près de 7 sur 10.

» En résumé, le moyen de me bien porter est de trouver un remède qui puisse chasser tous les matins les matières liquides, qui forment la seconde ou la troisième selle et dont la retenue dans le corps est cause de toutes mes souffrances.

B Le D-- Jaccoud, ayant analysé mes urines au commencement de l’hiver dernier, a reconnu la présence de calculs urinaires (gravelle) et attribué toutes mes souffrances à une seule cause — le principe goutteux héréditaire. Il me fit faire une cure de lait qui me fit beaucoup de bien; mais l’été dernier, ayant fait un abus des eaux de Vichy, source des Céleslins, j’ai dû interrompre cette dernière cure pour cause d atroces douleurs à la tête, tous les jours, après le moindre repas. Remis en état par l'emploi du lait pendant huit jours, mes douleurs de tête revinrent de nouveau en juillet dernier pour quelques verres d’eau-devie que j’avais pris en Russie. L’accès dura dix jours et se passa sous l’influence d’une diète absolue. »

Ce malade éprouvait depuis plusieurs années des douleurs vagues dans les orteils. Au mois d’août 1883, il fut pris d’une douleur intense occupant tout le côté droit du thorax, avec irradiations dans les muscles de l’épaule du même côté. La douleur thoracique était exaspérée par la toux, la percussion, les mouvements respiratoires. Cette pleurodynie durait depuis plusieurs jours, quand le malade ressentit des douleurs dans le gros orteil gauche et sur le dos du pied. Pendant trois à quatre nuits, les douleurs furent très vives ; elles s’exaspéraient à la marche, à la pression, et s’accompagnaient d’un gonflement notable du gros orteil et du dos du pied. A partir du jour où l’accès de goutte éclata au pied, les douleurs thoraciques disparurent complètement.

c. Diarrhée goutteuse. La constipation dont nous venons de parler alterne parfois avec des selles diarrhéiques; mais il ne s’agit là dans ce cas que d’une fausse diarrhée, et bien plutôt d’une véritable débâcle entraînant les matières muqueuses et bilieuses accumulées derrière l’obstacle fécal. Dans d’autres circonstances la diarrhée prend le caractère chronique ; elle persiste en dépit de tout traitement, avec ou sans coliques; c’est V entérite goutteuse proprement dite, avec exagération de la sécrétion. Dès que le malade a mangé, dès qu’il s’expose au froid ou à l’humidité, après

une course un peu longue, une émotion légère, il est obligé d’aller a la selle et rend chaque fois des matières liquides, abondantes, mélangées de matières solides délayées. Ce catarrhe intestinal à allures spéciales, existant sans manifestation articulaire, ou coexistant avec quelque autre localisation viscérale de la goutte, doit être distingué des autres variétés de diarrhée que l’on peut observer chez les goutteux.

Nous ne parlons pas du flux diarrhéique qui peut se produire dans le cours d’un accès de goutte aiguë. Nous pensons que le plus souvent cette diarrhée est due à l’abus de quelque remède spécifique contre la goutte et en particulier du colchique. Mais, dans la goutte articulaire chronique, compliquée d’un état de débilitation générale, on voit survenir, comme dans toutes les maladies d’épuisement, une tendance à la diarrhée qu’il est plus ou moins difficile de vaincre; cette diarrhée doit être plutôt considérée comme une diarrhée cachectique que comme une diarrhée proprement goutteuse. Sydenham a bien décrit cet état habituel de la goutte chronique articulaire alternant avec un malaise général, des douleurs du ventre et une tendance à la diarrhée, état qui fait une manière de vivre fort triste et qui aboutit lentement à une terminaison fatale.

11 faut aussi distinguer de l’entérite goutteuse, la diarrhée urémique, qui peut être la conséquence du rein goutteux, comme toutes les autres formes d’urémie. S’ilsejoint à cette diarrhée des vomissements, les accidents urémiques peuvent prendre l’aspect cholériforme, et il n’est que raisonnable de supposer que le prétendu choléra goutteux des anciens n’est qu’une variété d’urémie gastro-intestinale.

Comme exemple d’entérite goutleuse, nous citerons les faits suivants :

Obs. XXIX. — Entérite goutteuse avec diarrhée incoercible. — Gravclle et coliques néphrétiques.

V..., âgé de cinquante-cinq ans. — Père et frères goutteux ou graveleux ; coliques néphrétiques et attaques articulaires. 11 n’a jamais eu pour sa part de douleurs dans les articulations. Mais depuis l’âge de quarante-cinq ans, il a chaque année trois àqualre crises decolique néphrétique. A peu près à la même époque où débutaient les coliques réunies, il fut pris de diarrhée â la suite d’une suppression de sueurs. Depuis lors, cette diarrhée a persisté incoercible, avec ou sans coliques. Il est successivement allé à Vichy pendant trois ans, â Contrexéville, à

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