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I. Todd, Clinical Lectures, On gouiij Kidneij, p

2G6 TRAITÉ TlIÉORIOUE ET PRATIQUE DE LA GOUTTE.

La iiéplirite inlersliticllc goutteuse ne diffère pas des autres variétés de néplirite interstitielle. Elle s’annonce parlbis pendant de longues années par de la polyurie, surtout nocturne, s’accompagnant d’une tension artérielle exagérée avec hypertrophie du ventricule gauche. Ces troubles préalbuininuriques peuvent durer plus ou moins longtemps. L’urine est claire, de densité faible, 1000 à 1012; abondante, deux, trois litres dans les vingtquatre heures. Parfois il existe des palpitations, de l’essoufflement facile; ou peut observer le soir un léger œdème malléolaire. Ces symptômes sont parfois précédés d’une ou plusieurs crises néphrétiques ; mais il se peut aussi qu’aucun signe de gravelle n’ait été constaté.

Habituellement, la néphrite interstitielle se complique de poussées de néphrite parenchymateuse. L’urine, tout en restant claire et de faible densité, devient alors plus rare; en même temps l’albumine apparaît. La quantité d’albumine n’est jamais très considérable; elle peut cependant s’élever à 3 et i grammes par jour. Sous l’influence de cette poussée aiguë, de l’œdème peut se montrer aux paupières, à la face, aux extrémités ; en général il est peu prononcé. Dans la néphrite goutteuse, l’œdème se localise surtout aux pieds et aux membres inférieurs; il est essentiellement en rapport avec l’affaiblissement du cœur.

Dans quelques cas, on voit l’albumine apparaître dans l’urine au moment d’une attaque de goutte articulaire; elle disparait parfois, la crise calmée, ou bien elle persiste. Garrod avait noté cette albuminurie transitoire qu’il regardait comme l’indice d’une inflammation passagère du rein. Il nous paraît évident qu’en pareil cas, il s’agit d’une poussée de néphrite parenchymateuse, survenant à l’occasion de l’attaque de goutte sur un rein déjà atteint de néphrite interstitielle.

Les observations suivantes sont des exemples, la première d’albuminurie, apparaissant au moment d’une attaque articulaire, d’abord passagère, puis devenant permanente et s’accompagnant des autres signes du rein goutteux; les autres sont des cas de néphrite interstitielle compliquée de néphrite parenchymateuse.

Obs. XXXVIII. — Goutte articulaire. — Albuminurie d'abord passagère, puis permanente, rein goutteux.

B..., âgé de soixante-deux ans, grand-père goutteux. — Gros mangeur. — Première attaque dégoutté aux orteils, àl’àge de quarante ans, et par

LA GOUTTE DANS LES ORGANES

suite d’une fraclure. Pendant plusieurs années, pas d’attaque artieulaire. En 187:2, les crises reparaissent, et depuis lors, cha(iiie année, attaques moins violentes, mais plus longues. Depuis quelque temps les poignets et les coudes sont atteints. L’an dernier, les deux genoux out été le siège de l’attaque.

Pendant l’attaque de goutte de 1880, pour la première fois de l’albuiniue a été constatée dans l’urine. L’albuminurie disparut après la crise. Mais, depuis lors, elle a reparu d’une manière persistante, avec polyurie nocturne.

Le malade mourut d’urémie cérébrale en 1883.

Obs. XXXIX. — Goutte héréditaire et né'phrite.

X... Père mort du diabète à soixante-dix ans. Un de scs oncles goutteux. Attaque de goutte en 1877 dans l’orteil gauche. En 1880, à la suite d’une bronchite, nouvel accès au même orteil. En 1881, apparition des premiers symptômes d’une néphrite interstitielleavec polyurie et albuminurie.

Obs. XL. — Goutte articulaire ; rein goutteux; néphrite '

interstitielle et parenchymateuse.

M..., âgé de cinquante-cinq ans. — Goutteux depuis dix ans. Sa première attaque eut lieu au printemps et porta sur l’orteil gauche. Cette première attaque ne resta pas localisée à l’orteil. Elle envahit le genou droit, puis l’orteil droit.

Elle avait été précédée de vertiges, de Irouhles gastriques. Pendant quelques mois avant cette attaque, le malade ne pouvait sortir seul ni descendre un escalier.

Le printemps suivant, seconde attaque aussi violente que la première.

Le malade fut soumis à l’usage de la lithine et depuis lors il n’eut qu’une seule attaque insignifiante aux genoux ; jamais elle n’intéressa les coudes ni les mains.

Depuis lors plus d’accès vrai, mais douleurs vagues, passagères, cédant au repos.

En 1879 survient de l’essoufflement en montant les escaliers, une gêne respiratoire nécessitant de temps à autre de profondes inspirations.

L’examen de l’urine permet d’y constater de l’albumine à la dose de 3p'',50 à 4 grammes par jour.

La quantité d’urine rendue est de 1200 à 1550 cc. par jour.

L’urée de 15 à 20 grammes par jour. Oedème léger des extrémités.

Mort en 1880, avec de l’hémiplégie, en quarante-huit heures.

Les symptômes du rein goiiUeux peuvent persister plusieurs années sans porter une atteinte grave à la santé; tôt ou tard cependant ils finissent par dominer la scène morbide. Tantôt ce sont des phénomènes cardiaques qui apparaissent; les palpitations, l’essoufflement, la dyspnée, l’œdème des jambes, deviennent permanents;

2f)8 TRAITÉ THÉORIQUE ET PRATIQUE RE LA GOUTTE.

la maladie évolue et se termine comme une alTectiou mitrale; c’est le hjpe cardiaque du rein goutteux. Tantôt ce sont des symptômes irurémie aiguë ou chronique, gastrique ou cérébrale, qui se développent rapidement ou progressivement, et qui emportent le malade. Il est fort important d’avoir présentes à l’esprit ces éventualités d’urémie dans la goutte, quand on se trouve en face d’accidents gastriques ou cérébraux chez un goutteux. Nous aurons à revenir tout à l’heure sur les phénomènes de coma ou d’éclampsie goutteuse. Mais on peut dire, dès à présent que la plupart des exemples de goutte remontée au cerveau ou à l’estomac, publiés par les anciens auteurs, ne sont que des cas d’urémie nerveuse ou gaslro-intestinale méconnue.

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