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C. — Pyélite et hématurie

On il dit que la goutte était à l’estomac ce que le rhumatisme est au cœur. Cette phrase s’appliquerait plus exactement au rein, à notre avis. 11 est eu effet peu de goutteux qui ue présententàun moment donné quelque trouble du côté des fonctions urinaires. Outre la lithiase urique et l’albuminurie, on observe chez eux des inllammations des calices et des bassinets, des douleurs vagues rénales dues probablement à des congestions passagères, de l’bématurie.

Nous ne voulons pas décrire ici en détail les symptômes de la pyélite ou de la pyélo-néphrite goutteuse. Ils ne diffèrent pas de ceux de la pyélite ordinaire et nous pouvons renvoyer, pour ce sujet, à ce que nous eu avons dit dans notre livre sur les maladies des reins. La pyélite goutteuse est une complication de la gravelle; elle ne survient habituellement qu’après une série de coliques néphrétiques. Il est possible cependant de la voir se développer sans que cet épisode aigu se soit produit, la lithiase urique ne se traduisant que par la ricitesse de l’urine en acide urique ou par l’excrétion de sables. Des douleurs lombaires plus ou moins intenses, un mouvement fébrile irrégulier, la purulence des urines, sont les indices du développement de cette complication. La marche chronique de ce catarrhe des bassinets est parfois interrompue par des accidents aigus qui marquent une poussée inflammatoire plus vive : douleur violente dans un des reins; frissons intenses, vomissements. D’autres foiscesoid des hématuries plus ou moins abondantes. Ces accidents

LA GOUTTE DANS LES OUGANES

peuvent revêtir un aspect de gravité très alarmant et prendre le caractère de phénomènes urémiques, à prédominance gastro-intestinale ou cérébrale. Un cathétérisme mal fait, un refroidissement, l’arrêt d’un calcul dans un des uretères, sont les causes habituelles de ces accidents graves. L’observation suivante donne une idée assez complète de la marche et des accidents de la pyélite goutteuse.

Ous. XLI. — Goutte: diabète; coliques néphrétiques. — Pyélite.

Hématuries. — Poussées aiguës. — Phénomènes urémiques intermittents.

X..., âge de soi.xante ans. — Père goutteux. Premières manifeslafioiis goutteuses des pieds (orteils) vers l’âge de trente et un ans. Depuis plusieurs attaques toujours aux pieds.

A quarante ans, glycosurie (soif, faim, polyurie). Analyse : 30 à 35 grammes de sucre par litre (maximum). Cures à Carlsbad, disparition du sucre chaque fois. Hémoptysie pendant une de ces cures. Depuis dix ans, glycosurie intermittente ne dépassant jamais 6à 8 grammes.

Depuis dix ans, hématuries fréquentes à la suite de marches forcées, de promenades à cheval. — Urines noires comme de l’encre au dire du malade, sans douleurs rénales. H y a huit ans accidents néphrétiques (frissons, douleurs vives des reins, prostration).

Quinze jours après, mêmes phénomènes sans rejet de calculs. Puis amélioration, et depuis septembre 1874 jusqu’en 1876, état de santé satisfaisant.

A la fin de 1876, les urines commencent à être purulentes.

Janvier 1877. — Douteur dans l’orteil droit, impossibilité de se chausser et de marcher.

Mars 1877. — A la suite de fatigues, urines très purulentes, vives douleurs du rein gauche. Amaigrissement sensible, consultation de Ererichs.

Depuis lors, pyélite persistante se compliquant de temps en temps d’hématurie.

Avril 1877. — Accidents urémiques (dyspnée, vomissements), durée quelques semaines.

Mai 1878. Même état, douleur lombaire gauche, pas d’augmentation appréciable du volume du rein.

L’urine très acide contient beaucoup de pus, traces d’albumine, sucre 10 grammes par litre.

En avril, il y avait eu deux hématuries, l’une de deux jours, l’auti'e de douze jours (peu abondantes).

Etat général, meilleur qu’en 1877.

L amaigrissement n’a pas augmenté.

En 1879. — Accidents graves après un cathétérisme intempestif. Duree quinze jours à trois semaines.

Puis, les urines redeviennent acides et purulentes. Nous no voyons plus le malade pendant deux ans.

En juin 1882, nous le revoyons dans le même état.

l'endanl Thivcr, acciclcnls graves, caraclérisés par la diminution niomentanéedc l’émission des urines, dyspnée intense, délire pendant plusieurs jours. — Disparition des accidents à la suite de 1 émission d’urines très fortement purulentes contenant des gaz pendant quelques jours. — 11 semble qu’il y ait eu rétention de pus dans le bassinet; puisque, l’obstacle lové, le pus a pu s’écouler et les accidents ont disparu.

En juin, plus d’accidents de ce genre, douleur lombaire persistante, urines purulentes, pas de sucre. Forces revenues. Le malade reprend de l’embonpoint, assez bon appétit; tendance à la constipation.

Depuis les derniers accidents, plus d’attaque de goutte, mais quelques douleurs vagues dans les pieds et dans les mains. Peu de chose du côté de la poitrine, quelque peu de congestion pulmonaire là où il y a quelques années nous avions constaté des raies localises, qui nous avaient inquiété. Son médecin ordinaire me dit qu’il a constaté des poussées congestives soit au sommet des poumons, soit vers la partie moyenne survenant au moment des hématuries.

Aucune lésion cardiaque.

Lapyélilegoulteuse peut, dans certains cas, se compliquer d’hydronéphrose. On peut alors constater au niveau de l’un des bassinets une tumeur formée par la rétention du liquide urinaire et par l’obstacle qu’oppose à son passage dans l’uretère la présence d un calcul. Au bout de quelques jours de souffrances plus ou moins vives, et d’accidents parfois fort alarmants, on voit, dans quelques cas, cette tumeur s’affaisser et tous les symptômes alarmants céder à la sortie d’une urine boueuse. Dans d autres cas, les accidents persistent, la tumeur augmente et l’on est obligé d’avoir recours à l’intervention chirurgicale. Nous donnerons comme exemples de ces différents cas les observations suivantes.

Obs. XLII. — Lithiase rénale. — Pijélite avec iimeur intermittente.

X.,., cinquante ans, entrepreneur. Malade depuis neuf ans. Des cette époque douleurs vives dans le ventre, urines louches, fétides. Gravelle ; rejet de quelques graviers gros comme des lentilles. Symptômes de cystite occasionnée par des injections intempestives de nitrate d’argent. M. Guider consulté le met au régime lacté, capsules de santal et de térébenthine. Cessation graduelle de tous les accidents deux ans environ après le début. Toutefois crises intermittentes très pénibles qui surviennent à l’occasion de mouvements exagérés. Ces crises sont caractérisées par :

1» Un frisson; 2“ une douleur vive dans le flanc et le rem gauche; 3o des urines troubles et rougeâtres. Ces crises s’accompagnent de fievre, durent une journée; le malade se purge et retourne à ses occupations. Plus tard les crises sont plus douloureuses, mais ne s’accompagnent pas de frisson, ni de fièvre, elles se rapprochent de plus en plus.

LA GOUTTE DANS LES ORGANES

27 fli)jv7. — Crise très intense. Malade pâle, visage inondé de sueur, yeux hagards, ne répondant pas aux questions, il semble souffrir horriblement. Une injection de morphine et une potion opiacée calment ces accidents. Le côté reste longtemps endolori.

Le 19 mai, après un effort pour soulever un vase plein de terre, une douleur vive se manifeste dans le flanc gauche et croît graduellement. La douleur siège dans la fosse iliaque gauche et s’irradie vers le rein et vers le testicule de ce côté. Palpation douloureuse. On sent un empâtement très prononcé dans la partie supérieure de la fosse iliaque et le flanc, s’étendant en arrière, dans la moitié externe de la région lombaire. Toute cette région est mate à la percussion.

Pas de lièvre. Pouls 72.

Potion opiacée. Cataplasmes laudanisés.

Douleur vive dans la nuit, plus vive encore vers cinq heures du matin.

Wmai. — Malade plus souffrant, palpation plus douloureuse. Urines normales. Température 37°.

Le soir, douleur plus vive ejicore. Liniment chloroformé.

21 mai. — Six heures du matin. Frissons violents suivis de fièvre, état nauséeux, vomissements. Figure pâle, traits tirés, douleur très vive.

L’examen est presque impossible. Matité augmentée, -saillie très appréciable dans le flanc gauche, sensation de tumeur gazeuse (ton clair) entourée d’une zone de matité.

Pouls 96, température 4.0°, 4.

Traitement. — Sac de glace sur la tumeur, purgatif. Le soir, soulagement, selles très abondantes, félidés, pas de pus (au dire des gens de la maison).

Palpation moins douloureuse, affaissement de la masse qui est moins tendue, moins de nausées. Urines rougeâtres, troubles, un peu d albumine. Traitement : opium 0“'',05. Glace sur la tumeur.

22 mai. — Nuit meilleure, quelques vomissements, quelques selles fétides. Emission A' urine très trouble contenant du jnis en très grande abondance.

Douleur presque complètement disparue, la matité n’existe plus.

Tejnpérature 37°, pouls 72.

Sulfate de quinine, 0°%50. Capsules de térébenthine.

23 mai. Mieux accent'ué. Pas de fièvre. Urines très épaisses rendues avec difficulté. Pus en abondance.

A la palpation point douloureux profond dans la fosse iliaque gauche.

M. le Dr Labbé consulté pense à une pyélo-néphrite et propose une ponction qui est retardée; 29, 30, 31 même état, pas de fièvre, tumeur encore appréciable, urines très claires.

Frisson violenta onze heures du matin, douleur violente cans le côté gauche et un peu à droite. Faciès grippé, abdominal. l' lèvre. Injection de morphine.

Le soir a dix heures, pas d’urine depuis le matin.

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