Presque pas de dyspnée le soir
I" mars. — Six pastilles soufrées par jour.
3 mars. — 15 grammes d’eau-de-vie allemande.
Suppression du colcbi(jue.
4 mars. — Une bouteille d’eau de Vichy par jour ; prendre un ou deux verres avant les repas.
5 mars. — Exeat. Conservant toujours une certaine gêne de la res|)iration, mais moins considérable qu’au début, le malade reconnaissait lui-mômc une amélioration assez grande le soir.
Pas de nouvelles manifestations articulaires; le cœur présente toujours le dédoublement du second bruit; le foie conserve le même volume.
m TRAITÉ TIIÉORIOUE ET PRATIQUE DE UA GOUTTE.
*11 y a clans la cjueslion de l’angine de poitrine goiiUeuse deux points à étudier : un problème pathogénic[ue et un problème éliologicjue. La goutte peut-elle produire un accès d’angine de poitrine? D’antre part comment agit-elle pour le produire? Ces deux points sont évidemment distincts; s’il existe une angine goutteuse il n’y a pas lieu de supposer c|u’elle se développe par un auti'e mécanisme c[ue l’angine de poitrine des l’humatisants, des alcoolicjues, (les sypliiliti([ues, etc. Nous n’avons pas à examiner les nombreuses théories pathogénicjues de cette maladie. L’opinion de Jenner, c|ui le premier établit le rapport de l’angine de poitrine avec l’ossification des artères coronaires, nous paraît la plus acceptable. Adoptée par Parry, par Ogle, soutenue en France par G. Sée, cette théorie s’appliciue à tous les cas d’angine de poitrine vraie, de maladie d’Heberden proprement dite. Le rôle de la goutte est de déterminer l’artérite des artères coronaires nécessaire à la production des accès d’angine.
Fant-il admettre avec Trousseau, Murcbison et d’autres auteurs ([ue certains cas d’angine de poitrine ne sont liés à aucune lésion du cœur ou des gros vaisseaux et ne sont c|u’nne manifestation de la diathèse goutteuse ? Tl faut être très réservé dans l’explication des faits d’angor pectoris sans signes de lésion matérielle. L’existence d’une innammalion de l’aorte n’est pas toujours facile à reconnaître cliniquement; l’aortite limitée de la crosse peut fort bien rester latente, et on a même vu la lésion exactement circomscrite au niveau de l’origine des artères coronaires (Potain). On s’exposerait en pareil cas, en ne tenant compte que des signes fournis par l’auscnltation, ii admettre une angine de poitrine sine matériel, alors que la lésion existe en réalité.
11 est possible cependant que certaines manifestations douloureuses simulent plus ou moins complètement les accès d’angor pectoris ; on a signalé des faits de ce genre chez les hystériques, les névropathes. M. Huebard dans le remarquable mémoire qu’il a consacré taux angines de poitrine^, admet que les manifestations angineuses, chez les goutteux, affectent trois modalités différentes : la première due à l’ischémie du myocarde, conséquence de rathérome des coronaires ; la seconde due ii des troubles gastriques dont la fréquence n’est pas à démontrer dans la goiitle; la troisième d’origine purement nerveuse. « Les goutteux, dit-il, sont
1. H. lliichard, Des angines de poitrine, Revue de médecine, 1883.