‹ Traité théorique et pratique de la goutteChapitre 100 sur 226 · I.A GOUTTE HANS UES OBGANES · texte numérisé non relu

I.A GOUTTE HANS UES OBGANES

souvent des névropathes sujets à des névi’algies diverses qui peuvent affecter les nerfs du cœur. » Nous admettons volontiers ces distinctions, mais à condition que les deux dernières variétés iic soient considérées que comme des apparences d’angine de poitrine; car elles ne peuvent pas plus être assimilées à l’angor pectoris vrai que la névralgie lombo-abdominale ne peut être assimilée à la colique néphrétique. Il h’y a là qu’une question de diagnostic différentiel, et c’est créer une con fusion regrettable que de ranger toutes les douleurs précordiales sous le nom d’angine de poitrine. Pour nous la maladie d’Heberden, chez les goutteux, est toujours due à une artérite goutteuse des coronaires.

\oici une observation d’angine de poitrine goutteuse terminée par mort subite.

Obs. LVIIi. — Goutte articulaire. — Insuffisance aortique, — Angine de poitrine. — Mort subite.

■\..., tàgé de soixante ans. Gros mangeur, dyspepsie flatulente. Attaques multiples de goutte. En 187.i, deux attaques au pied droit, et une au pied gauche qui dura cinq semaines. Cure à Carsibad en 1875. Eu 1876, attaque à la suite d’une chute. A dater de 1877, plusieurs accès d’angine de poitrine avec oppression, angoisse précordiale et irradiation donloureuse dans l’épaule gauche.

^ En 1878, accès de goutte qui débute le 21 septembre. C’est à l’occasion de cette attaque que nous vîmes le malade peu de temps avant sa mort. Nous constatâmes alors un reste de pleurésie à gauche, avec quelques râles sous-crépitants de congestion pulmonaire aux deux bases ; un cœur très volumineux, â pulsations énergiques, et un fort bruit de souffle diastolique au niveau de l’orilice aortique.

Le malade mourut brusquement dans la nuit du 11 octobre. La veille, il s était plaint de démangeaisons, et on avait constaté une éruption d’urticaire.

^)- Cœur graisseux. — La fréquence de la dégénérescence et de la surcharge graisseuse de cœur dans la goutte a été indiquée par la plupart des auteurs anglais; mais il s’agit surtout là de constatations anatomiques. Il n’est pas aisé de déterminer sur le vivant 1 existence de cette altération du cœur. Sans doute, chaque fois qu on notera, chez un goutteux avancé en âge, un affaiblissement des battements de cœur coïncidant avec de l’oppression et de 1 œdème des jambes, sans qu’un bruit de souffle à l’un des orifices vienne rendre compte de ces phénomènes, on sera naturellement poi té à admettre une dégénérescence graisseuse du myocarde. Mais

m TUAITÉ TllÉOniQUE ET I'|{ATIQIJE DE LA GOUTTE.

ce cliagnoslic esl-il toujours légitime en pareil cas, et ces quelques signes suffisent-ils pour affirmer, sans crainte d’erreur, une aussi grave complication?

Évidemment non; mais il faut bien reconnaître que, si certains signes plus précis ont été donnés par quelques auteurs, très souvent ces signes manquent complètement. Qu’il s’agisse en effet de cœur gras alcoolique ou de cœur gras goutteux, la symptomatologie est incomplète et un peu vague. Voici les caractères à l’aide desquels le professeur Hardy pense qu’on peut arriver au diagnostic de cette lésion :

La mollesse et surtout la lenteur du pouls;

La faiblesse des mouvements et des bruits de cœur;

L’affaiblissement ou la disparition du premier bruit;

L’ensemble des symptômes ordinaires des affections organiques du cœur existant sans les bruits anormaux dus aux lésions d’orifice;

Les signes physiques et les symptômes de l’atliérome artériel;

La coïncidence des caractères appartenant cà la goutte ou à l’alcoolisme.

Ces signes appartiennent malheureusement à tous les cas de débilitation cardiaque quelle qu’en soit la cause. Les trois symptômes indiqués par Stokes offrent plus de valeur; mais ils sont aussi plus rares et ne s’observent probablement que dans les casdedégél'escence très avancée. Ce sont :

r Les attaques pseudo-apoplectiformes;

2“ Le pouls lent permanent;

3“ La respiration, dite de Clieyne-Stokes.

Quand ces trois signes sont réunis, quand les deux premiers coexistent chez un goutteux, quand on constate en même temps un affaiblissement des pulsations et des bruits du cœur, on peut affirmer presque à coup sûr la stéatose du cœur.

Ce qui reste hors de conteste, c’est qu’une de ces attaques pseudo-apoplectiques peut amener brusquement la mort avec les symptômes de ce qu’on a appelé la goutte remontée au cerveau, c’est que, d’autre part, une crise de suffocation chez un goutteux dont le cœur est atteint de dégénérescence graisseuse peut se terminer par une syncope mortelle, soit que la stéatose soit suffisamment généralisée pour provoquer l’arrêt du cœur par elle-

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