JOAD
Quelle Jérusalem nouvelle Sort du fond du désert, brillante de clartés. Et porte sur le front une maniue immortelle?
Peuples (le la terre, chantez.
Jérusalem n nait plus cliarniafite et plus belle.
D'où lui \ieiiiient de tons côtés Ces enfanis qu'en son sein elle n'a point portés? Lève, Jérusalem, lève la tél<! alliere; Re};arde tous ces n.is de ta {ilolie éloTnés; Les rois des nations, devant loi prosternés,
De le> pieds l)ai>ent la |)iiusNiere.
Les peuples à l'envi marchent à la lumière- Heureux qui pour Sion , d'une suinte lérveur,
Seiillra son anie embrasée !
Geux , répandez votre rosée.
Et que la terre £iilante sou Sauveur !
(r.ACi?;E, Athaiie.)
D'abord le langage est grave, le rhytlime se traîne, le vers est pénible, c'est le signe dune douleur profonde et concentrée. Peu à peu ce sentiment devient plus animé; il se mêle à la douleur une sorte d'effroi , el bientôt un mouvement d'espérance. Le poëte, enfin, devient comme un dieu; alors toutes ses pensées s'échappent violemrnent de son cœur: son langage est prompt, enflammé; le rbythme est coupé, le vers s'élance dans les cieux ; et lorsque le prophète a pénétré dans l'avenir, lorsqu'il l'a contemplé comme s'il était présent, alors levers se repoiîe, la poésie devient calme, lerhythme est gracieux et divin; il annonce le triomphe et le bonheur.
1 2. Le langage mesuré se modifie à l'infini pour exprimer les diverses émotions de l'âme , la pitié, la colère , la menace, la douleur, la joie, et les transports de tout genre; il imite les objets de la nature, la beauté, la magnificence , le désordre, la ruine, le fracas des rochers qui tombent, les ondes qui mugissent, les vents qui sifflent, les forets qui tremblent, les guerriers qui combattent, la course rapide d'une Amazone , et la parole tonnante de Jupiter.
( F oyez \" vol. , p 6S-74, et à la lin du 2« , n" 4, l'ode de Racine le fils sur l'Harmonie. Les plus grands poètes y sont caractérisés par l'imilaîionou la citation dequelques-uns de leurs vers; ces \erssont imprimés en caractères italiques.)
J 3. Le vers a de plus sur la prose l'avantage d'une marche moins uniforme , au milieu de la diversité des genres. La prose peut bien varier les styles; mais là s'arrête sa puissance. La versification possède encore cette heureuse
liberté do varier la longueur du rhythrae, pour l'approprier au sujet. Homère et Virgile, dans un rhythme solennel, chantent majestueusement une entreprise héroïque ; c'est sur uu mode plus vif et plus rapide que Pindare, dans son sublime enthousiasme, célèbre les dieux et les héros, la victoire, le malheur et la sainteté de la vertu. Enfin, le poëte saura toujours choisir à propos le seul mètre légitime, et la double harmonie du rliythme et du st>le viendra se mêler à la voix de son génie. Àlais il faut se souvenir qu'une si riche variété de formes n'est destinée qu'à rendre cette voix plus forte et plus éclatante. Il faut donc toujours distinguer le génie poétique de la brillante enveloppe qui le couvre. Selon le sujet, il y a plusieurs formes, plusieurs styles de versification; il n'y a Jamais qu'une poésie.
14. On distingue plusieurs genres de poésie : 1" les grands genres , tels que le genre lijr'uiup. , le genre épique , le genre dramatique et le geiu-e didactique; T les genres secondaires, tels que le genre pastoral, le ^tme éiégiaque, et le genre léger ou des poésies fugitives.
§ 2. — Delà Langue et des Beautés poétiques.
I. Qu'entend-on proprement par lanjpiepoétiçi'ie? — î. Combien y a-t-ll de sortM de beautés dans la poésie? — s. En quoi ronsistent les beautés d'expression? — 4. Quelle est la première source du beau dans la poésie?