‹ Traité théorique et pratique de littérature (volume 2)Chapitre 46 sur 79 · ô'. — K. lî · texte numérisé non relu

ô'. — K. lî

'EXev 5' Oivoiiàou pîav TtopÔévov TE «rûvevtvov TEXE Se XayÉTOç êÇ àpETaÏCTt (jLEfjiaXÔTa; vloûç.

Kùv ô' èv al|j.axoyp(ai(; àyXaaïCTi ^£(j.ixxat , 'AXçEoû Ttopw xXiOeIç , TÛjJLêoV à[Aot7toXov Ij^wv TtoXuçEvcùxâTco 7tapà p{o|iw. Tô ôè xXÉoç TKjXoÔEV ôéûOpXE , xàv '0- Xu[j.nidâ(i>v Èv 6pô|A.ot;, DeXotto; , îva xa.yylàç noSwv EptÇExai àx|iaî t' la-/yo: ôpacijTïOvoi.

'O vixwv Se, Xoi7:6v à[i.çl pîoTOv ÊXei [wXiTÔEacav EOôîav,

'A. S', — K. tC.

iÉeXtûv Y* IvEXEv Tô ô' àel TcapâfjiEpov âaXôv, ÛTtaxov Ep'/Exai Ttâv- Ti ppoxô). 'E|j.£ ôè ffXEçavwffoi.

XEÏVOV iTCTTlXCj) vÔ|X(])

AîoXr,{Si (aoXti^

XpiQ- IlÈîtoiôa Se ÇÉvov

[L-fi t;v' à|i.çôx£pa

xaXûv xe îôptv dXXov, fi fiw-

vapv xup'.idxepov ,

192 TRAITE DE LITTEBATUBE.

Twv ye vùv, xXuTaïtn 8aiSa-

©eàç , êitfTpoTtoç èto)v , Teaïo-t (x^Serai , ëxwv TOÙTO xfjôo; , 'lépwv, jxeptfivatatv. El ôà u.i^ tayy Xtitoi » ÊTi YXuxuTÉpav xèv eXj:o(x.at

'E. ô'. K. ly'.

oùv âp[xaTt 8o«^ xXet$£tv,

èTCtxoupov eûpùv

ô8èv Xoywv, uap' eùSeieXov èXOwv

xpôvtov. 'E|i.ol (i£v tbv Moïffa xapTepw-

Taxov (îéXo; àXxà xpÉçei. 'Eu' àXXoi-

ot ô' àXÀot ttevàXoi- 8à loyo^zo^ xopu-

epoOtai padtXEÙffi. MïixéTt

TtàiïTaive uôpatov.

Eîr) es Te toùtov

Ck^oO xpôvov TtaxeTv, èjié

TE tocctocSe vixaçôpoiç

6[xiXeïv, TtpôçavTov aoçta xa6' 'EX-

Xava; èôvta Ttavxâ.

K fllERON , ROI DE SYRACUSE , VAINQUEUR A LA COURSE ÉQUESTRE.

L'eau l'emporte sur tous les éléments, et l'or est entre les superbes richesses ce qu'un feu brillant est parmi les ombres de la nuit. Mais, ô mon esprit! si tu veux chanter des combats, ne va point en plein jour chercher dans les vastes déserts du ciel un astre plus lumineux que le soleil, et ne crois pas que pour sujet de nos vers, nous puissions choisir (les jeux plus illustres que ceux d'Ôlympie. Ce sont ces jeux qui fournissent aux sages qu'inspirent les Muses une ample matière cle cantiques célèbres; ce sont eux qui leur dénouent la langue pour entonner les louanges du lils de Saturne , et qui leur ouvrent l'entrée du riche et magnilique palais d'Hiéron. Ce prince, qui gouverne avec équité les peuples de l'opulente Sicile, a cueilli la plus pure fleur de toutes les vertus; i) se fait un noble plaisir de ce que la poésie et la musique ont de plus exquis; il aime les airs méloaieux , tels que nous avons coutume d'eu jouer à la table des personnes qui nous sont chères. Courage donc, prends la lyre, et si tu te sens animé d'un beau feu en faveur de Pise et de Phérénice, s'ils ont fait naitre en toi les plus doux transports, lorsque ce généreux coursier, sans être piqué de l'éperon, volait sur les bords de l'Alphéeet portait son maître au sein de la victoire, chante le roi de Syracuse, l'ornement de nos courses é(]uestres. La gloire qu'il s'y est acquise répand ses rayons par toute la colonie de Pélops, colonie féconde en grands hommes. Le héros qui la fonda était venu di^ Lydie, il fut aimé du dieu puissant dont l'humide empire embrasse la terre, après que la Parque l'eut relire du vase funeste ,et 1 eutrendu à la vie resplendissant d'une épaule d'ivoire.

Certes, on publie bieii des sortes de merveilles, et 11 arrive presque toujours qu'un agréable tissu de mensonges fait plus d'impression sur l'esprit que la vérité. La poésie, qui répand sur tout ce quelle touche des charmes dont les hommes ne peuvent se défendre, accrédite souvent !e faux et donae un au- de vraisemblance à ce qu'il y a déplus incroyable ;

mais le temps est un témoin éclairé, qui tôt ou tard déposa en faveur du vrai. Q\le si un mortel ose parler des dieux , sa langue ne doit rien se permetire qui ne tourne à leur gloire. La faute en est moins grande

Fils de Tantale, je ne dirai point de vous ce qu'en ont dit ceux qui m'ont précédé dans la carrière poétinnp; au contraire, je publierai que, lorsque votre père, admis à la table des dieux , les reçut a son tour dans son aimable séjour de Sipyle, et leur rendit un repus ou tout se passa selon les règles de la plus exacte bienséance; le dieu qui porte le tonnerre, épris de vos belles quiditcs, vous enleva sur un char brillante! vous transporta dans le ciel pour leniraupres de lui la place deGanyméde. Lorsque vous eûtes disparu, et que les hommes C(jmmis pour vous chercher ne purent, après beaucoup de soins, vous ramen(r a \olre niere, alors quelque prince voisin, envieux de votre gloire, répandit sourdeaaentle bruit qu'avec un 1er Iranchanton vous avuil coupé par morceaux , qu'on avait jeté dans une eau bouillante vos membres sanglants, etque, sur la lin d'un repas, ils avaient servi de nourriture a la troupe *wleste.

C'est à mon sens le comble de l'ansurdité, d'accuser d'intempérance quelques-uns des immortels; loin de moi une telle pensée; il est rare que les blasphémateurs se trouvent bien de leurs blasphèmes. Ce qu'il y a de certain, c'est que, si les immortels ont jamais comble d'honneurs un homme mortel, ce fut Tantale; mais il ne put soutenir le poids de son bonheur, il s'attira par son insolence une épouvatitable disgrâce : Jupiter lui suspendit sur la tète un roc énorme dont il tache continuellement d'éluder la chute, sans pouvoir parvenir jamais a goûter le plus léger repos. 11 tut précipité dans ces maux pour avoir dérobé le nectar "• l'amhrosie , auxquels les dieux ont attaché l'immortalité, et pour en avoir fait part aux hommes ses convives. Ou se trompe, si l'on espère cacher quelqu'une deses actions aux yeux de Dieu. Le crime du père lut fatal au lils ; les dieux renvoyèrent Pelops sur la terre, et l'assujetUrent de nouveau a la courte durée de la vie des hommes.

Lorsqu'il eut atteint la (leur de l'âge, et qu'un tendreduvet commença à lui ombrager le menton, il tourna ses vues vers l'hymen que lui préparaient les destins et forma le projet de ravir au roi du Pise son illustre lille, Hippodamie. 11 s'avançadonc sur le bord de la mer, et seul, pendant la nuit, il invoqua le bruyant arbitre des (lots. INeplune seprésenfea lui : Grand dieu, lui dit Pélops, si vous nèles pas insensible, encha-nez la lame meurtrière d'OEnomaùs , transportez-moi en Elide sur le plus léger de vos chars, et assurez-moi la victoire. Ce père cruel a déjà fait périr treize prétendants de sa tille dont il dilfere toujours l'hymen ; mais les grands dangers sont pour les grands courages. Puisqu'il fait nécessairement mourir, pourquoi, privé de gloire et de tout agrément, traîner dans les ténèbres une vieillesse languissante et inutile? C'en est fait, je tenterai le sort du combat; c'est a vous, dieu puissant, à me donuer un heureux succès. Il dit, et sa prière ne fut pas sans effet. Neptune, prejj£iiil soin de la gloire du héros, lui lit présent d'un char magnitique où fe)r élincelait <le toutes paris, et qui était attelé de coursiers d'une in- Eitigahle légèreté. Péiops vainquit OEnom.ius et épousa la princesse; elle lui donna six enfants qui co rimanderent a des nalions, et que les Vertus elles-mêmes prirent soin de former. Et maintenant , honore par de pompeux sacrillces, il repose sur les bords de l'Ai phee , dans un tombeau toujours environné de spcclaleiirs. De la on voit briller au loin la gloire des jeux Olympiques, dans cetk; même carrière ou Pélops courut autrefois. C'est la ()ue les athlètes intrépides disputent le prix de la force el de l'agilité; mais il n'eu est aucun qui vous surpasse, Hiéron. De tous les princes qui vivent maintenant et qui m'honorent de leur bienveillance, jamais, par un beau lissu de louanges, je ne pourrais en célébrer aucun qui porte plus loin (jue v'>'is le mérite, les belles connaissances el l'autorité souveraine. Un dieu veille sur vous , Hierci , comme il veillait sur Pélops; un dieu s'applique sans cesse à faire réussir vos entreprises. S'il continue à verser sur vous ses bienfaits, j'espère que bientôt le tirerai de ma lyre des sons encore plus touchants. Ma muse, pour Voccasion éclatante d'un nouveau triomphe , me prépare les traits les

TRAITÉ HE l.ITTÉU. — POÉTIQUE. 9

f)Ius forts. Les hommes sont grands en différentes façons ; mais c'est dani a personne des rois que se trouve le comble de toutes les grandeurs. N'étendc'Z pas vos vues plus loin; puissiez - vous, Hiéron , vous soutenir iiiujours dans le haut point d'élévation ou vous êtes , ei moi , puissé-je louJDUis passer ma vie avec les vainqueurs qui vous ressemblent, et par la beauté de mes ouvrages me distinguer, comme vous, parmi tous les Grecs.

No 6 (p. 35.)

Page 1