CHAPITRE PREMIER
É LOQUETS CE DE LA. TKÏBUNE OU ÉLOQUENCE POLITIQUE ÉLOQUENCE PABLEMEN TAIRE.
(Nous considérerons l'éloquence de la tribune sous les trois rapports : de la morale , de la rhétorique et de Timpiovisation. )
§ 1*''. — De r Éloquence politique ou parlementairb considérée sous le rapport moral.
\. Quelle idée doit-on s<; faire de la tribune et de l'éloquence politique ?— 2. Que devient léloquenee qu.md elle change son objet ? —3. Les troubles poliHques sont-ils jilns favorables que défavorables à l'éloquence ? — 4. Quelles sont les eirconstances qui paraissent le plus favorables a l'éloquence dans un réLii^ne de ' liberté? — s. Quelles sont les conditions nécessaires à la grande éloquence politique ?
1. La tribune est, comme Ta dit M. Berryer, le champ de bataille des intelligences. Il n'y en a point de plus grand ni depius noble. \J éloquence politique (dw parlementaire comprend, en effet, les discours que les hommes appelés à gouverner l'État prononcent sur les affaires publiques. C'est celle dont l'influence paraît la plus importante et la plus glorieuse. On la voit dominer les grandes assemblées, présider aux délibérations du peuple, éclairer les conseils du sénat ; elle règle les finances ; elle fait la paix et la guerre, elle décide du sort des nations, elle juge les empires, c'est elle qui fait les lois et qui proclame les doctrines sur lesquelles s'affermissent les sociétés humaines. Elle tonne contre les lâches qui trafiquent du sang et de la misère des hommes ; elle défend la patrie, elle venge Thumanité. Mais cette éloquence, par un triste privilège, a le pouvoir de détruire les choses qu'elle vient d'élever. Elle brise et consacre la tyrannie ; elle fonde des cités et disperse des empires; elle éclaire les penpies et corrompt les sociétés. Don bienfaiteur et tléau terrible de la Divinité , elle se jcue des vérités et des mensonges ; elle tonne contre les impiétés de la terre, elle fait voler en éclats les autels sacrés : faire le bien , tel est son objet; faire le mal , tel est souvent son effet.