LIEUX COMMUNS. - COMPARAISON DU MOINS AU PLUS
Bourdaloue (dans son Carême) veut faire sentir combien est déraisonnable et inconséquent l'incrédule qui nie la Providence :
Il croit qu'un État ne peut être bien gouverné que par la sagesse et le conseil d'un prince. Il croit qu'une maison ne peut subsister sans la vigilance et l'économie d'un père de famille. Il croit qu'un vaisseau ne peut être bien conduit sans l'attention et l'habileté d'un pilote. Et quand il voit ce vaisseau voguer en pleine mer, cette famille bien réalée , ce royaume dans l'ordre et dans la paix , il conclut sans hésister qu'il v a un esprit , une intelligence qui y préside. Mais il prétend raisonner tout autrement à l'égard du monde entier; et il veut que , sans Providence, sans prudence, sans intelligence, par un effet du hasard, ce grand et vaste univers se maintienne dans l'ordre merveilleux où nous le vojons. N'est-ce pas aller contre ses propres lumières , et contredire sa raison?
Cette comparaison contient une preuve évidente et victorieuse.
No 3 (p. 15).