S* MOTIF
Non jam tibi pectora pubii Sidoniae fodienda manu , tutanlia regem.
Hoc jugulo dextram explora ; namque hsec tibi ferrtun. Si Pœnum iiivasisse paras; per viscera lerruni Nostra est diicenduni. 'l'arcjam ne sperne senectam; Opponani membra , alqne ens^m extorquere ne;i;atuin Morte meà eripiam.
Silius termine ainsi :
EacrymfE tuDO ore proftH»
Et maenA Superûm cura serval'us in arma Scipiaott Pœnus; nec tantum l'ala d«d«rttnt
extern;, peragi dextrà.
Nous laissons aux maîtres le soin de faire comparer , par leurs élèves, le déclcimateur avec le grand écrivain.
MODÈLE DE RÉFUTATIOIS.
Prenons dans ce même discours un autre endroit où la logique de Démosthènes avait beaucoup plus à faire : c'était réellement le point délicat de la cause, celui où elle se présentait sous un aspect vraiment douloureux. Démosthènes, qui , sans magistrature légale , était en effet le premier magistrat d'Athènes , et même des républiques alliées, puisqu'il gouvernait tout par ses conseils et animait tout par son éloquence , avait seul fait décréter la guerre contre Philippe, et la guerre avait été malheureuse. On savait bien qu'il n'y avait pas de sa faute; mais enfin le malheur, qui aigrit lés hommes, ne les rend-il pas injustes? le ressentiment n'est-il pas quelquefois aveugle? n'est-on pas trop naturellement porté à s'en prendre à celui qui est la cause innocente ou non de nos infortunes? et supposé qu'on lui pardonne, n'est-ce pas du moins tout ce qu'on peut faire? est-on bien disposé d'ailleurs a le récompenser et à l'honorer? C'était là l'espérance d'Eschine et le fort de son accusation , le mobile de toutis ses attaques. Il paraît même qu'il n'avait osé hasarder tant de mensonges et de calomnies que dans la persuasion où il était qu'il accablerait Démosthènes du poids des désastres publics , de manière qu'il ne pût s'en relever; et c'est dans ce sens que la harangue pour la Couronne est d'autant plus admirée, qu'il y avait plus de difficultés à vaincre. Tous les événements étaient contre l'orateur: l'essentiel était de se sauver par l'intention , ce qui n'offrait pas une matière aussi facile que celle d'Eschine. Celui-ci avait a sa disposition tous ces lieux communs qui sont si puissants dans l'éloquence, quand l'application en est sous nos yeux, le sanii des citoyens répandus, la dévastation *^es campagnes, la ruine des villes, le deuil des familles, et tant d'objets déplorables qu'il étale et développe avec tout ce que l'art a de plus insidieux , tout ce que I indignation a de phis amer, tout ce que la haine a de plus perfide. Ne nous arrêtons point au raisonnement oratoire. Distinguer l'intention du
fait était bien facile , mais ne suffisait pas à iji:' ucoiip près, il fallait tellement la séparer de l'événement, la caractériser par des traits si frappants et si nobles , qub Démostbènes et les Athéniens parussent encore grands quand tout avait tourné contre eux. Démosthènes prend un parti dont la seule conception prouve la force de sa tête et les ressources de son génie. II nie formellement qu'il ait été vaincu ; il affirme qu'il a été vainqueur, qu'il a réellement triomphé de Philippe, et, ce qui est plus fort, il le prouve. Écoutons-le s'adresser à Eschine ;
OO To{ vyv oOoè nr,v ritTov aù-ry (d Taûtr, Ya'jpià; , £9' -q (7t£v£'.v ce , w xatâpaTô , TTpoçrjxEv) èv oOosvi tc5v :iap' èijloI ■^lyQwXot.''^ eupr.TSTs ttj 7t6- À£',. OuTcofflûè XoyîtiôcrOs- o'jÔa;j,oO ttcotcots, otzoi T.r.tcovjxr^;, è^ôTréaçOyiv Oç' 'jfJLwv syà) , rirrr,6£i: àTTVjÀOov xwv Tiapà <î>rA{7r7i:oy Trpiaêswv, oùx sx 0£TTaXîaq , oOx e^ 'A(xêpaxca; , oùx él 'lÙupicôv, où Tiapà tc5v Ôpaxôiv PaaiÀÉcov, oùx ex Bui^avxiou , oùx àXXoÔev oùôajj.66ev, où Ta TeXEutaïa TTpwrjv £x 0r,o(ôv • àXX' èv olç xpa'nQ6cÏ£v ol Tzç>éaêz.i<; aùxoù xto X6ya> , xaùxa Tot: ôtcXoiç è-tà)v xarscrTpéçeTO. Taux' oùv àTra'.XEÏ; Trap' £[ioO , xai oùx aiax'jvr; xôv aùxôv sic, xe [xaXaxiav cxcÔTmov, xal xr,; <ï>iXi(r7ro"j Suvà- (X£a); à^ttôv, £va ovxa, xpeîxxco yevécrôa'. , xat xaùxa xoT: Xôyoïç; Ttvoç yap àXXou xùpio; iQv èyo) ; où yàp xr;; ye ixâ^xo-j ^I/'J/J/? » ^^^^^ "^^i? '^'^X^; xc5v Trapa-Daçaaivtov, oùoè xr;ç (jxpaxy,yioc<; , rfi i[i.t àTraixEÏ; EÙ6ùva; • o'jxa> axa'.ôc el. \\XXa [xr,v, d)v y' àv 6 prixtjop Ù7:£Ù6'jvoç eïy) , Trào^av È^Éxaciv /dfxêave- où Tcapa'.xoOfjiai. Tîva oùv iaxi xaùxa; loeX^^ xà Tcpâyjxaxa àp- XÔfXEva , xai TupoatdOÉiTOai, xài TrposiTreTv xoïç àXXoiç • xaùxa TtÉTtpaxxai ao'. ' xa'. £xi xa; éxaoray^où ppaôuxy;xa? , oxvouç , àyvoîaç , cp'.Xov£ix{aç , à TToXixixà xaï; TroXôcri 7îp6ç£(rrtv à-âaai? xal àvayxata à[J.apxr|(jLaxa , xaùxa (b; etç iXà/iatov cucrxsîXai xal xoùvavxlov ôlç 6[JL6votav xal çiXiav, xal xoù xà Ô£ovxa rroieiv opfJLr-v Trpoxpévlai • xal xaùxd [ioi Tîâvxa 7:£7:otrixai , xal oùoeIç \it,-otz àvôpco^tov £Ùpot xo xax' epi ouoàv èXX.E'.çÔÉv. Eî xotvjv xt; ovxivoùv Ipoixo , xi-Ti xà TiXeicxa <i>tXmr7C0; , u)V xax£7rpa^£ , Stipxr.aaxo, îràvreç av eItcoiev, xû orpaxoTïéoq) , xal xtô ôtoôvat , xal xù 6iaç6£ip£iv xoù; èul xcov 7rpay(JLàx(ov. Oùxoùv, xôiv (Jièv ouvaixitov oùx£ xùpio: oùé' -/iy£[xcbv -^v éyco ■ "lîrxE oùoè 6 Xôyoç xwv xaxà xaùxa TrpayÔÉvrtov Tipô: £[xé. Kal (jlyiv, tù> ye [Ar, O'.acpôapyivai /pr^aa^i , x£xpâxT,xa <i>iXÎT:îrou' wçTTcp yàp ô 03voù[X£voç v£vîxr,x£ xôv Xaêôvxa , iàv TCpirixai , oùxwç ô (JiVi Xaê(i)v (xrjSè Siaçôapel; , vevixrjxs xôv ti>voù(jL£vov • ôiçx£ àyixxr,xoç t?i TtoXiç ■m xax' è(X£.
No 21 (p. 94).