EXTRAITE DE LA HARPE, THOMAS ET AUTRES
Quelle source un pareil sujet ouvrait à l'éloquence ! quel fracas d'événements sinistres à peindre! Une révolution désastreuse à retracer ; de grandes scènes d'infortune à déployer ; un roi puissant précipité du trône dans les fers, et traîné des fers à l'échafaud; une reine illustre par ses vertus et par son courage , contrainte de fuir , à travers les mers et les orages, le ressentiment injuste de ses sujets : quelle matière pour le génie de Bossuet , et pour l'instruction des peuples et des rois ! Mais aussi quel parti il sait en
tirer dans cet exorde majestueux qui contient le sujet tout entier !
L'orateun prend pour son texte ce passage du roi-prophète: Et nunCy reges, intelligite : erudimini, qui judU catis terram.
qui seul
Celui qui règne dans les deux , et de qui relèvent tous les empires , à li seul appartient la gloire, la majesté, l'indépendance, est aussi le ul qui se glorilie de faire la loi aux rois , et de leur donner, quand il lui plait , de grandes et terribles leçons. Soit qu'il élève les trônes , soit qu'il les abaisse , soil qu'il communique sa puissance aux princes , soit qu'il la relire à lui-même et ne leur laisse que leur propre faiblesse , il leur apprend leurs devoirs d'une manière sublime et digne de lui. Car, en leur donnant sa puissance, il leur commande d'en user, comme il fait lui-même, pour le bien du monde; et il leur fait voir, en la retirant, que toute leur majesté est empruntée, et que, pour être assis sur le trône, ils n'en sont pas moins sous sa main et sous son autorité suprême. C'est ainsi qu'il instruit les princes, non-seulement ijar des discours et des paroles , mais encore par dos effets et par des exemples. Et mmc , reges, iutellif/ite; erudimini , qui judicatis terram.
Chrétiens, que la mémoire d'une grande reine, lille, femme, mère de tant de rois si puissants, et souveraine de trois royaumes, appelle de tous côtés à cette triste cérémonie, ce discours vous fera paraître un de ces exemples redoutables qui étalent aux yeux du monde sa vanité tout entière. Vous verrez dans une seule vie toutes les extrémités des choses humaines : la félicité sans bornes , aussi bien que les misères ; une longue et pénible jouissance d'une des plus nobles couronnes de l'univers ; tout ce que peuvent donner de plus glorieux la puissance et la grandeur, accumulé sur une tète qui ensuite est exposée à tous les outrages de la fortune; la bonne cause d'abord suivie de bons succès, et, depuis, des retours soudains, des changements inouïs j la rébellion longtemps retenue, à la fin tout à fait maîtresse ; nul frein a la licence ; les lois abolies ; la majesté violée par des attentats jusqu'alors inconnus; l'usurpation et la tyrannie sous le nom de liberté; une reine fugitive qui ne trouve aucune retraite dans trois royaumes, et à qui sa propre patrie n'est plus qu'un triste lieu d'exil ; neuf voyages sur mer entrepris par une princesse, malgré les tempèfes; l'Océan étonné de se voir traversé tant de fois en des appareils si divers et pour des causes si différentes; un trône indignement renversé et miraculeusement rétabli. Voilà les enseignements que Dieu donne aux rois; ainsi fait-il voir au monde le néant de ses pompes et de ses grandeurs. Et si les paroles nous manquent, si les expressions ne répondent pas à un sujet si vaste et si relevé, les choses parleront assez d'elles-mêmes. Le cœur d'une grande reine , autrefois élevé par une si longue suite de prospérités , et puis plongé tout à coup dans un abîme d'amertumes , parlera assez haut; et s'il n'est pas permis aux particuliers de faire des leçons aux princes sur des événements si étran ges, un roi me prêle ses paroles pour leur dire : Entendez , 6 grands de la terre! instruisez-vous, arbitres du monde!
Que cet exorde est majestueux , sombre et religieux ! comme il transporte tout de suite l'auditeur au milieu du sujet ! Pas un mot qui ne porte , pas un qui ne soit une image ou une idée, un tableau ou une leçon ; et, au milieu de cet assemblage si imposant , la grande idée de Dieu qui domine tout. L'orateur commence l'éloge de la reine par rappeler son illustre origine, puis il continue:
310 TR-t.ITE DE LITTÉRATURE.
Elle eut une magnilicence royale, et l'on eût dit qu'elle perdait ce qu'elle ne donnait pas. Ses autres vertus n'ont pas été moins admirables. Fidèle dépositaii'e des plaintes et des secrets , elle disait que les princes doivent garder le même silence que les confesseurs, et avoir la m'ème discrétion. Dans la fureur des guerres civiles, jamais l'on n'a douté de sa parole ni désespéré de sa clémence. Quelle autre a mieux pratiqué cet art obligeant qui fait qu'on se rabaisse sans se dégrader, et qui accorde si heureusement îa liberté avec le respect? Douce, familière, agréable, autant que ferme et vigoureuse, elle savait persuader et convaincre aussi bien que commander, et faire valoir la raison non moins que l'autorité. Vous verrez avec quelle prudence elle traitait les aflaires ; et une main si habile eût sauvé l'État , si i'État eut pu être sauvé.
Ce passage est digne de la précision énergique de Tacite et de Salluste. Le dernier trait rappelle un vers de Virgile :
Si Pergama dextrâ
Defendi passent, etiam hûc defensa fiiissent. (yÊ"«., I.II. )
Voyons le tableau que Bossuet va tracer des persécutions des catholiques anglais. Avec quelle noblesse il exprime tout ce qui est relatif à la religion , même ce qu'un usage journalier a rendu vulgaire! Vous allez voir comme il agrandit tout ce qu'il traite :
L'erreur et la nouveauté se faisaient entendre dans toutes les clîaires, et la doctrine ancienne qui , selon l'oracle de l'Évangile , doit être préchëe jmque sur les toits , pouvait à peine parler ;i l'oreille. Les enfants de Dieu . étaient étonnés de ne voir plus ni l'autel, ni le sanctuaire, ni ces tribi^ naux de miséricorde qui juslilient ceux qui s'accusent 1 O douleur ! il falfait cacher la pénitence avec le même soin qu'on eut fait les crimes. £t Jésus-Christ se voyait contraint, au grand malheur des hommes ingrats, de chercher d'autres voiles et d'autres ténèbres que ces voiles et ces ténèbres mystiques dont il se couvre volontairement dans l'eucharistie.
Voilà sans doute du sublime d'expressions; mais il tient à celui des idées. Suivons maintenant l'orateur dans ie détail des infortunes de la reine d'Angleterre :
Quand j'envisage de près les infortunes inouïes d'une si grande reine , je ne trouve plus de paroles; et mon esprit, rebuté de tant d'indignes traitements qu'on a faits à la majeslé.ct a la vertu , ne se résoudrait jamais à se jeter parmi tant d'horreurs , si la constance admirable avec laquelle celle princesse a soutenu ces calamités ne surpassait de bien loin les crimes qui les ont causées. Mais en même temps , chrétiens , un autre soin me travaille. Ce n'est pas un ouvrage humani que je médite. Je ne suis pas ici un historien qui doive vous développer le secret des cabinets , ni l'ordre des batailles, ni les intérêts des partis; il faut que je m'élève au-dessus de l'homme, pour faire ti-embler toute créature sous les jugements de Dieu.
En vérité, Bossuet ne se sert point de la langue des autres hommes; il fait la sienne, et il la fait telle qu'il la lui faut pour la manière de penser et de sentir qui est à lui. Comme il va parler de l'infortuné Charles P' ! et quel mou-
liXKMPLRS. 38. 31 t
vement patnetique li va employer à Ja fin de ce beau morcenu!
Je veux bien avouer de lui ce qu'un autenr célèbre a dit de César, qu'il aelé clément jusqu'à être oiiiiiié de s'en repentir. Que ce soit donc là, si l'on veut, 1 illustre délaut de Charles aussi bien que de César : mais qufl ceux qui veulent croire que tout est faible dans les raallieureux et dans les vaincus, ne pensent pas pour cela nous persuader que la force ait manqué à son courage, ni la vigueur à ses conseils. Poursuivi à toute outrance par l'implacable malignité de lafortune, trahi de tous les siens, il ne s'est pas manqué a lui-inOme. Malgré les mauvais succès de ses armes infortunées, si l'on a pu le vaincre, on n'a pas pu le forcer; et comme il n'a jamais refusé ce oui était raisomiable étant vainqueur, il a toujours rejeté ce qui était faible et injuste étant captif. J'ai peine à contempler son grand cœur dans ces dernières épreuves; mais certes, il a montré qu'il n'est pas permis aux rebelles de taire perdre la majesté à un roi qui sait se connaître : et ceux qui ont vu de quel front il a paru dans la salle de Westminster et dans la place de Witehall peuvent juger aisément combien il était intrépide à la tête de son armée, combien auguste et majestueux au milieu de son palais et de sa cour. Grande reine, je satisfais à vos plus tendres désirs, quand je célèbre ce monar-
Sue; et ce cœur qui n'a jamais vécu que pour lui se réveille, tout poure qu'il est , et devient sensible, même sous ce drap mortuaire, au nom d'un époux si cher.
Sont-ce là des figures pleines de chaleur et de vie! Quel nerf de diction! Tout ce passage est un modèle admirable de réfutatiou dans l'oraison funèbre. Mais Yoyons un morceau d'autant plus frappant que l'orateur combat dans les sectaires de l'Angleterre cette indifférence de religion, et cette excessive liberté d'opinions religieuses qui a fait liien des progî'ès depuis lui :
La source de tout mal est que ceux qui n'ont pas craint de tenter, au siècle passé, la réformatioa par le schisme, ne trouvant point de plus fort rempart contre toutes leurs nouveautés que la sainte autorite de l'Église, ont été obligés de la renverser. Ainsi les décrets des conciles, la doctrine des Pères et leur sainte unanimité, l'ancienne tradition du Saint-Siège et de l'Église catholique, n'ont plus été comme autrefois des lois sacrées et inviolables. Chacun s'est fait dans soi-même un tribunal où il s'est rendu l'arbitre de sa croyance; et encore qu'il semble que les novateurs aient voulu retenir les esprits , en les renfermant dans les limites de l'Écriture sainte, comme ce n'a été (ju'a condition que chaque lidèle en deviendrait l'interprète, et croirait que le Saint-Esprit lui en dicte l'explication, il n'y a point de particulier qui ne se voie autorisé, par cette doctrine, à adorer ses inventions, à consacrer ses erreurs, à appeler dieu tout ce qu'il pense. Dès lors on a bien prévu que, la licence n'ayant plus de frein, les sectes se multiplieraient jusqu'à l'inljni; que l'opiniâtreté serait invincible, et que, tandis que les uns ne cesseraient de disputer, ou donneraient leurs rêveries pour des inspii-alions, les autres , fatigués de tant de folles visions, et ne pouvant plus reconnaître la majesté cle la religion déchirée par tant de sectes, iraient enfin chercher un repos funeste et une entière indépendance dans l'indifférence
des religions, ou dans l'athéisme C'est, messieurs, en cette sorte que
les esprits une fois émus, tombant de ruines en ruines, se sont divisésf en tant de sectes. En vain les rois d'Angleterre ont cru pouvoir les retenir sur cette pente dangereuse en conservant l'épiscopat ; car que peuvent
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des évêques qui ont anéanti eux-mêmes l'autorité de leur chaire et ia r«vérence qu'on doit à la succession , en condamnant ouvertement leurs prédécesseurs jusqu'à la source même de leur sacre, c'est-a-dire jusqu'au pape saint Gréj^oire et au saint moine Augustin, son disciple, et le premier apôtre de la nation anglaise? Qu'est-ce ^ue l'épiscopat, quand il se sépare de l'Église qui est son tout, aussi bien que du Sainl-Siége qui est son centre, pour s'attacher, contre sa nature, à la royauté, comme à son chef? Ces deux puissances d'un ordre si différent n? s'unissent pas, mais s'embarrassent mutuellement quand on les fond ensemble, et la majesté des rois d'Angleterre serait demeurée plus Inviolable , si , contente de ses droits sacrés , elle n'avait point voulu attirer à soi les droits et l'autorité de l'Église.
Il se présente ici une question , c'est de savoir comment tant de sectes qui devaient se détruire les unes les autres ont pu conspirer pour la perte de la royauté. L'orateur va nous l'apprendre en nous dévoilant les astucieuses intrigues du fameux Cromwell, dont il peint le caractère avec cette vigueur de pinceau qui n'appartient qu'à lui :
Un homme s'est rencontré d'une profondeur d'esprit incroyable, hypocrite raffiné autant qu'habile politique; capable de tout entreprendre et de tout cacher; également actif et infatigable dans la paix et dans 'la guerre; quine laissait rien à la fortune de ce qu'il pouvait lui ôler par C(inseil ou par prévoyance; mais au reste, si vigilant et si prêt à tout , qu'il n'a jamais manqué les occasions qu'elle lui a présentées ; enfin , un de ces esprits remuants et audacieux qui semblent être nés pour changer le monde. Que le sort de tels esprits est hasardeux, et qu'il en parait dans l'histoire a qui leur audace a été funeste! mais.aussi que ne lx)nt-ils pas, quand il plait à Dieu de s'en servir! 11 fut donné à celui-ci de trompe* les peuples , et de prévaloir contre les rois. Car, comme il eut aperçu, dans ce mélange infini de sectes qui n'avaient plus de règles certaines, que le plaisir de dogmatiser, sans être repris ni contraint par aucune autorité ecclésiastique ni séculière , était le charme qui possédait les esprits , il sut si bien les concilier par la, qu'il lit un corps redoutable de cet assemblage monstrueux. Quand une fois on a trouvé le moyen de prendre la multitude par l'appât de la liberté , elle suit en aveugle , 'pourvu qu'elle en entende seulement le nom. Ceux-ci, occupés du premier objet qui les avait transportés, allaient toujours, sans regarder qu'ils allaient à la servitude ; et leur subtil conducteur, qui , en combattant , en dogmatisant , en mêlant raille personnages divers, en faisant le docteur et le"^ prophète , aussi bien que le soldat et le capitaine, vit qu'il avait tellement enchante le monde , qu'il était regardé de toute l'armée comme un chef envoyé de Dieu pour la protection de l'indépendance, commença à s'apercevoir qu'il pouvait encore les pousser plus loin.
Je remarquerai , dit La Harpe , la première expression de ce passage, qui contient un des secrets particuliers du style de Bossuet : Un homme s'est rencontré. Un autre écrivain aurait pu dire: Cromioell était un de ces prodiges de scélératesse qui apparaissent de temps en temps dans l'univers, comme d'effrayants phénomènes. Il aurait bien dit, mais comme tout le monde peut dire. Bossuet dit tout cela d'un seul mot : Un homme s'est rencontra' ; et de plus , il dit mieux, parce qu'avec ce seul mot il fait entendre ce
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qu'il y a de plus extraordinaire, et qu'il y monte l'imagiuation. Voilà C€ que j'appelle la laugue de Bossuet.
Au milieu des troubles et des guerres qui désolent l'Angleterre , que fait la reine?
Dans ceUe effroyable confusion de toutes choses, il est beau de considérer ce que la grande Henriette a entrepris pour le salut du royaume ; ses voyages , ses négociations, ses traités, tout ce que i>a prudence et son courage opposaient à la fortune de TÉtat; et enlin sa constance par laquelle, n'ayant pu vaincre la violence de la destinée , elle en a noblement soutenu l'effort. Tous les jours elle ramenait quelqu'un des rebelles; et, de peur qu'ils ne fussent malheureusement engagés a faillir toujours, çarc« quiis avaient failli une fois, elle voulait qu'ils trouvassent leur reluge dans sa bonté, et leur sûreté dans sa parole... Les rebelle, s'étaient saisis des magasins et des arsenaux, et, malgni la défection delà milice même, il était encore plus aisé au roi de lever des soldats quide les armer. Elle abandonne, pour avoir des armes et des munitions, non-seulement ses joyaux, mais encore le soin de sa vie. Elle se met en mer au mois de février, malgré l'hiver et les tempêtes ; et, -sous préte.xt.' de conduire en Hollande la princesse royale sa iille aiuée, qui avait éttmariée a Guillaume, prince d'Orange, 'elle va pour engager les états dans les intérêts du roi, lui gagner des ofticiers, lui amener des munitions. L'hiver ne l'avait pas effrayée quand elle partit d'Angleterre. L'hiver ne Tarrète pas, onze mois après, quand il faut retourner auprès^du roi; mais le succès n'en fat pas semblable. Je tremble au seul récit de la tempête furieuse dont la flotte fut battue pendant huit jours. Les matelots furent alarmés jusqu'à perdre l'esprit, et quelques-uns d'entre eux se précipitèrent dans les ondes : elle , toujours intrépide autant que les vagues étaieii*. émues, rassurait tout le monde par sa fermeté. Elle excitait ceux qui l'accompagnaient à espérer en Dieu, qui faisait toute sa confiance; et, pour éloigner de leur esprit les funestes idées de la mort qui se présentait de tous cotés, elle disait, avec un air de sérénité qui semblait déja-ramener le calme, que les reines ne se noyaient pas. Hélas! elle est réservée à queique chose de bien plus extraordinaire; et, pour s'être sauvée du nanfrage , ses malheurs n'en seront pas moins déplorables
La reine, qui avait été rejetée sur les côtes de la Hollande , ne tarda pas à se remettre en mer. Bossuet raconte avec énergie et avec rapidité ce vovage et les suites qu'il occasionna :
Cependant , onze jours après , ô résolution étonnante ! la reine , à peine sortie d'une tourmente si épouvantable , pressée du désir de revoir le roi et de le secourir , ose encore se commettre à la fureur de l'Océan et à la rigueur de l'hiver. Elle ramasse quelques vaisseaux'qu'elle charge d'officiers et de munitions, et repasse en Angleterre. Mais qui ne serait étonné de la cruelle destinée de cette princesse I Après s'êti'e sauvée des ûots. une autre tempête lui fut presque fatale : cent pièces de canon tonnèrent sur elle a son arrivée, et la maison où elle entra fut percée-de leurs coups. Qu'elle eut d'assurance dans cet effrovable péril ! mais qu'elle eut de clémence pour l'auteur d'un si noir attentat ! On l'amena prisonnier peu de temps après. Elle lui pardonna son crime, le livrant, pour tout supplice, à sa conscience, et a la honte d'avoir entrepris sur la vie d'une prince.sse si bonne et si généreuse : tant elle était au-dessus de la vengeance aussi bien que de la crainte! Mais ne la verrons-nou»iamais auprès du roi qui souhaite si ardemment son retour'? Elle, brûle du même désir, et déjà je la vois paraître dans un nouvel appareil; elle marche, comme un général , à la tête d'une armée rovale, pour traverser les provinces que les rebelles tenaient presque toutes. Elle assiège et