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LA STATISTIQUE CONSIDÉRÉB COMME SCIENCE, ETC

sociales, des professions, des rapports agraires, industriels et commerciaux, de l'état de la fortune et des revenus, de la consommation; 3^ la statistique culturale, qui a pour objet les faits qui concernent la vie intellectuelle, morale et religieuse. « Les matériaux recueillis par la statistique technique (les bureaux), dit l'auteur, fournissent le fond de Texposé, ce qui n'exclut pas les emprunts qu*on pourrait faire à la théorie de la population, à l'économie politique, à l'éthique sociale ou à des faits historiques remarquables. » L'auteur ne s'explique pas clairement sur ces emprunts; il semble penser à un ouvrage développé, rendu intéressant pour le commun des lecteurs.

M. Alexandre d'Œttingen (Moralslalisiik) distingue aussi la méthode de la science proprement dite, et s'il n'emploie pas le terme de démographie^ ce qu'il donne dans la deuxième partie de son livre embrasse la statistique de la population an point de vue physique aussi bien qu'au point de vue moral, mais non au point de vue économique, ce qui s'explique par le but spécial de l'ouvrage. Quelques autres auteurs, comme par exemple M. Haushofer, Lehr-und Handbuch der Staiistik (Vienne, 1872), Morpurgo, La statistica e le scUnze sodali (en italien et en allemand) font des distinctions semblables.

C'est M. Engel qui a le plus développé la distinction entre la science et la méthode, mais il n'a guère donné que des formules. Dans un article écrit avec verve, parfois avec une véritable élévation, et qui a fait une grande impression, l'éminent statisticien dit que la tâche de la statistique est triple :

!• Elle observe les faits, elle les noies, le relève, en un mot, elle recueille les matériaux ;

102 LIVRE II. — PARTIE THÉORIOrE.

2* Elle examine leurs rapports : c'est la comparaison des faits (ou des phénomènes) entre eux;

3"* Elle expose analytiqueroent Tintensité des influences subies (Zeitsehrift, 1871, p. 188.)

C'est là la tâche de la statistique, mais il s'agit de faire connaître l'objet ou les matières auxquelles cette tâche s'applique; Tauteur se perd un peu dans Tinfini, et il ne nous en reste pas beaucoup dans l'esprit. Plus loin (p. 195), il donne la division des leçons d'un cours de statistique fait par lui à Berlin, mais dans ce programme le mot de démographie n'est pas prononcé (il Test ailleurs, Zeitschrîfl, année 1868). En tout cas, il suffit ici aussi, pour constater que H. Ëngel définitla science statistique par la démographie, de montrer les subdivisions de son système de statistique. Les voici :

Des bases nécessaires des sociétés humaines et de leur organisation :

De l'état de la culture matérielle de ces sociétés < ;

De rétat de la culture morale de ces sociétés;

De l'état de la culture intellectuelle de ces sociétés;

De rétat de la culture politique de ces sociétés;

Du changement de la situation de ces sociétés dans l'espace et le temps; les rapports intérieurs de ces changements.

Mais ce cours n'exposait qu'un système provisoire. M. Ëngel a fait connaître aussi son système à peu près définitif, pas absolument définitif, car en ce monde il n'y a rien d'ab solu ni rien de définitif, et comme la démographie est une science relativement modeste, tandis que la nomenclature

* Gemeinheiten (communautés), mot peu heureux qui peut l'appliquer À l'humanitë, à TÉtat, à la proviDce, à la commune, à des établiisements public», à une église ('ExxXrjdtoi), etc.

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