II. La mortalité doit être indiquée par année
(C'est-à-dire qu'on ne doit plus grouper plusieurs années ensemble pour faire des classes d'âge de cinq ans ou de dix ans ; on doit donner les âges année par année : 1 , 2, 3, 4, S, 6 ans, et ainsi de suite. Ce progrès est à peu près réalisé. Il évite les interpolations autrefois nécessaires, mais comportant toujours un certain arbitraire. Seulement, les relevés par année causent plus de travail.)
Il est en outre désirable (continue le rapport) que l'âge des enfants décédés soit indiqué : pour la première semaine, par jour (pourquoi pas, par heure); pour le premier semestre, par mois; pour les six mois suivants et pour la deuxième année par trimestre.
(On comprend que plus l'unité est petite, plus le résultat du calcul sera exact. Prendre pour mesurer Tâge des enfants des unités d'une année, c'est comme si Ton adoptait, pour mesurer Tâge des adultes, des unités d*un siècle.)
III. L'influence perturbatrice des migrations doit être, autant que possible, étiminie.
(Il faudrait dire compensée, car il s'agit de ne tenir compte quedel'excédent soit del'émigration, soit de Timmigralion, et de le répartir proportionnellement sur tous les âges. Jusqu'à présent, on en est aux expédients plutôt qu'aux solutions, car on n'a pas beaucoup de renseignements sur les émigrants, il est si difficile d'en obtenir).
IV. Comme conséquence des prin cipes qui viennent d'être exposés, les données à recueillir par la statistique doivent être conformes aux règles ci-après :
1. Tous les éléments recueillis, qu'ils soient relatifs aux naissances, aux vivants, aux décès ou aux émigrants, doivent être homogènes, c'est-à-dire qu'ils doivent se rapporter à la même espèce de population (population de fait et non de droit).' Il en résulte :
a. Qu'on doit compter, lors d'un dénombrement, toutes les personnes qui se trouvent dans une localité (et les attribuer à cette localité).
6. Qu'on doit porter chaque naissance et chaque décès au compte de la localité où le fait a eu lieu.
(H. Bodio a présenté quelques réserves sur l'adoption de la population de fait : il a soutenu qu'un homme qui reste un jour, une semaine, un mois dans une localité n'équivaut pas à l'individu qui y séjourne toute une année. Il proposerait quel(|ue chose de semblable à ce qui se fait dans
les hôpitaux, où Ton compte la journée de présence. Mais la statistique atteindra-t-elle jamais à l'absolu ?)
2. Les distinctions par sexe, état civil, religion, profession qu'on établit pour une collectivité soit de naissances ou de décès, soit de vivants ou d'émigrants, doit être répétée dans toutes les autres.
(C'est évident, c'est le seul moyen de rendre les collectivités comparables. Si Ton divise les N par sexe, il faut diviser de même les D.)