FRAIS
Les frais jouent en toute matière un rôle si considérable que nous ne pouvions pas les passer sous silence. On s'attendra peut-être à trouver ici un tableau indiquant ce que coûte la statistique à chaque État; nous avons examiné la question pour savoir s'il y avait lieu de dresser ce tableau. Nous avons été d'avis : 1^ qu'il serait extrêmement difficile de se procurer ce renseignement d'une manière suffisamment complète, parce qu'un grand nombre de services administratifs font accessoirement des dépenses dans l'intérêt de la statistique, et que, la même dépense ayant souvent un double but, la partie statistique ne pourrait pas être exactement séparée du reste; 2^ que ce renseignement satisferait tout au plus une curiosité, légitime sans doute pour un statisticien, mais qu'il ne serait pas instructif, parce que les frais d'administration n'ont d'intérêt que si on les rapproche de l'organisation administrative, et que de pareils rapprochements nous feraient perdre de vue notre point de départ, celui qui seul nous intéresse. Les dépenses varient d'ailleurs d'une année à l'autre, et lors des recensements, il y a des
342 LIVRE III. — PARTIB PRATIQCB.
frais extraordinaires qui sont du reste plus faciles à relever à cause de leur caractère spécial.
Un exemple nous permettra de montrer combien il est difficile de donner des chiffres, nous ne dirons pas exacts, mais complets. Prenons le service delà statistique au Board of Trade. Le crédit ouvert pour le personnel et le matériel de ce bureau est de 7,270 1. st. Les impressions coûtent 4,600 1. st. Mais ces chiffres ne comprennent pas la dépense pour les tableaux du commerce extérieur : — 20,000 1. st. (500,000 fr.), qui est à la charge de radministration des douanes, — ni celle causée par la statistique agricole, qui est opérée aux frais de la direction des revenus intérieurs {Inland revenue), et se monte à 15,500 1. st. (387,000), ni les divers travaux extraordinaires pour lesquels des fonds spéciaux sont mis à la disposition de la statistique.
Blalgré les difficultés que nous venons de signaler, la Direction générale de la statistique italienne a voulu approfondir la question — on ne peut que l'en louer, — mais le résultat de ses recherches confirme pleinement notre manière de voir. Encore avions-nous en vue toute la statistique, tandis qu'en Italie on s*est borné aux Uffki di Siatistica, aux bureaux spéciaux. Hais même cette tâche restreinte n'a pas pu être achevée. Le travail n*en est pas moins intéressant, on le trouvera dans les Annali di Slalisiicay série 3, vol. 13 (Rom. 1884), et nous ne pouvons pas passer devant ce document sans nous y arrêter un peu.
Page 68, nous trouvons le Royaume-Uni et un tableau général en lires italiennes ou francs se propose de nous montrer ce que dépensent le Statistical département du Board of Trade, les trois Registrar offices et le bureau de statistique agricole d'Irlande. Or, pour le Board of Trade, le total man-
PUBMCATION DES DOCUMENTS ET FRMS. 3'l3
que, parce qu'on ignore les frais d'impression qui est Tune des principales dépenses, de même que les « autres Trais » ; OD sait seulement (et ce renseignement a son prix) que le bureau comptait, en 1883-84, 37 employés dont les traitements s'élevaient à 126,750 francs. Pour le service du registrar gênerai anglais, nous trouvons un total de 968,225 fr., pour le registrar écossais, 142,675, pour le registrar irlandais et le bureau agricole réunis, 271,275 francs. Mais partout il y a des ??, c'est-à-dire des lacunes, et ces lacunes sont très importantes. Ce n'est pas tout, les registrars ne font pas rien que de la statistique, ce sont des agents de l'état civil... Le département commercial du Board of Trade est également un service où Ton fait de l'administration en même temps que de la statistique, mais les frais de cette dernière sont évalués à 1 26,750 francs. En outre des lacunes que nous avons signalées dans les documents que nous venons d'énumérer, nous devons faire remarquer qu'on a passé sous silence plusieurs ministères ainsi que les documents publiés parle parlement. De ces imperfections, nous n'en faisons pas un reproche pour le bureau italien, mais une justification pour nous.
Malgré les lacunes inévitables des autres tableaux des Anm/t, nous allons en emprunter quelques chiffres en y renvoyant pour les détails.
Les services ou bureaux généraux de statistique coûtent en Allemagne, en dépenses ordinaires :
Nombre Montant
des des
employés traitement,
ordinaires. Francs.
Empires allemands (olîice impor.1 ... 66 302,812
bureau royal de Prusse 27 128,775
» de Bavière 3 9,450
» de Saxe 23 71,555
» de Wurtemberg 3 35,875
Les Annali donnent encore d'autres chiffres, mêlant les dépenses extraordinaires aux dépenses ordinaires, et tellement que nous aimons mieux nous abstenir. D'ailleurs, nous retrouverons, du moins en partie, les dépenses extraordinaires plus loin en parlant des dénombrements. Rappelons en passant que les petits États allemands et un certain nombre de villes ont leurs bureaux spéciaux de statistique*.
Pour TAutriche, les Annali nous donnent les chiffres suivants : service central, 187,000 francs, statistique agricole, 57,900 francs, statistique commerciale, 79,000 francs. Le bureau delà Hongrie dispose de 279,100 francs. — Mentionnons la Suède (1883), 103,416 francs, la Norvège, 78,118 fr., le Danemark, 57,167 francs, la Suisse, 67,800 francs (en outre, dans les cantons, 80,000 francs), la Belgique (1883) 57,076 francs (en 1882, 69,327 francs).
La France n*est pas oubliée dans les Annali. On y trouve : le bureau de la statistique générale (min. du commerce) avec 61,000 francs, le bureau de la statistique financière, 117,800 francs, le bureau de la statistique judiciaire, 48,750 francs. — Les Annali ont omis (ou n'ont pas pu se
I Celui qui voudrait approfondir cette étude trouverait, sur rofïfce impér : Becker, Die Organisation der amUichenStatistik, (Berlin, Puikammer et Muhlbrecht.) Sur le bureau roy. de Prusse, il y a dans à Zeitsehrift de ce bureau, plusieurs travaux i Les bureaux de Saxe etdt Wurtemberg ont publié dans leurs revues des notices historiques in* téressantes sur leurs services. Yoy. enfin Iqs comptes rendus des congrès de statistique.
Yoy. aussi les brochures suivantes: Blenck, Das k. statistische Bureau in Berlin, etc. (tirage à part de la Zeitsclirift), Berlin, Bureaa de statistique 1885. — Das statistische Bureau, etc. (50 années du bureaa Saxon. Leipzig, Duncker et Humblot, 1881.)
La dépense du bureau de statistique de Prusse s^est élevé (l*lDstitut météorologique non compris) à 57,630 marks en 1863, à 115,(^ en 1873 et à 338,472 en 1882-83, à 370,193 en 1883-84, à 378,414 en 1884-85. à 388,081 en 1885-86. (Extrait de la publication de M. Blenck.)
procurer des renseignements sur) le bureau de la statistique da commerce extérieur, le bureau de la statistique des chemins de ter, le bureau du recrutement au ministère de la guerre, enfin sur les services qui font de la statistique aux ministères de Tintérieur, de la marine, de l'instruction publique, sans compter la statistique de la ville de Paris.
Reste l'Italie, dont les Annali ne parlent pas, supposant sans doute connu de ses lecteurs le cliiiïre des dépenses qu*on fait à Rome. Nous avons dû nous informer et on nous a donné le chiffre de 500,000 francs environ, pour le personnel et les impressions, mais sans le recensement, que nous séparons d'ailleurs toujours des dépenses ordinaires.
On voit combien il est difficile d'obtenir des renseignements, et surtout combien ils sont peu comparables d'un pays à l'autre, sans parler des attributions ou des travaux de ces bureaux, qui diffèrent d'un pays à l'autre ; leur situation comme leurs travaux ont d'ailleurs une certaine mobilité, et ce qui est vrai une année ne l'est pas toujours une autre.
Nous croyons rendre plus de services en faisant connaître ce qu'ont coûté certaines opérations statistiques, et surtout en insistant sur la nécessité pour un chef de statisti(|ue de se mettre au courant des frais d'impression et des moyens de les réduire. II est indispensable qu*il se familiarise avec le mécanisme de l'imprimerie et la manière de compter le travail de la composition ; cette connaissance sera pour lui une importante source d*economie. On peut faire des tableaux chers et des tableaux à bon marché, selon leur simplicité, tout en donnant les mêmes renseignements. On doit éviter les remaniements en donnant un bon manuscrit ; mais ce qu'on doit éviter entre tout, c'est le luxe. Pour beaucoup
de personnes, le luxe consiste surtout en un format audessus de la moyenne, c'est-à-dire incommode, et dans un papier épais, c'est-à-dire lourd : qu'on se borne à prendre un bon papier et qu'on tienne à une impression nette; si, avec cela, si la correction est rigoureuse, la publication est excellente. C'est là le vrai, le bon luxe.
Ce que nous voudrions présenter, c'est un aperçu des frais causés par les grandes opérations, par exemple par les dénombrements. C^est la France qui nous fournit sur cet objet le moins de détails, par la simple raison qu'aucun crédit n'est voté par les chambres ; toute la dépense est à la charge des communes ; c'est pour elles une dépense obligatoire (lois de 1837 et du 5 avril 1884, art. 136, n« 3). Les petites communes n'ont à se procurer que quelques imprimés : le garde champêtre fait les relevés, le secrétaire de la mairie se charge du dépouillement; les villes rétribuent un personnel de recenseurs, d'inspecteurs et d'autres agents. On n'a jamais fait le compte de ce qu'un recensement a coûte dans la France entière, nous ne possédons des chiffres que pour Paris. Nous trouvons dans le compte de l'année 1866 que le conseil municipal avait voté une somme de 140,000 fr. pour le dénombrement, et qu'on en a réellement dépensé 133,293; la population recensée étant alors de 1,825,274 habitants, cela fait environ 7 centimes et j par habitant. Le compte de 1 87:2 porte au débit du dénombrement une somme prévue (votée) de 155,000 fr., dont a effectivement dépensé (137,668 fr. 55 + 819 = ) 138,487 fr. 55, ce qui fait, pour 1,794,380 habitants, 7 centimes 7 millièmes. Le compte de 1872entredansquelquesdétails:ilfaitconnaîtrelesdépenses par arrondissement, lesquelles se sont élevées ensemble, pour les 20 arrondissements^ savoir :
PUBLICATION DBS DOCUMENTS ET PUAIS. 347
Indemnités aux coromissaires recenBCurs "78,387 Tr. 64
Frais de confecLion des tableaux statistiques. . 12,075 04 Indemnités à divers employés 3,300 62
Total 94,063 fr. 40
A ajouter les dépenses de l'administration centrale :
Indemnités aux inspecteurs et contrôleur? 15,250 fr. »
Impressions 27,157 90
Indemnités à divers 432 05
AfTlchage 21 »
Fournitures d*articlc8 de bureau 110 m
Frais de voiture 33 40
Ensemble 137,068fr.55
Reste dû pour être payé en 1873 819 »
Total général 138,487 fr. 55
Le dénombrement de 1876 a coûté 135,414 francs, et l'on a employé, dans les 20 arrondissements de la capitale, 569 recenseurs et autres agents. Nous allons donner le tarif d'après lequel ce personnel a été rémunéré. Les « commissaires recenseurs > devaient se rendre auprès du chef de chaque ménage et en dresser le bulletin : on leur comptait 2 centimes par nom inscrit sur le bulletin. Le bulletin rempli Je le recenseur le résumait numériquement (par exemple, 1 homme, âgé de, etc.; 1 célibataire, âgé de, etc., etc.) : tarif, 5 centimes. Ce résumé était porté sur une liste de maison, et pour cette liste le tarif accordait 10 centimes. Il y avait ensuite des inspecteurs pour surveiller le travail des recenseurs, et un employé de la mairie était chargé du contrôle. Le dépouillement se faisait à la mairie, et les employés chargés du travail recevaient une indemnité ou gratification. La préfecture fournissait les imprimés*.
* A Berlin, lors du recensement de 1807, le concours gratuit d*un certain nombre de citoyens a fait réduire la dépense à 6,543 thalcrs
348 LIVRE m. — PAKTIK PRATIQUE.
Pour le recensement de 1 881 , le conseil municipal de Paris a voté en 1881 un premier crédit de 175,000 francs, dont 174,984 fr. 27 ont été dépensés dans la même année. Dans les Développements du Compte général (chapitre iv, art. 31 , p. 686 du compte), on détaille les chiffres. II suffit de dire que les recenseurs des 20 arrondissements ont reçu 122,293 fr. 67, les employés de la préfecture chargés de travaux extraordinaires 3,122 fr. 83 ; que les imprimés et les enveloppes ont coûté 48.976 fr. 12, l'affichage 431 fr. 70, les menues dépenses 159 fr. 95, total égal 174,984 fr. 27. Une note nous apprend que la rétribution s*est élevée à 3 centimes par bulletin individuel, à 5 centimes par feuille de ménage et à 10 centimes par bordereau de maison.
Le crédit voté n'étant pas suffisant, le conseil municipal a accordé un crédit supplémentaire de 125,000 fr. à inscrire au budget de 1882. Au Compte général de 1882, chapitre xxv, §4, art. 32, nous trouvons que ces 125,000 francs n'ont pis été dépensés en entier; la somme de 84,863 fr. 23 a suffi pour opérer les révisions et travaux complémentaires. lien résulte que le dénombrement quinquennal de la vil le de Paris de 1881 a coûté 174,984 fr. 27 + 84,863 fr. 23. ensemble 259,847 fr. 50.
Il convient de dire qu'on avait essayé un système nouveau mixte, mais que les opérations de cette tentative de réforme n'avaient pas été dirigées. Si l'espace le permettait, nous en ferions l'histoire, mais elle ne serait peut-être pas assez instructive. Il est un point que nous avons à faire ressortir:
(24,536 francs), dont un tiers à la charge de TEtat, deux tiers à la charge de la ville (population d'alors : 702,437 habitants). Vienne avait dépensé autrefois 36,000 florins (90,000 francs) ; pour 1869, on a évalué les frais à la moitié. Pour Dresde (population : 197,295), nous trouvons, dénombrement de 1876, 10,500 thalers ou 38,125 francs.
autrefois on recensait seulement la population légale ou administrative (qui n'est pas complètement la population de droit, ni complètement la population sédentaire) ; en 1881 on releva et la population légale et la population de fait : la première est de 2,269,023 habitants, la seconde de 2,239,928 habitants. Nouspréféronscettedernière ; mais dans les comparaisons avec les années antérieures , c'est la population légale qu'il faut prendre.
Un certain nombre d'autres pays ont également mis la totalité ou la plus grande partie des frais à la charge du budget communal, mais plusieurs États ont cru devoir imputer la dépense sur les fonds de l'État. Nous trouvons dans la Zeitschrifï de M. Engel, année 1870, page 32, un tableau sur les frais causés par plusieurs dénombrements, le voici :
Pays. Années. Déponses. Moyenne par UHe.
Autriche 1857. . . 2,000,000 florins. 33 centimes.
Belgique 1846. . . 640,000 fr. 14 -
— 1866... 585,000- 11 - Grande-Bretagne. . 1851 . . . 170,000 1. s. 20 —
— 1861... 250,000— 30 — Étate-Unia 1850... 1,318,000 doU. ."^l —
Les chiffres relatifs à l'Angleterre, ou plutôt au Boyaume- Uni, sont évidemment inexacts; nous allons, avant de reproduire ceux de Tannée 1871, rappeler les frais causés par les dénombrements de 1841, 1851, 1861, en tant qu'ils se trouvent, dans un document ad hoc (Census Expsnsbs) imprimé en 1875, par ordre du Parlement du 2 août. (En livres sterling.)
3r>0 LIVRE m. ^ pautie tratique.
Bé pentes avx nnnées ci^après :
Angleterre 86,728 93,132 95,720 119,9:8
Ecosse ioconnues. inconnues. 23,682 27,104
Irlande — 28,510 28,961 38,594
Totaux 148,363 iœ,676
Dans les mêmes années, la populalloii énumérée a élc en Angleterre 15.914,148, — 17,927,609, — 20,006,224. - 22,712,266 habitants ; le registre général d*Écosse n'a pas indiqué la population énumérée, mais seulement que le recensement do 1 ,000 personnes a coûté, en 1861 , 7 liv. 14 s. 8 d., et en 1871, 8 liv. 1 s. 4 d. La population énumérée en Irlande s'est élevée : en 1851, à 6,552,385; en 1861, à 5,798,967; en 1871, à 5,412,377 liabilanls.
Nous allons entrer dans quelques détails sur le mode de rémunération ; mais, pour bien en comprendre le tarif, on doit avoir présente à Tesprit Torganisation du dénombrement que nous exposons au chapitre xii; ici, nous nous bornons à faire connaître le taux des indemnités.
Superinlendent registrar : 11 lui est alloué une somme fixe de 6 livres plus 2 shillings pour chaque 1,000 personnes recensées dans son district, au delà de 10,000. Ainsi , si la population est Inférieure à 10,000 , la rémunération ne dépasse pas 6 livres (150 fr.).
RegUtrar : Une somme fixe de 4 1., plus 1 sh. pour chaque 100 individus recensés, au delà de 1,200.
Enumeralor : Pour la distribution des listes de ménage et la copie de ces listes dans le livret do recensement : une somme fixe de 1 1. 1 sh. (une guinée), puis 2 sh. 6 d. par 100 individus, au delà de 400. Si le recenseur doit parcourir plus de 5 milles (8 kilom.), il reçoit eu outre 6 d. par naiilc
PLBLtCATION DES DOCUMENTS ET FRAIS. 351
(1,609 mètres), pour la distribution, et autant pour la collection des bulletins xle ménage.
Les établissements publics, qui font eux-mêmes leurs dénombrements, ont droit à 10 sh. 6, plus 2 sh. 6 pour chaque centaine de personnes dépassant 300.
Les fractions de 100 ou de 1,000 sont rétribuées proportionnellement.
Ajoutons qu'un eensus office, bureau (temporaire) de recensement, estcréédanschacunedes capitales du Royaume- Uni.
La dépense s^est subdivisée ainsi pour l'Angleterre proprement dite, en 1871 :
Au bureau central
Personnes
omployéos.
MonUnt do la dépoiise.
41,674 1. lOs.
Agents locaux :
Superin tendent registrar
Registrars
Enumerators
£n Ecosse, le bureau central a dépensé en 1871 : 6,3391.10, le reste se distribuant entre les agents locaux; en Irlande, les frais du bureau central se sont élevés à 35,557 1. 7 s., tandis que les agents locaux (constables et autres agents de police, au nombre de 4,963), n'ont reçu que 3,066 1. 14, probablement seulement sous la forme de gratifications pour travail extraordinaire.
Le dépouillement était centralisé dans les trois capitales ; on trouvera, dans le Journal of ihe statistical Society de Londres, tome XXXV, p. 425, des détails sur la quantité de travail par heure qu'un employé du bureau central pouvait fournir.
Selon les Annali, la dépense pour le dénombrement dé-
3Î)2 LIVRE III. — PARTIS PRaTIQUB.
cennal du 4 avril 1884 s^est élevée pour T Angleterre à 3,488,150 fr., pour TÉcosse à 692,150 fr., pour l'Irlande à 650,000 fr.
Aux États-Uuis aussi, on créait, lors de chaque dénombrement, un census office, généralement pour trois ans. Le travail des recenseurs était à la tâche, et bien mieux payé qu'en Europe; le dépouillement était centralisé.
Pour le recensement de 1880 le congrès a voté, rien que pour le personnel, une somme de 3 millions de dollars, soit 15,750,000 fr. Les frais d'impression évalués à 1 ,312,500 fr. n'étaient donc pas compris dans ce chiffre. Il fallut des crédits supplémentaires, et en octobre 1881 on établit l'ensemble des dépenses effectuées à plus de 22 millions de francs, ainsi distribué :
Personnel 20,103,665 fr. 94
Indemnités de voyage G96,S39 27
Impressions et fournitures de bureau. . . 865,477 41
Matériel , chauffage, éclairage 361 , 01 1 74
Autres dépenses 258,366 15
Total 22,285,360 fr. 51
En 1881, on compta jusqu*à 1,495 employés occupés au dénombrement. Il convient d'ajouter qu'aucun recensement européen n'est aussi compréhensif que celui des États-Unis.
Le recensement décennal belge comprend, avec le dénombrement de la population, l'agriculture et Tindustrie: c'est ce qui explique Télévation des frais. Encore les 585,000 fr. votés pour 1870 (485,000 pour le personnel, 100,000 fr. pour le matériel), ne couvrent-ils pas toute la dépense , car les grandes communes sont obligées d'indemniser extraordinaircment leur personnel. Le vrai total est
peut-être de 700,000 fr. Voici le tarif. Aux percepteurs, pour la réduction du tableau des divisions des cotes foncières, est dû 10 fr. par commune de moins de 5,000 habitants (sur un ensemble de 2^550 communes, 128 ont plus de B,000 habitants) ; aux secrétaires de mairie, pour le dépouillement de la matricule cadastrale, on paie 1 centime par parcelle; aux recenseurs, 2 centimes (plus tard on en accorda 3) par tête de population et 1 centime par parcelle à inscrire sur leurs listes; aux calculateurs, pour le dépouillement des listes, 3 centimes par tête; aux inspecteurs t agents instructeurs, » \ centime par tête, i de centime par parcelle et 5 fr. par commune de moins de 5,000 habitants; aux contrôleurs chargés de la récapitulation, 1 centime par tête. En somme , cela fait , aux frais de l'Ëtat, 0 fr. 06.5 (plus tard 7 i) par tête, 0.02.25 par parcelle, 15 fr. par commune. Sans compter les suppléments communaux. — On voit que le dépouillement n'est pas centralisé en Belgique. La dépense pour le recensement de 1880 s'est élevée à 767,541 fr. dont 661,500 pour le personnel et 106,041 pour le matériel.
En Prusse, on a suivi un système sensiblement différent, comme on le verra au chapitre xii. Le dénombrement s'y fait avec le concours gratuit des citoyens; les renseignements sont portés directement sur des bulletins individuels; enfin, ces bulletins, après vérification locale, sont transmis au buï'eau central à Berlin, où la totalité des bulletins du royaume est dépouillée. Dans ces circonstances, H. Engel évalue les dépenses à la charge de l'État à 68,550 thalers pour le matériel , comprenant surtout les cadres et autres impressions, 114,650 thalers pour le personnel : ensemble 183,200, et avec l'imprévu 190,972 llia-
3;)4 LIVRE m. — paiitie pratique.
1ers (716,145 fr.), soit 2 cenlîraes " par lêlc, pour 25 millions d'habitants.
En 1874, M. Engcl publia un compte rendu duquel il résulte qu*on avait dépensé pour le recensement de 1871 : dans cette même année, 60,756 th. 28; en 1872, 72,488 th. 4.5 ; en 1873, 34,525 Ihalers 1 .9 ; ensemble, 167,770 th. 4.2, et, en défalquant divers remboursements, 161,244 thalers (604,665 fr.). Sur cette somme, les cadres et autres imprimés ont coûté 58,115 thalers (217,931 fr.). Le compte entre dans tous les détails possibles : il énumère les millions de bulletins et autres imprimés qu'il a fallu préparer, expédier, recevoir, et ce qu'a coûté chacune des opérations du dépouillement. Les travaux de dépouillement ont été exécutés par plus de 300 employés auxiliaires, dirigés et contrôlés par les employés ordinaires du bureau. Le recensement de 1880 a coûté 636,805 fr.
Pour la ville de Berlin, nous ironxons^ BerlinerStatistisches Jahrbuch de H. Bœckh, chef du bureau municipal (1877), que le dénombrement proprement dit a coûté 19,335 marks, dont 5,848 marks pour l'impression des cadres; 1,044 marks pour frais d'insertion. L*éIaboration des chiffres a causé une dépense de 25,725 francs, et tout n était pas fini au moment d'imprimer le Jahrbuch. On ne doit pas perdre de vue que la statistique officielle de Berlin disposait pour le recensement de plus de 10,000 auxiliaires gratuits. (V. Icchap. XII.) Les autres États allemands ont également supporté les irais de leurs recensements respectifs; toutefois, le dénombrement spécial des professions et des industries opéré en 1882 fut fait aux frais de l'empire et coûta ensemble 3,175,383 fr. 75.
Le recensement autrichien , opéré le 31 décembre 1869,
est décrit dans les Mittheilungen aus dem Gebieie der Slatistik (17« année, 2« fascicule), publiés par la commission centrale. Une communication que nous devons au chef du bureau, H. Schimmer, nous met en état de donner les détails suivants sur les frais du recensement de 1869 :
Dépenses de l'Étal : Ftorin, (j fr. 30).
Impressions des cadres 71 153
Relevé des éléments (opération du dénombrement). 78,982
élaboration des chiffres 5 ■?04
Impression du document (volume do statistique). 14,000
Total 169,844
Dépenses des communes (dont Vienne, 24,500 fl.). • . . 435, 135
En 1880, la Hongrie a dépensé 400,000 francs pour son dénombrement.
En Italie, le gouvernement ne disposa, pour le recensementdel871,quede300,000fr.(ilavaitdemandé790,000fr.); aussi ne put-il guère payer que les impressions et quelques gratifications. Une lettre d'Italie nous apprend que le gouvernement a en réalité dépensé 330,000 fr. (dont 300,000 fn. furent distribués aux bureaux temporaires et 30,000 dépensés en impressions), non compris les 30,000 fr. nécessaires pour recenser les Italiens habitant l'étranger. Costaux communes qu'incombait l'obligation defournirlepersonnel, et, dans un grand nombre de localités, on a obtenu le concours gratuit des citoyens. {Annali dti Mih. di AgricoUure, etc., 1871, trim. II à IV, et 1872, trim. I.) On ne connaît pas le montant des dépenses communales. En 1881, le recensement a coûté 717,000 francs, nous apprennent les Annali de 1884(111,12).
Voici, d'après les mêmes Annali, ce qu'ont coûté quelc|ucs autres dénombrements : Danemark, 1880, 42,724 fr.,
Suisse, 198,390 fr. , dont 80,000 aux frais des cantons. En résumé, nous trouvons en vigueur les systèmes sui* vants :
1 . L'État ne dépense rien, les communes se chargent de tous les frais : France.
2. L*£tat fait tous les frais, les communes ne contribuent rien (ou presque rien) : Angleterre, États-Unis, Belgique, Italie.
3. L'État se charge des frais, lesquels sont diminués par le concours gratuit des citoyens : Prusse.