LA PÉRIODICITÉ
Dans une certaine mesure, la périodicité de la publication dépend de Tépoque des relevés. Le dénombrement de la population s'opérant tous les cinq ou dix ans, la publication ne peut pas avoir lieu plus souvent. Mais généralement la matière se prête aux arrangements que le bureau de statistique pourrait prendre, et, dans ces cas, la périodicité la plus naturelle, c*est celle d*une année. Les bureaux de statistique spéciaux publient presque tous leurs docu-
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mcnts annuellement; nous n'avons connu qu'une exception notable : c'est celle du bureau de la statistique des mines de Paris, qui n'a mis sa statistique au jour que tous les trois ans. C'est une loi de finances qui l'avait voulu ainsi, et à une certaine époque, le terme de trois ans a môme été souvent dépassé. Les renseignements étaient cependant relevés tous les ans, mais ils dormaient dans les cartons jusqu'au jour de la résurrection. Depuis quelques années, ces chiffres se publient plus rapidement. L'année est la période vraiment utile à la statistique , et généralement c'est la période préférée par les bureaux généraux de statistique. Aussi le nombre des statistiques annuelles est-il grand; tous les pays publient annuellement le mouvement de la population, le budget, le commerce. La France public en outre annellcment: la justice civile et la justice criminelle, les prisons, le recrutement de larméc, le nombre des électeurs, les caisses d'épargne, les sociétés de secours mutuels, la caisse de retraite^ les monts-de-piété, les brevets d'invention, la statistique hospitalière, celle des bureaux de bieniaisancc, celle des libéralités, de l'aliénation mentale, des octrois, des chemins de fer, des postes, du télégraphe, do la navigation intérieure, de la production du vin, de l'alcool, du sucre, des récoltes, du monnayage, de la pêche maritime. Les assurances sont publiées par un journal spécial, la Banque de France publie son Conipte, etc. *.
Dans les autres pays, nous remarquons le Slaiistical abstract anglais, auquel manquent quelques-unes des statistiques ci-dessui , mais qui en donnent d'autres non moins
« En France et dans un certain nombre de pays, on a inti-oduit Tusage de mettre un accusé de réception dans chaque document envoyé; il faut espérer que i)ersonne lo iierd son temps à le remplir. C'est de l'argent jeté par la fenêtre.
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intéressaotes , la sUlUlique de Tinstruction primaire et de rémigration . L'Annuaire de la statistique officielle belge entre dans de nombreux détails sur Tinstruction à tous les degiés, donne la statistique des machines à vapeur et un CCI tain nombre d*auires. LeJahrbuch (annuaire) deTEmpiie allemand est un des plus complets; il serait fastidieux d*entrerdans l'énumération des chapitres; il est si facile de se procurer ces publications, dont le statisticien de profession ne saurait d'ailleurs se passer. La Prusse, Tltalie, l'Autricho, la Russie, la Suède» Je Danemark, etc., ont aussi comme la France des annuaires s^tistiques estimés.
11 est inutile de dire que les statistiques réunies dans les publications officielles dépendent grandement de Torganisalîon administrai ive du pays: — il peut y manquer des WQpmes pour recueillir certaines statistiques; — d'autres fois4e simples circonstances forfuites peuvent être la cause de iaeimes importantes. Si le ministre ou le directeur trouve uUle^'instituer un relevé annue/, le relevé sera annuel; mais il Odus est arrivé aussi d'entendre soutenir qu'il suffisait de recueillir les renseignements « de temps à autre, b Enfin, le goût personnel.du chef de bureau, ses études antérieures, quelquefois certaines tendances scientifiques, peuvent ,1e porter à préférer ou à négliger certaines données, de sorte que la comparaison des listes de publication des ^ilTérents bureaux n'est pas très instructive, car le hasard y a sa part d influence.
Il estju&ted'ajouter,qu'endeborsdu dénombrement, d'autres renseignements encore peuvent être reqqeillis à desintervallesplus longs qu'uueannée; maisnousxoudriuns qu'on se déshabituât de faire des relevés «.de temps à autre, » c'està-dire à des époques indéterminées. Il faut s'astreindre à
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maiiiteDÎr une périodicité quelconque, tous les trois, cinq, dix ans, pour tous les renseignements qu'on ne peut ou ne veut pas recueillir tous les ans. Les statistiques ne deviennent instructives que par la comparaison et en raison de l'étendue de la série des comparaisons.
Nous n*avons pas encore épuisé toutes les périodicités : ellepeutencore être hebdomadaire, mensuelle, trimestrielle. A Texemple de Londres, plusieurs capitales ou grandes villes publient un bulletin des naissances et des décès. De même, le GesundheitS'Amt (office sanitaire) allemand àBerlin, comme le bureau de statistique de Paris^ fait paraître un journal hebdomadaire pour tenir le lecteur au courant du mouvement de la santé publique. Ces bulletins hebdomadaires sont d'excellentes mesures administratives, mais la statistique n*a rien à y voir. Un bureau de statistique peut èlre chargé de les publier, mais en sa qualité d'organe administratif et non en celle d'instrument scientifique. II en est de même des tableaux mensuels du commerce, du prix des grains, du produit des impôts et autres, — renfermant souvent des chiffres provisoires. Encore une fois, ce sont d'excellentes mesures, mais ce n'est pas de la statistique scientifique. Toutefois, ces publications fréquentes obligent les statisticiens à suivre les faits de près, ce qui rend leurs travaux d'une utilité plus immédiate, plus pratique. (Jn dénombrement décennal n'est complètement publié que deux ou trois ans après l'opération; une statistique annuelle est quelquefois en retard de quelques mois ; un renseignement mensuel ne peut pas se faire attendre quelques semaines, tandis qu'un bulletin hebdomadaire doit paraître dans les deux jours. Or, cette courte ou rapide périodicité n'est possible qu'avec une bonne organisation des services; elle influe
donc favorablement sur Tenseroble de Tadministration. Quant aux publications trimestrielles, elles constituent simplement une sorte d'acompte donné au public pour l'engager à prendre patience.
Il reste à mentionner encore un mode de publicité, celui de fascicules successifs, on dit aussi « par livraisons >. C*est à éviter en matière statistique. II y a une grande différence entre les numéros d'une revue et les fascicules ou fragments d'un volume.