‹ Traité théorique et pratique de statistiqueChapitre 56 sur 84 · LIVRE tll. — ^A1lTIB PRATIQIIB · texte numérisé non relu

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tenter des deux derniers chiffres, 29 pour 1829); dans la cinquième, le culte (C = catholique; P = protestant, etc., etc.) : dans la sixième, la profession. Pour celle-ci, on inscrit le nom de la profession, et l'on ajoute des indications sur la situation de Tindividu; par exemple : P = patron; E = employé; 0 = ouvrier (ou ouvrière, la couleur du papier indique le sexe); D = domestique. La cuisinière d'un banquier serait donc marquée. Banquier. D.

Pour les femmes et les enfants qui n*ont pas de profession spéciale, on inscrit celle du mari ou du père. En Allemagne, comme en France, on a soin, dans le classement par profession, d'attribuer les familles à leur chef. Dans la septième ligné, un simple B équivaut à Bavarois ; mais, pour les étrangers, il faut inscrire en toutes lettres le nom du pays; dans la huitième ligne, on note les infirmités, s'il y a lieu; dans la neuvième ligne, le nombre des personnes qui composent le ménage. Nous passons des détails que chacun pourra combiner aisément. Voici deux fiches, k peu près de demigrandeur, que nous allons imiter.

St-aoud B

Colombe

Cordonnier P

Coltirateor

Arengle

La première fiche se lirait : Commune de Saint-Cloud,

nECENSBMBKT. 395

section B, chef de ménage (le papier étant jaune, on doit ajouter) : marié, né dans le département, en 1829, catliolique, patron, cordonnier, sans infirmités; le ménage est composé de cinq personnes. On lira aisément la seconde fiche. Du reste, les fiches ne se lisent pas, elles se classent, tantôt d'après un signe, tantôt d'après un autre.

Nous avons sous les yeux les Monatshefte, janvier 1880, fascicule dans lequel on trouve les procès-verbaux de la réunion des statisticiens allemands préparant le recensement de 1880. On trouve ici des instructions très détaillées, mais les innovations consistent en menus détails. Peu à peu les procédés s'arrêteront définitivement, sauf la latitude qu'on se laissera de profiter de l'occasion pour étendre le cercle des investigations, c'est-à-dire pour ajouter quelques questions sur le bétail, l'agriculture, l'industrie, pour compter ou non les maisons,- les logements, avec plus ou moins de subdivisions. Nous avons été frappé d'un passage, p. 78 (A. 2), dans lequel il est dit que, selon l'opinion des statisticiens allemands, le dénombrement des millésimes en 5 (p. ex. 1885) devrait être un peu moins développé que ceux qui se terminent par un zéro (1870, 1880, 1890). Mais, dans les procès-verbaux on n'entre dans aucun détail sur les distinctions qui seraient à faire.

I 5. — AUiaiCHE. — ITALIE. — AUTRES PAYS.

Si nous entrions, pour les autres pays, dans de nombreux détails, nous ne pourrions pas éviter les répétitions. Pour TAutriche, on a (dans les Mitlheilungen de 1870, 17" année, 2"" fascicule) un recueil renfermant toutes les prescriptions

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relatives aux recensements de 1857 et du 31 décembre 1869. Le recensement aura lieu à Tavenir tous les dix ans à partir de 1880. PourTopération, c'est Tautorité municipale qui fournit le personnel, et c'est l'État qui donne les imprimés. Les renseignements demandés sont, pour les personnes présentes : sexe, âge, état civil, origine, profession; pour les absents, seulement le sexe et le lieu de séjour. On peut aussi (kœnnen noch. Instruaion^ §14) demander le nombre des aveugles, etc. (Quelle singulière rédaction : on peut! La porte est-elle ouverte ou fermée?) Les relevés se font (provisoirement) de deux manières différentes : dans les villes on emploie des bulletins de ménage dits AnteiQcxetul^ parce que le chef de famille les remplit lui-même. C'est le propriétaire de la maison ou son concierge (§ 20) qui recueille les bulletins et les remet à Tautorité municipale. On doit ajouter un extrait de naissance ^ délivré sans frais — pour chaque jeune homme de nationalité autrichienne âgé de vingt ans et au-dessous (jusqu'à dix ans). Dans les communes où le bulletin de ménage n'est pas employé, un commissaire du dénombrement dresse des listes d'après les déclarations qu'il recueille des chefs de famille. Pour l'âge, c'est l'année de naissance qu'on demande. Le recensement de 1869 est bien supérieur à celui de 1857, mais il est encore bien compliqué, et il n'adopte pas encore franchement le principe de la population de fait. Nous avons vu paraître, depuis, le recensement de 1880, qui a adopté toutes les améliorations introduites par les congrès.

On sait que la Hongrie a un bureau spécial de statistique qui, d'ailleurs, est également à l'affât des progrès.

L'Italie décrit son recensement du 31 décembre 1871 dans les Annali del ministero di agricolturOj industria e commerciOt

4871 , trimestres Ilà IV (2« partie), eti872, trimestre I (2«partie). Nous avons à relever plusieurs détails remarquables. L'opération a été faite par commune. Le maire (dndaco), assisté du secrétaire de la mairie et d*autres personnes, se constitue en commission de recensement. La commission divise la commune en sections confiées à autant de commissaires nommés par le conseil municipal sur la proposition de la commission. Ces commissaires distribuent les bulletins de ménage que les chefs de famille ont à remplir à jour fixe (la situation du 31 décembre 1877| à minuit), les recueillent ensuite et les remplissent au besoin en présence du chef de famille pour les soumettre à la commission locale de révision. L*opération ne s'exécute pas partout avec la même facilité, peut-être à cause du mode de sectionnement; mais nous ne pouvons pas entrer dans ces détails, qu*il faut lire dans le rapport de 1872. Nous dirons seulement que les sections semblent avoir été souvent beaucoup trop grandes et que la révision n'a probablement pas toujours été très sévère. Le travail communal a été dépouillé sur place au moyen de<;aWo/tnfOufichesindividuelles et transmis au sous-préfet. On sait que ces cartoUne, faites après le recensement et seulement pour le dépouillement, ont donné à M. Engel Tidée d'essayer l'emploi de buUetms individuels remplis directement par les pères de famille ^ Les eartoline méritent donc qu'on s'y arrête un moment.

Quand tous les bulletins de ménage sont réunis, les employés de la commune transcrivent sur des fiches indivi-

* C*68t M. Engel lui-même qui avait expliqué ainsi l'origine de son idée; mais, p. 105 des Monatshefte précités (Janvier 1880), il revient sur cette manière de voir. Son explication peut être contestée, car la cartolina est à la fois une carte postale et une fiche, peut-être encore autre cbose.

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duelles les renscignemeDls contenus dans les bulletins. Chaque fiche reçoit son numéro d'ordre et rappelle en même temps celui du bulletin auquel elle se rapporte. Voici le modèle de la fiche (cartolina) ; nous nous sommes borné i le traduire de ntalien.

BoUetio de ménage, N-

Section principale, fraction de de

Fiche N-

Section secondaire de

Nom et prénoms.

Paternité.

Relation de famille, eon?ife.

Sexe.

Age.

ÉCHtclTil.

Profession \ •^''^ " ''^'^ tra?aille pour aotroi oo poor

Lieu de naissance.

<3^iAnP S I>*re si Ton est en résidence fixe, passagère, ^jo^'tet poor combien de temps.

Instruction.

Religion.

InOrmités.

Le classement se fait non par section, mais pour rensem-

ble de la commune; on dresse le tableau communal et on renvoie au préfet. L'administration préfectorale dépouille ensuite ces tableaux de la façon habituelle.

Le tableau communal distingue entre les personnes présentes [les seules pour lesquelles il y ait des fiches) et les absents, entre celles qui sont : l^'en résidence fixe, 2* de passage, ou 3" séjournant < pour quelque temps >. Enfin, ritalie procède aussi, par Tentremise de ses consuls, au recensement de ses nationaux habitant les pays étrangers.

On trouvera dans les Ânnali di statistica, série 3, vol. âO et 25, tout ce qui est relatif au recensement italien de 1881; le cadre qui est inséré dans le volume 15 est tout à fait à la hauteur de la science ; il n*y a rien à ajouter.

Nous avons déjà parlé de la Belgique en plusieurs endroits. La Suède, où se fit, il y a plus de 100 ans, le premier recensement, mérite bien une mention spéciale; mais son système laisse à désirer : il ne s'applique qu'à un pays ayant peu de villes. Ce système est fondé sur les registres de population (voy. page 61 et 366, en note) qu'on tient à jour dans les villages, mais dont on ne peut se servira Stockholm, ni à Gothembourg. C*est M. Berg qui nous le dit. (Compte rendu de Saint-Pétersbourg, tome III, page 170.) Les pasteurs copient sur les registres de quoi faire des bulletins de ménage, qui sont envoyés au bureau central de statistique, où ils sont dépouillés. Les renseignements usuels semblent y figurer au complet. C'est la population de droit que fournissent les campagnes, c'est la population de fait qu'on constate dans les villes, où l'on est obligé de faire un dénombrement réel ; toutefois, le travail étant centralisé, le bureau de la statistique réduit les doubles emplois, ou les omissions, à un très petit chifiTre. On s'est servi de bulletins individuels

AOÙ LItRI ut. — I^AETII PKkrtQME.

pour les déDombrements de Stockholm et de Gothemboorg.

En Espagne, le décret royal da l*' novembre 1877, ordonnant un dénombrement de la population espagnole, ainsi que VInstrttclion ministérielle du 2 du même mois, ne présente rien de remarquable. Les questions posées paraissent suflSsantes, seulement on demande Tàge et non Tannée de la naissance. Les relevés et le dépouillement se font par Tautorité municipale, d'après un système de commissions qui paraît imité de l'Italie, mais qui est plus compliqué. La dépense semble avoir été mise en grande partie à la charge des communes, mais les provinces et TËtat y contribuent un peu : dans quelle proportion? cela ne ressort pas assez clairement. Des pénalités doivent atteindre ceux qui donnent de faux renseignements ou qui altèrent les chiffres; il y a un véritable luxe de pénalités et de recommandations. Cest l'état de la population dans la nuit du 31 décembrel877 au 1*' janvier 1878 qu'on se propose de constater. L'opération est conduite par la direction générale de Hnstitul géographique et statistiqtte.

Dans les autres pays, les recensements se rapprochent plus ou moins des méthodes que nous venons de décrire.

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