CO
SLB. I à III. ConserTateurr
Catholiques
Libérani
Polonais
Indéterminés
On peut comparer ici rinfluence des villes et celle des campagnes, et, dans une certaine mesure, celle de la Tortune«. Nous venons de donner les résultais d'ensemble; mais, si Ton pouvait entrer dans les détails par circonscription, on trouverait à dégager plus d'une observation curieuse.
11 ne parait pas qu'une statistique aussi détaillée ait été
* Cette statistique 8*applique aux électious de 1 8G3 ; on voit que le parti catholique ne date pas, comme on le croit communément, de tb7 1 .
3 L'éducation, mais surtout le tempérament, exercent sur Topinlon politique une influence bien plus jurande que la fortune. Le lieu de séjour n*agit que comme moyen d*éducation.
relaite dans ces derniers temps, la comparaison eût été intéressante. Nous en avons entrepris nne un jour pour comparer, dans le même pays TefTet des deux législations, celle que nous venons de décrire et celle du suffrage universel qui fonctionne pour le Reichstag. Nous avions la liste des députés au Reichstag et celle des députés au Landtag et très souvent c'était les mêmes noms. Quand ils différaient la cause pouvait en être au mode d'élection, Tnn (celui par classes d'imposables), est public, Tautre est secret, mais il se pouvait aussi que la même personne ne voulût pas se charger du double honneur. .. ou de la double corvée. II y a aussi la question de Tindemnité, qui existe pour un parlement et non pour l'autre. Cette comparaison nous ferait croire que le mode d'élection n'aurait pas tout à fait Tinfluencc qu'on pourrait lui attribuer.
La statistique des élections a été faite dans plusieurs pays, par exemple, en Angleterre, en Italie, mais d*une manière moins complète que celle que nous avons donnée d'après H. Engel. Une question à résoudre, est, ce qu'on appelle — la représentation proportionnelle, — nous sommes loin de lui attribuer Timportance que lui reconnaissent ses partisans, nous croyons qu'elle renferme beaucoup d'illusions (voy. The Economist du 20 décembre 1884), il importe néanmoins de le contrôler par la statistique cette doctrine qui n'est pas parvenue à se faire accepter.
Une bonne statistique de la presse, en divisant les journaux par partis, avec indication du nombre des abonnés, — si l'on pouvait s'en procurer le chiffre, — serait utilement rapprochée des renseignements qui précèdent.
Les fonctionnaires, et en général l'administration, fourniraient la matière d'utiles statistiques; mais jusqu'à pré-
sent on n'a guère réuni que des renseignements incomplets. Tant que cette lacune subsistera, il ne sera pas permis de dire, par exemple, qu'il y a plus de fonctionnaires en France que dans d'autres pays, — personne n'en sait rien. — Malheureusement, les recensements par profession ne sont pas encore assez bien faits pour fournir le renseignement. On devrait nécessairement distinguer entre les employés de l'État et ceux des communes et des départements, sans compter les autres subdivisions désirables. Il y aurait lieu de veiller à ce que les officiers, les prêtres, les instituteurs, même certains employés d'établissements privés, ne fussent pas confondus avec les fonctionnaires proprement dits.
Nous comprenons les finances dans la statistique politique. On ne doit pas confondre les finances avec les impôts. Ces derniers sont à beaucoup d'égards du domaine économique : c'est l'économie politique qui étudie leur influence sur la production, sur la distribution, sur la consommation des richesses; mais les impôts ont aussi un côté politique, car on ne peut pas les fonder uniquement sur des principes économiques : il faut tenir compte des traditions, des préjugés, des convenances nationales et de bien d'autres choses encore; avant tout des besoins du trésor. Les finances comprennent les impôts, qui sont comme les pierres du monument; mais les finances sont un tout, un système; elles se composent des recettes, des dépenses... et des dettes. Elles sont politiques, parce que de l'équilibre des recettes et des dépenses dépend la puissance d'un État. Le statisticien devra donc les mettre en regard les unes des autres, en comparant des séries d'années et des séries de pays. La comparaison peut se faire pour le nombre absolu, comme
pour les nombres proportionnels', selon Tobjet du travail. Si l'on peut, on doit rapprocher des chiffres du budget ceux des revenus de Tensemble des citoyens (nous évitons de dire : de l'ensemble de la nation).
Hais ce ne sont là que des données générales qu'il faut analyser, décomposer en leurs éléments, si on veut les rendre fécondes. Comment les décomposer? Au hasard? Ce serait abandonner au hasard la découverte de la vérité. Il faut donc suivre des principes : la science économique les indique. C'est ainsi qu'on aura à étudier les contributions directes comparativement aux contributions indirectes, et qu*en traitant des impôts, on devra éviter de les confondre avec les domaines et les autres revenus de TÉtat qui ne constituent pas un impôt. Les postes et les télégraphes et, dans les pays à monopoles, le tabac (et autres, s'il y en a) doivent former une division spéciale; car, dans ces cas, l'impôt se complique d'un service rendu, d'une matière fournie. Ces grandes divisions comportent ensuite des subdivisions qui peuvent varier selon les nécessités de l'étude entreprise.
Les dépenses se groupent différemment selon le point de vue auquel on se place; mais, dans tous les cas, on met à part l** la dette publique et 2* les frais de perception, ces derniers formant en quelque sorte la tare du budget des recettes. Nous mentionnons pour mémoire 3° les non- valeurs et 4° lesfonds inscrits pour ordre. Ce que nous appellerons les dépenses nettes sont 5** les dépenses d'administration publique, ainsi que les dépenses militaires avec la marine et
* On ne doii faire qu'un usage prudent des nombres proportionnels, et, lorsqu'on compare les charges, éviter do ooraptei* les revenus qui ne proviennent pas d'impôts.
SfATISTlUtE POLITIQUE. ;J57
même les affaires étrangères, ce qui ferait deux grandes divisions : a. administration intérieure, 6. sécurité extérieure.On le voit, c'est une classification politique que nous indiquons. Sanssortirdudomaineadministratif, — c'est-à-dire, sans faire de la science financière, — nous pouvons encore subdiviser l'administration intérieure, grouper les dépenses de l'administration proprement dite, celles des travaux publics, du culte, de l'instruction publique, établissant plus ou moins de rubriques, selon le cas. Pour certains besoins administratifs et même politiques, il peut être nécessaire de se borner à maintenir la division par ministère; mais alors les comparaisons de pays à pays sont presque impossibles, car les ministères des différentes contrées sont loin d'être composés de la même manière, c'est-à-dire, de réunir les mêmes services publics. On comprend que nous ne prétendons pas épuiser ici lesénumérations : nous voulons seulement appeler l'attention du lecteur sur la grandeur du champ à parcourir, sur la variété des points de vue qu'on peut y prendre, sur le grand nombre de problèmes qui s'y posent et des solutions qu'on y cherche.
Nous allons maintenant essayer de donner un tableau des finances des principaux États de l'Europe. Ne pouvant pas tout offrir, nous reproduirons seulement les nombres absolus, qu*il sera d'ailleurs facile au lecteur de convertir en nombres proportionnels. Nous n'avons pas pour but de donner des chiffres récents, nous voulons seulement indi- • quer les grandes catégories en lesquels se divisent les revenus de l'État. 11 sera facile de relever dans notre annuaire, les chiffres des années les plus récentes.
raxxEM. ~ Recettes, en millions de francs {£875-76^.
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C«D(rlbDt.Oûf
d rec'et.
France 442
Royaone-L'ni 166
Belgiqae 43
Pays-Bas 48
Danemark 11
Suéde 14
Norrége m
Roftsie 390
Autricbe-UongrJe >
AnUicbe senles 219
Hoogrie 175
Suisse, bndget fédéral.. »
— budget fédér. et cant . 13
Italie 362
Kspagoe 118
Portugal 30
Empire allemand »
Prusse 186
Barière 25
Saie 15
Wurtemberg 12
Nous n'avons pas suivi ici la classification, souvent criticable, des budgets; ainsi, nous avons ajouté Timpôt sur le revenu des valeurs mobilières aux contributions directes. Si, dans le budget français, cet impôt figure ailleurs, c'est qu*il n*est pas perçu par la direction générale des contri-
< Y compris le produit des colonies, B*il y a lieu.
3 Pour le budget de l' Au triche-Hongrie et de rÀliemagne,il importe d*éviter les doubles emplois.* Le gouvernement fédéral de l'Allemagne a des revenus fédéraux, mais le gouvernement commun de rAutriche- Hongrie n'a presque pas de revenus communs. En Suisse, il y a un budget fédéral et des budgets cantonaux, tout comme aux États-Unis d'Amérique.
^ Y compris environ 90 millions de francs, déjà compris dans les budgets particuliers des États de l'Empire allemand, somme qu'il ne faudrait pas oublier de défalquer des 5U3 en calculant le montant total des dépenses allemandes. Ce chiffre de 503 renferme 57 millions de rc- CcUos c.\traoi'diuaiic6.
lions directes , mais par la direction générale du timbre et de renregistrement, qui percevait déjà sur les valeurs mobilières, avant lu création de Timpôt sur le revenu, un droit de timbre et d'enregistrement*. La colonne intitulée : Services et Monopoles, renferme la poste, les tabacs, etc. Ce n'est pas sans y avoir beaucoup réfléchi que nous les avons réunis; mais nous avons passé outre à nos hésitations : ce sont, en effet, deux monopoles, et Tun et Tautre se font payer un service, celui-ci de fournir des cigares, celui-là de transporter une lettre. Nous avons dû ajouter aux recettes d'ordre toutes celles qui n*ont pas trouvé place dans les quatre colonnes précédentes, afin d'arriver au total général des recettes. Nous avons procédé de la même façon pour les autres États, en nous efforçant d'assimiler les différents impôts avec la plus grande rigueur. Nous avons eu soin, enfin, afin d'éviter les doubles emplois, d'une part en Autriche-Hongrie, de l'autre en Allemagne.
Voici maintenant les dépenses (ord. et cxtraord.).
FINANCES. — Dépetuesy en millions de francs.
Frai* da
Total Armée parccpUon
des Dalle ei et
dépenaes. publique. marioe. Doa-vaienr>.
France 2,570 i,034 666 267
Royaume-Uni 4,922 725 071 489
Belgiqae 245 64 43 13
Pays-Bai 439 4i 79 20(r)
Danemark 55 47 48 4
* Les droits de licence, étant une patente supplémentaire, devraient également ilgui*er parmi les contributions directes. Le budget classe les impôts par administration et non d'après des règles scientifiques.
2 Les frais de perception comprennent, outre les dépenses causées pour la perception des impôts proprement dits, l'achat des matières pi-emièrcs, par exemple, le tabac, le sel, puis les frais d'exploitation de la poste, de chemins de fer. Les totaux des frais de perception des diiîcrci.ls [*iiyi> ne soj.I i»as coinporablca.
SoM»* 109 iS îi »
Norfêge 54 4 II 7
Rottias 1,710 »4 615 (?)
Antrkhellougne {i9*)* » (275; »
Aotricbeseole 1,010 iJ3 19 âiO
HonftriciMik 53« 175 15 (?)
SuiftM. bodget k-der^l 42 10 12 2U
— bodget fédéral e;caaU>D al . 78 10 11 (?)
fUlia 1.318 666 227 100
Espagne MO 49 238 (?|
Portugal 137 58 26 (?)
Empire allcjJ4od 593 3 483 (?)
ProMd 814 70 » 237
Bafière 321 47 (50)* 116
Saie 67 25 » (?)
Worlemberg 128 20 » 73
C'est en matière financière que l'étiquette est souvent trompeuse et que les comparaisons cachent des pièges. Ainsi on ne peut pas se borner à prendre aux budgets le chiffre qui correspond à une rubrique, à un titre, à un chapitre, il faut encore savoir comment il est composé. Par exemple : la dette publique française comprend les pensions (116 millions], tandis que la plupartdes autres budgets les font figurer ailleurs. Nous pourrions citer encore beaucoup d'autres exemples; de sorte que, si nous avions voulu former beaucoup de colonnes comparables^ nous aurions été obligé de disloquer et de réformer sur un plan nouveau et uniforme les budgets d'un grand nombre d'États : en effet, celui qui prend une catégorie de dépenses pour objet d'un travail comparatif, doit les relever tout spécialement dans les
* Certaines dépenses, notamment pour Tarmée, sont couvertes par le produit des domaines, et ne tlgurent pas au budget ; ajoutons que les frais de perception renferment 15 millions pour Texploitation des chemins de fer.
'•^ Nous avons évalué le rouble à 3 francs.
3 Les chiffres entre parenthèses soDt déjà compris dans d*autre8 nombres.
* Déjà compris dans les 483 ci-dessus.
budgets sans se laisser tromper par les titres. Ajoutons qu'outre les dépenses de l'État, il y a celles des provinces (départements) et des communes; les trois caisses se partagent quelquefois la charge dans des proportions différentes. lien estainsi, par exemple, de Tinstruction primaire. Dans certains pays, la dépense entière est à la charge de rÉtat; dans d'autres, elle est supportée par les provinces, et ailleurs encore par les communes. Les personnes qui voudraient faire des travaux sur ces matières devraient, au préalable, se familiariser avec la législation et l'organisation administrative des pays : l'emploi de l'arithmétique ne su£5t pas au statisticien.
La statistique militaire et celle de la marine de guerre sont également du domaine politique. Du reste, tout se tient : la statistique du recrutement a fourni des données pour contrôler les tables de mortalité, et a servi plus spécialement à faire connaître les progrès de l'instruction primaire dans les différents départements et même dans les différents pays. Mais ce ne sont là que des accessoires delà statistique militaire. Celle-ci comporte un tableau de ren^ seignements propres à faire connaître, d'une part, la situation en temps de paix, de l'autre, la puissance en temps de guerre. Le montant des dépenses, joue également un grand rôle en ces matières.
Le statisticien dresse son tableau, soit au point de vue politique (c'est celui que nous venons d'indiquer), soit au point de vue économique. A ce dernier point de vue, il s'agit de calculer la perte de travail causée par une trop grande armée, ainsi que les charges excessives qu'une organisation coûteuse peut imposer à la nation. Mais une statistique
militaire peut encore être établie dans un intérêt technique;
562 UVKK, IV. — FARTIE APPLIQUÉE OC DÉMOGftAPHIB.
elle sort alors du domaine du statisticien ordinaire. La statistique militaire proprement dite peut étudier comparativement les difiérentes armes, leurs proportions les plus utiles dans une armée; le nombre de chevaux, des canons, etc., nécessaires; les dépenses pour le logement, Talimentation, les fourrages, le vêtement, etc., pour les hôpitaux, etc., dans les différents pays. Un pareil travail doit être établi ou dirigé par les officiers supérieurs de l'armée.
La marine comporte également des travaux spéciaux, mais dont il est inutile de donner ici la nomenclature. D'ailleurs, il est des statistiques militaires ou maritimes qu'on tient soigneusement cachées; nous croyons qu'on pousse même le secret un peu trop loin, car chacun calculera sans peine combien de soldats chaque pays peut, à la rigueur, fournir. Ce qu'on ne peut pas calculer, c'est Tétat des arsenaux. S'ils sont remplis, il n'y a pas, — ce nous semble, — à en faire un mystère; mais s'ils sont en désordre, peu approvisionnés; s'ils laissent à désirer sous un rapport quelconque, oh! alors, qu'on se taise et qu'on cache sa honte.