CHAPITRE XIX
Statistique politique.
Quoi qu*en aient dit certains statisticiens qui poussent le système jusqu'à l'absurde, la politique a ("également besoin de la statistique, et celle-ci ne lui rend pas moins de services qu*à la science économique et sociale. D'ailleurs comme les hommes se réunissent en communautés politiques appelées États, Tinfluence de TÉtat — ou do la politique — sur les hommes doit être étudiée par la démographie. La statistique politique formerait même un chapitre très important, si on voulait lui donner toute l'extension qu'elle comporte. Nous avons un jour relevé le nombre des électeurs par pays, le nombre d'habitants par député : c'était une manière de rendre plus sensible Teffet de certaines législations restrictives. Il est d'ailleurs évident que, dans les pays à suffrage universel, le nombre des électeurs est plus grand que dans les Ëtats de moins en moins nombreux ou le cens a été maintenu. Mais il est des pays où plusieurs systèmes électoraux sont en vigueur en môme temps; en Prusse, par exemple, les députés au Reichslag allemand sont
élus d*après un autre principe que les députés au Landiag prussien , et il serait aisé de constater quelle méthode est plus favorable aux conservateurs, aux libéraux ou aux démocrates. En Angleterre et dans d*autres pays plusieurs systèmes électoraux sont en présence. En France, les conditions de l'électorat politique différaient autrefois de celles de l'électorat municipal, il fallait pour ce dernier une année et pour Tautre six mois de résidence. La différence des nombres était si petite que la législation a été modifiée.
Ce qui offrirait un intérêt, ce serait une statistique des partis. Nous trouvons, par exemple, dans la Zeiischrift, de M. Engel, trois statistiques de cette nature; mais nous ne nous arrêterons un instant qu'à celle insérée dans l'année 1867, p. 236 et suivante. Elle est faite par circonscription ; on donne le nombre des électeurs et on distingue les villes des campagnes , les électeurs urbains des électeurs ruraux ; puis, comme chaque circonscription forme en principe trois collèges, comprenant: I les contribuables les plus imposés, II les contribuables moyens, et III les moins imposés ^ , on indique le nombre des électeurs primaires appartenant à chaque collège, puis le nombre des électeurs secondaires. Tous ces électeurs sont classés par parti. Nous allons en reproduire, pour la Prusse entière, les rapports proportionnels, en maintenant les subdivisions, en rappelant seulement que les collèges I, II et III ne se distinguent que par le montant des contributions pavées par les électeurs qui les composent.
> Voy. les détails dans notre Dictionnaire politique (Paris, Périn).
Élections en Prusse. — Résumé général (nombres proporliooDcIs).
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