CHAPITRE V
33. — Les machines à courants continus doivent se diviser en deux classes distinctes.
Dans les machines de la première classe, le courant est non seulement continu comme direction, mais aussi comme grandeur; il est tout à fait assimilable à celui qui serait fourni par une pile. Ces machines sont dénommées unipolaires, nom impropre qui leur reste, faute de mieux. Le lecteur initié au langage moderne, sait en cfîet qu'on ne peut pas considérer l'action d'un seul pôle magnétique, et que la conception d'action à distance doit être remplacée par celle des lignes de force, qui sont toujours le lien entre les deux pôles.
Dans la seconde classe de machines, le courant est redressé par un artifice mécanique, de telle sorte que, si un fil donné pris sur Tinduit de la machine est bien parcouru par un courant alternativement, à Textérieur du moins, le courant est continu comme sens.
L'artifice mécanique employé au redressement du courant est le collecteur-commutateur.
L'intensité du courant dans le circuit extérieur à ces machine» ne réalise pas la continuité absolue qui caractérise celui des machines de la première classe. Il y a toujours une ondulation du courant : mais on peut la réduire à être excessivement faible.
Dans certains types de machines, cette ondulation est très forte au contraire. On doit alors considérer le courant qu'elles produisent comme représentant la superposition d'un courant aller-natif à un courant continu.
MACHINES ELEMENTAIRES
La figure 8 indique la valeur du courant de ces machines en fonction du temps :
Fip. 6.
Kiî5. 7.
C mraiit rigoureujcmont continu. Courant faiblement ondulatoire. Machine de la 1*^ classe. Machine de la i" classe.
Fig. 8.
Courant Tortcment ondulatoire.
Machine de la t' clause.
Pour la machine à courant fortement ondulatoire, le courant I représente à chaque instant la somme d'un courant parfaitement continu, tel que Y et d'un courant alternatif tel que F.
La presque totalité des machines industrielles appartiennent à la seconde classe. Toutefois, la première a donné naissance à quelques types très intéressants, susceptibles d'applications spéciales.
34. Machines à courant rigoureusement continu. — L'expérience
Vrt/
Kiir. y.
bL
1 ig. 10.
de Téquipage mobile d'Ampère, présentée par les figures 9 et 10, contient tout le dispositif théorique de ces machines.
Soit A B un aimant et / un fil mobile, qui peut tourner autour de sa moitié supérieure seulement. Lorsque l'on fait effectuer à ce fil un tour complet autour de laiman^ il coupe toutes les lignes de force qui émanent du pôle A (supposé nord par exemple).
Il est donc le siège d'une force électromotrice, un courant y prendra naissance et parcourra le circuit extérieur supposé fermé.
Soit M le magnétisme de la partie CA (intensité de pôle de Taimanl). Le flux de force qui en émane est iv: M. Ce flux est en entier coupé dans une révolution dont la durée est T.
On a donc :
47rM
Et si Ton appelle toujours m la vitesse angulaire du mouvement uniforme du fil :
e = 2mM
Le courant aurait donc pour expression :
2mM
Ce courant est rigoureusement continu, si, comme on le suppose, le flux de force émane uniformément de Taimant, de telle sorte que toutes les lignes de force soient toujours à angle droit avec le fil, et si la vitesse est uniforme.
La théorie de ce genre de machines se présente donc avec les conditions de la plus grande simplicité,