PANNUS
Cette altération, qu'on a encore désignée sous les noms de cornée vasculaire. de télangiectasie cornéale, consiste dans un épaississement chronique de l'épithélium conjonctival de la cornée et parfois de la couche sous-jacente (lame élastique antérieure de M. Bowman), condition associée, dans ces tissus, à un développement vasculaire.
caractères ANATOMTQUEs et physiologiques. Dans ses degrés les moins élevés (pannus vasculaire, mince ou membraneux ; pannus celluleux de Cunier), la maladie qui n'est encore, à vrai dire, qu'une simple kératite vasculaire superficielle (page 270), apparaît sous forme d'un léger voile, blanchâtre,'semi-diaphane, parcouru par des varicosités filiformes, et occupant une partie plus ou moins étendue de la surface cornéale. Les limites scléro-kératiques sont parfaitement appréciables ; l'observateur distingue la pupille et les divers éléments intraoculaires ; la vue est conservée, bien que trouble, si le mal empiète largement sur le champ pupillaire. Peu à peu la toile morbide s'hypertrophie et devient plus riche en vaisseaux ; le calibre de ces derniers augmente ; les aréoles vasculaires sont plus serrées. Le réseau vient-il, en outre, à être doublé ou pénétré par des épanchements, par des collections de matière plastique, les symptômes objectifs et subjectifs contractent une exaspération en harmonie avec les conditions de l'obstacle. Finalement, le pannus peut aboutir à la constitution d'une toile rouge ou d'un rouge grisâtre, d'une masse exubérante d'épaisseur variable ; c'est ce qui a été appelé pannus charnu, sarcomateux ou trachomateux. La surface de la cornée est, dans de telles conditions, à peu près confondue avec celle de la sclérotique ; l'intérieur du globe échappe aux regards; la vue est abolie. La perception de la lumière subira surtout une détérioration considérable, si à la présence du voile superficiel vient s'associer une opacité du parenchyme de la membrane.
JJ4(i i.iviu? h. — MÀLADIBS nu GLOBE mculaiuk.
Le mal, parvenu iï ce degré «le gravité, se présente assez rarement dans la pratique. Noud iio rencontrons le plus habituellement que des pannus qui affai*
blisseilt beaucoup la vision, mais ne l'éteignenl pas d'une manière radicale. Très-souvent aussi, la cornée n'est qu'incomplètement obscurcie. Quand, ce qui arrive le plus communément, la lésion a sa source dans un étal granuleux des
Vôiles palpébraux (pannus granuleux), e'esl dans le segmenl BUpérieur de la
cornée que débutent presque constamment les désordres (page 2U27). Après s'être graduellement allongés, de haut en bas, vers le centre du miroir, el s'être mul* tipliés peu a peu, les vaisseaux Unissent par couvrir la moitié supérieure de la cornée, en s'arrêta nt sur une ligne horizontale qui la partage en deux moitiés. Cette ligne de démarcation, entre le segmenl semi-lunaire affecté el celui qui demeure sain, est généralement limitée par le bord libre de la paupière supérieure, quand le malade tient l'œil ouvert, condition qui démontre que les vascularités sont engendrées par le frottement que les granulations exercent sur le globe, pendant l'état de veille. Plus tard, le reste de la cornée peut se va cola riser également. Cette régularité dans la manifestation des phénomènes pathologiques est susceptible de se montrer aussi dans les hypertrophies des papilles conjonctivales, mais on ne l'observe qu'exceptionnellement dans les pannus qui peuvent venir compliquer d'autres ophthalmies. Nous mentionnerons plus particulièrement ce qui a été appelé pannus scrofuleux, lésion dans laquelle l'origine de la vascularisation procède suivant des directions variées^ et qui s'associe à des phlyetènes ou à des pustules sur la surface de la cornée.
étiologie. — Le pannus est presque constamment engendré par des ophthalmo-blennorrhées chroniques, surtout quand elles sont compliquées d'un état trachomateux des paupières. Le froissement, que détermine sur la cornée la présence des cils introversés, lui donne fréquemment naissance.
traitement. — Quelques pannus se dissipent, avec une rapidité extraordinaire, par l'éloignement de la condition mécanique qui a présidé à leur développement. J'ai donné des soins h des malades frappés de cécité par suite -de cette altération liée à la présence d'un entropion. Dès qu'une opération chirurgicale avait reconstitué le redressement de la paupière, l'obstacle s'éclaircissait peu à peu ; ses vaisseaux s'atrophiaient et disparaissaient graduellement ; le sujet , naguère inhabile à se conduire, récupérait l'intégrité des perceptions visuelles. Il est infiniment plus difficile de triompher des pannus granuleux, à cause de la difficulté que nous offre la guérison des corps morbides qui les ont fait naître, et qui en perpétuent l'existence.
Quand la maladie qui nous occupe a atteint un haut degré de développement, les évacuants, les altérants, les dérivatifs cutanés n'ont guère de prise sur elle. Toutefois, dans la pratique du docteur Crilchelt, de vieilles opacités vasculairea de la cornée paraissent avoir éprouvé un amendement notable , sous l'jnfluenca du séton à la tempe, entretenu pendant plusieurs mois. Les moyens qui réussi? sent le mieux dans les conjonctivites chroniques nous rendent souvent ici des services signalés. Nous mentionnerons, entre autres, le collyre au sublime, celui de pierre divine, les préparations lanniques. les pomfhadeâ de nitrate d'argent, de sulfate de cuivre, de précipité rougo. M. Foucher préconi>e la