‹ Traité théorique et pratique des maladies des yeux [electronic resource]Chapitre 168 sur 501 · CHAPITRE IV. — MALADIES Itli LA CORNEE · texte numérisé non relu

CHAPITRE IV. — MALADIES Itli LA CORNEE

ont été qualifiés par M. Bowman et d'autres observateurs de substance osseuse.

Taches métalliques.— Cette dénomination a été donnée à des opacités contenant des amas métalliques couverts d'une exsudation membraneuse ou fibroplastiquequi s'oppose plus ou moins à leur expulsion. Ce sont, dans quelques circonstances, des particules insolubles, fruits de l'addition banalement répandue du laudanum à des solutions déjà indiquées (page iU); toutefois, Ton a le plus souvenl affaire à des incrustations saturnines, par suitedel'usage d'un collyre au sous-acétale de plomb, en présence d'une cornée morbidement ou traumatiquement ulcérée. Un pharmacien de province1 se livrait à des manipulalions chimiques, quand il reçut dans l'œil gauche une forte quantité d'acide sulfurique étendu d'eau. Un médecin, aussitôt appelé , s'empara d'un flacon d'extrait de Saturne et en versa en grande abondance dans un verre, y ajoutant une petite quantité d'eau ; le malade baigna longtemps dans ce mélange l'œil blessé. La cornée, largement dénudée, permettait encore, avant l'emploi de ce remède, de distinguer les objets d'un grand volume; cette faculté fut abolie et le miroir devint le siège d'une opacité étendue. Cinq semaines après l'accident, le malade me fut adressé par le docteur Briquet. Je constatai sur la cornée la présence d'une vaste nappe d'un blanc mat. Occupant plus des trois quarts de la membrane dans sa région centrale, elle couvrait la pupille, qui n'était visible que de profil par la marge diaphane régnant vers le limbe kératique. La pupille, d'ailleurs, était d'un beau noir et exempte d'adhérences. Cette opacité était, en très-grande partie, le résultat du sous -carbonate de plomb, des molécules, en un mot, cpii blanchissent les solutions aqueuses d'extrait de Saturne ; il faut y ajouter la présence d'une certaine quantité de sulfate de plomb, le tout fixé en place par le tissu de cicatrice. Chez un peintre en bâtiment du nom de Frimat2, j'ai vu de nombreuses collections saturnines, à la cornée gauche chroniquement ulcérée, dépendre de ce que le malade s'était exposé, pendant quatre jours , à une poussière épaisse provenant du grattage de vieilles portes blanches. Je fis, avec une aiguille à cataracte et en plusieurs séances, l'extraction du sous-carbonate de plomb (blanc de céruse) , et le malade fut infiniment soulagé. Les conséquences cliniques qu'on peut tirer de ce fait, dans le cours des kératites ulcéreuses chez les ouvriers de certaines professions, sont trop palpables pour être mentionnées ici.

caractères physiologiques. — Les taches situées au centre de la cornée et celles qui, résidant sur un autre point, empiètent plus ou moins sur le champ de la vision , sont seules capables d'opposer à l'exercice de cette fonction un obstacle de gravité variable. Si les mydriatiques éclaircissent la vue dans les opacités centrales, c'est qu'ils fournissent de l'ampleur à la pupille, dans le sens des parties transparentes ou moins troubles de la cornée; j'ai connu des ma-

i Ch. Deval, Blessure de la cornée par V acide sulfurique; incrustations saturni [Bulletin de thérapeutique, t. XLV, p. .'505.

» Ch. Deval, Nouvel exemple d'incrustations métalliques dans la substance de la j née. (Gazette médicale, année 1849, p, 544.)

Page 1