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TACHES OU TAIES DE LA CORNEE

Les obscurcissements chroniques, dont nous nous proposons de traiter dans cette section, sont le résultat d'une kératite, aiguë ou chronique, ou d'une lésion traumatique. Us sont généralement connus sous le nom de taies.

caractères an vtomiques. — Les tachcs.dc la cornée sont superficielles, moyennes ou profondes. Tantôt (néphélions, albugos), elles consistent dans la présence d'une matière lymphatique, à un degré de condensation variable. Tantôt (leucomes), elles sont formées par une cicatrice, par une soudure des couches kératines a la faveur d'un produit fibro-plastique. Dans un grand nombre de cas (ttacb.es mixtes), elles résultent de la réunion des deux éléments qui précèdent. Qes distinctions ont de l'importance au point de vue du pronostic et des chances pins ou moins favorables qu'il y a lieu d'attendre des médications à mettre en

œuvre

Certaines taches de la cornée sont tellement exiguës qu'on ne peut bien en apprécier les conditions qu'à la loupe ou à l'éclairage oblique. Parfois encore, dans une ophthalmie pour laquelle on est consulté la première fois, l'on est incertain si un obscurcissement de la cornée est une véritable taie ou une opacité inflammatoire dépendant de la maladie actuelle. Les informations transmises par le malade dissiperont à cet égard tous les doutes.

Néphélions, Albugos.— Le néphélion (nuage, nubécule) provient d'une phlegmasie qui a intéressé peu profondément la cornée. Il est parfois le résultat d'une kératite phlycténulaire ou pustuleuse. Une ulcération kératique peut donner lieu au néphélion, quand elle occupait très-superficiellement la cornée. Nous l'avons vu succéder à l'oplithal mie des nouveau-nés et à d'autres ophthalmoblennorrhées.

Les taches de ce genre consistent dans l'effusion d'une sérosité lactescente au sein des couches les plus antérieures du miroir. On les a attribuées, dans quelques cas, a un simple épaississement de l'épithélium. Elles sont d'un blanc bleuâtre, et, en général, d'autant plus claires qu'on les examine plus près de leur périphérie, où elles se fusionnent peu à peu avec la teinte normale de la cornée.

Lorsque les taies sont plus opaques, plus blanches, quelquefois même d'un aspect crétacé, ces obstacles, formés par une exsudation plus copieuse, plus épaisse, ent.erement coagulée, ont reçu le nom A'albugos. Le néphélion ne roemme jamais au-dessus de la surface de la cornée; le contraire peut avoir u pour I albugo. Quand le premier est central, les objets semblent au ,na- • ad obscure, par un brouillard, tandis que le second, localisé dans cette même > on, est susceptible d'abolir complètement ou presque complètement la v u les corps, au moins, qui sont placés devant le centre de IVganell v S ^d-e, ncanmoms, que 1 albugo mérite for, souvent fc f^?J *Z

356 I.lVftlï II. — MALADIES DU GLOBE OCULAIRE,

des leucomes ou des opacités mixtes. Un onyx peut être remplacé par une tache de ce genre, quand il s'est partiellement débarrassé de son contenu par l'absorption des éléments les pins ténus de la collection, tandis que d'autres éléments se sont condensés et restent en place (onyx exsiccatus). Ces opacités, plus ou moins proéminentes, sont souvent jaunâtres, inégales et séparées par des slries Manches ou prises.

Leucomes. — Ce sont des cicatrices consécutives à une perte de substance de la cornée et qui succèdent tantôt à une plaie par cause externe, tantôt à un ulcère qui a détruit une portion plus ou moins considérable de la membrane. Les leucomes, effets de l'action d'un instrument tranchant, ont presque constamment une forme linéaire'; sont-ils la conséquence d'un ulcère, leur configuration est généralement circulaire. Habituellement pourvus de limites nettement tranchées, ils offrent souvent l'aspect luisant de l'émail ou de la nacre. Ils peuvent n'exister, plus ou moins profondément, que dans les couches moyennes de la cornée (cicatrices inter-lamellaires).

Taches mixtes. — Ces taies, forme très-commune, ne sont presque jamais nettement circonscrites. Le noyau leucomatcux en occupe généralement le centre, tandis que l'exsudation interslicielle constitue l'auréole de la cicatrice et se propage d'une manière plus ou moins diffuse sur la continuité du miroir.

Dans quelques cas, où un pinceau variqueux vient aboutir à un ulcère de la cornée, ce dernier peut être remplacé par un leucome, tandis qu'à l'appendice vasculaire succède souvent une traînée nébuleuse, résultat de l'épaississemeutde l'épithélium kératique ou d'un épanchement sous-jacent de lymphe coagulée.

Taches vasculaires, pigmenteuses, etc. — Un très-grand nombre d'opacités chroniques de la cornée reçoivent des troncs vasculaires engorgés et dilatés, qui, se ramifiant à leur surface, donnent fréquemment lieu à des arborisations très! serrées (albugos, leucomes vasculaires). Quelques taches présentent çà et là des points noirs constitués par des particules de pigment (cicatrices pigmenteuses de la cornée) ; ce dépôt s'explique par une perforation de la cornée, lors de la période inflammatoire de la maladie. Dans de telles circonstances, l'iris s'étanj adossé à la face postérieure du miroir, après l'écoulement de l'humeur aqueuse, une certaine quantité de pigment, détaché du limbe pupillaire, se porte sur la plaie kératique et on le rencontre plus tard soudé au tissu de cicatrice. Les sj lochies antérieures (cicatrices adhérentes de la cornée) sont des complications très-fréquentes des taies. Celles-ci peuvent être accompagnées d'une cataracte centrale, d'après un mode de formation dont nous expliquerons plus tard le mécanisme.

L'obscurcissement sanguin de quelques auteurs est une forme rare consécutive à un épanchement de sang dans la substance de la cornée ou entre elle et son épithélium. Le sérum s'étant résorbé, le caillot subsiste, et c'est en se desséchant et en se combinant d'ailleurs avec des produits iihro-plastiques qu'il constitue l'opacité rougeàtre ou jaunâtre dont il s'agit et dont l'origine est asset habituellement traumatique.

Quelques taches offrent dans leur épaisseur des dépôts calcaires (page 30/)- Des fragments durs et irréguliers, qu'on y a rencontrés dans des cas très-rares,

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