CHAPITRE V. — MALADIES DE l/lRIS
La ligature vient d'être tentée de nouveau par le docteur Borelli, qui lui assigne une grande supériorité sur les autres modes d'opérer les staphylômes, et invoque des succès en sa faveur . M. Borelli fait coucher le malade prie dos; un aide soulève la paupière supérieure; le chirurgien déprime luimême l'inférieure. Puis l'opérateur traverse la base de la protubérance par deux longues épingles, qui se croisent en X, au point médian de cette même base. Cela fait, un fil de soie, passé derrière les tiges métalliques, fait le tour complet du staphylôme; on le serre sur les épingles ; on fait un double nœud, et les deux chefs du fil sont assujettis sur la joue correspondante avec un fragment de diachylon. Le staphylôme est-il partiel, on en embrassera toute la base, en enfonçant les épingles contre la région diaphane de la cornée. S'il est complet ou fort étendu, on ne comprendra entre les épingles qu'une petitepartie de la dégénérescence, de telle sorte néanmoins que, la cicatrice achevée,, les voiles palpébraux puissent commodément couvrir le globe. Cette opération, est peu douloureuse, suivant le praticien de Turin, et la réaction qu'elle suscite presque nulle. En levant l'appareil, vers le troisième jour, on trouve habituellement la partie étranglée tout à fait détachée; on renouvelle alors le pansement avec de la charpie et du cérat, qu'on applique sur les paupières entr ouvertes et qu'on change toutes les vingt-quatre heures. Huit jours suffisent généralement pour que la cicatrisation soit complète *.
MM. Ancelon et Guépin paraissent avoir eu à se louer du procédé de M. Borelli \ N'y ayant point eu recours, je ne puis que l'apprécier théoriquement. Une donnée, toutefois, que fournit ce chirurgien, mérite l'attention des opérateurs. La portion de la cornée, comprise entre la sclérotique et le fil, se laisse beaucoup distendre par l'étranglement qui s'effectue sur la base de la tumeur ; cette région kératique acquiert presque le double d'étendue, si la constriction embrasse une large partie de la protubérance. Il résulte de cette circonstance et de la rectification qui survient dans la direction des tissus restés diaphanes qu'appliqué au staphylôme partiel, le procédé de M. Borelli met l'œil dans des conditions plus favorables que ne le font les autres modes de traitement, au point de vue de l'exécution de la pupille artificielle.
1 Compte rendu du congrès cVophthalmologie de Bruxelles (session" de 4857). * Bulletin de thérapeutique, t. LVII, p. 441.
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