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CHAPITRE v. — HJALAD1ES DE i.'lllis. I

encore je n'ai eu h m'en repentir. Évitez toute pression qui aurait pour effet ^effusion de l'humeur vitrée ^ même précautioa doit être prise par l'aide, pendant la manœuvre, surtout vers la fin de cette dernière. Ave/, soin de ne pas supprimer trop tôt les bandelettes ; ce précepte trouve sa justification dans le travail de la cicatrisation qui présente quelques phénomènes dignes d'intérêt. Peu de jours après l'opération, une membranule demi-transparente, résultai de filaments lymphatiques exsudes, a pris naissance entre les lèvres de la plaie rétrécic par l'affaissement du bulbe; le malade peut d'ordinaire discerner, à travers ce tissu, les ombres des corps de grandes dimensions, quelquefois même reconnaître ces derniers ; lorsqu'on visite les parties à cette époque, il faut le faire avec précaution, pour ne pas rompre la pseudo-membrane. Celle-ci s'épaissit de plus en plus par l'épanchement d'une quantité plus considérable de matière plastique, et des bourgeons, qui se développent. en même temps sur la région correspondante du corps vitré, viennent renforcer la cicatrice. Il se forme, dans certains cas, des \ éclations assez volumineuses cpii proéminent au-dessus de la surface de la plaie, et qu'on doit toucher avec la pierre infernale, exciser même parfois avec les ciseaux courbes. Le moignon, une fois bien consolidé, est tantôt globulaire, tantôt pourvu d'une forme un peu carrée, par suite de la compression à laquelle il est soumis de la part des muscles droits. Nous avons vu des sujets adopter impunément l'œil postiche, quinze jours, douze jours même après l'acte chirurgical qui avait disposé l'organe à recevoir l'émail. Aucune donnée générale ne saurait être établie à cet égard ; ce n'est habituellement qu'au bout de six semaines ou deux mois, c'est-à-dire quand toute irritation s'est évanouie, qu'on peut avoir recours à la prothèse.

L'opération qui nous occupe n'est presque jamais suivie d'hémorrhagie ni d'autres accidents; nous, avons vu des malades venir consulter le chirurgien, dès le lendemain, bien qu'il soit prudent de faire garder quelque temps la chambre. Un juif polonais, qu'avait opéré Jaeger père, fut pris d'une inflammation vive et accompagnée de fièvre, d'insomnie, de douleurs de tète violentes; un fait semblable a été relaté par Lawrence, qui ne parvint qu'avec peine à enrayer les désordres inquiétants qui surgirent, par les émissions sanguines, les purgatifs, l'opium à hautes closes, etc. M. le docteur Michaud m'a même dit qu'un étudiant en médecine, qu'il avait vu opérer d'un staphylôme, à Turin, succomba dans le délire quelques jours après cette tentative. La blessure de la sclérotique a été invoquée comme cause possible de ces accidents par plusieurs auteurs, qui posent en principe qu'il ne faut jamais la léser dans cette occurrence. La valeur de cette opinion, que j'ai cm longtemps fondée, s'est singulièrement affaiblie dans mon esprit. Ne voyons-nous pas, en effet, dans maintes opérations, les blessures de la sclérotique n'entraîner aucun inconvénient grave? Ce qui vient d'être dit n'a trait qu'à la section simple ou à l'excision d'une partie très-limitée de cette membrane. 11 en serait différemment peut- |tre, eu égard aux suites de l'opération, si adoptant la modification deWoolhouse et de Sabaticr, l'on amputait avec la tumeur une bande circulaire de la scléro- Èlque. « Plusieurs fois, dit le dernier auteur, j'ai opéré de cette manière avec

»80 l.iviuï 11. — MALADIES DU GLOBE OCULAIRE.

des succès différents. Plusieurs malades on1 guéri sans accidents; d'autres en ont essuyé" de très-graves. Les accidents inflammatoires qui surviennent demandent la plus sérieuse attention. » Quoi qu'il en soit, pernicieuse ou non, lu jhu nœuvre qui consiste à anticiper sur la sclérotique doit être rejetée comme prédisposant, par une lésion étendue des cellules hyaloïdiennes et l'écoulement de l'humeur vitrée, à l'obtention d'un moignon généralement trop peu volumineux au point de vue de la prothèse oculaire l.

On peut, dans quelques circonstances, implanter une érigne dans la protubérance qui, une fois assujettie, est coupée de haut en bas ou de bas en haut avec un bistouri bien tranchant, sans ponction, sans contre-ponction, sans tous les détails de manœuvre précédemment exposés. J'ai rencontré des staphylômes dont la base était transversalement aplatie et comme pédiculéc, par suite de la compression que les paupières, si longtemps contractées, avaient imprimée à cette région de la tumeur, celle-ci étant saillante au-devant de la t'ente interpalpébrale. C'est plus particulièrement dans de tels cas que l'expédient qui vient d'être mentionné trouve son application.

Dans le procédé de Kùchler, dont nous avons déjà parlé (page 334), le staphylôme est fendu par une incision transversale. Pour obtenir une cicatrisation plus rapide et éviter en même temps l'effusion de l'humeur vitrée, M. Wilde traverse, au préalable, la base de la tumeur par un fil dont les deux chefs sont noués au-devant des lèvres rapprochées de la plaie, aussitôt après la résection. Dans la manœuvre de M. Critchett, la conjonctive scléroticale est circulairement détachée par la dissection le long des racines de la tumeur; des fils sont passés à travers la portion décollée du tissu conjonctival, et ils ne sont liés, comme dans le procédé qui précède, qu'après l'ablation de la masse morbide.

Ligature du staphylôme. Procédé de M. Borelli (de Turin). — Recommandée par Celse, par Actius, par Paul d'Égine, la ligature du staphylôme a été essayée, en 1827, par Roux; une vive inflammation survint, l'œil suppura et toute chance fut anéantie de reconstituer la vision par une pupille artificielle*. Celse recommande de traverser la base du staphylôme avec une aiguille garnie d'un double fil et qu'on fait pénétrer de l'angle externe vers l'angle interne, puis de nouer les deux chefs de l'un des fils en haut, de pratiquer un nœud semblable au côté opposé, de telle sorte que la moitié supérieure et la moitié inférieure de la protubérance se trouvent chacune étreintes par une ligature. On a modifié ce procédé en passant à travers la tumeur deux fils dans une direction verticale, et deux autres fils dans une direction transversale, pour faire ensuite quatre nœuds aux quatre côtés de la base du staphylôme.

i Sans entrer ici dans la question de savoir si la sclérotique est ou non une émanation de la dure-mère , je me contenterai de faire observer qu'elle est réellement en continuité de tissu avec cette membrane moyennant la gaine du nerf optique. Cette remarque est importante pour la patbologie de la sclérotique, car elle explique comment les irritations de cette membrane se transmettent aisément à la rétine par l'intermédiaire du nerf optique, et quelquefois même aux méninges. (Roguetta.)

1 La Clinique, numéro du 8 janvier 1828.

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