CHAPITRE V. — MAtÀBJBS DE l.'llUS. 38." i
avec quelle facilité des débris pigmenteux peuvent se détacherde la première pour
se porter sur la seconde: En préfcênce d'un obstacle de formatii luvelle, établi
dans l'ouverture pupillaire, la persistance d'une vision plus ou moins étendue est liée surtout à la densité et au mode de répartition de l'eisudat , et à la masse plus ou moins grande de brides qui le t iennent soudé aux parties limitrophes. Quelques fausses membranes très-minces, et tendues devant la pupille tout entière, permet tout encore au malade de se conduire et de se livrer à des occupations qui ne demandent pas une grande portée de vue. Quelles que soient, d'ailleurs, les conditions de l'opacité, les atrésiés pupillaires, exemptes de complications graves qui suffisent à elles seules pour abolir la vision, ne détruisent jamais la perception de la lumière.
traitement. — Les obstructions complètes, denses et invétérées, ne trouvent guère de ressource que dans la formation d'une pupille artificielle. On blesserait inévitablement le cristallin, et l'on risquerait de donner lieu à des déchirures, à des décollements, à des hémorrbagies, à une iritis, source de nouvelles productions plastiques, si Ton tentait de lacérer ce genre d'obstacles avec l'aiguille à cataracte. Quelques atrésies partielles, au contraire, peuvent diminuer beaucoup sous l'influence d'agents résolutifs internes et externes. Les iodiques, administrés à l'intérieur, ont invoqué quelques succès. Nous accordons une bien plus grande confianceau sublimé àpetites doses, longtemps continuées. Boisnard (rueÀumaire, n° 49)y l'un des malades de mon dispensaire, qui, au début du traitement que je lui prescrivis, ne se livrait guère qu'à quelques grossiers ouvrages, a recouvré, au bout de six mois, la faculté de lire et d'écrire, même le soir. L'honneur de cette cure doit être attribué au bichlorare de mercure dont le malade a pris plus d'un gramme dans de l'eau gommée et fractionné de telle sorte que les voies digestives n'en ont jamais souffert. Parmi les moyens qui peuvent être fructueusement employés à l'extérieur, nous mentionnerons les frictions, sur le front et même sur la paupière supérieure, avec l'onguent napolitain camphré, avec les pommades au sublimé et au chlorhydrate d'ammoniaque, avec les pommades iodées et la pommade de Gondret appliquée sur ces mêmes régions. M. Hèlbcrg, qui invoque l'effet du vinaigre sur le système vasculaire, prétend avoir obtenu d'excellents résultats,
I contre les exsudats suites d'iritis, en faisant pratiquer sur les voiles palpébraux des fomentations avec un mélange de parties égales d'eau et de vinaigre. On pres-
i crira, en introduction entre les paupières, des collyres et des pommades à Piodurc de potassium et quelques autres préparations résolutives, dont les effets seront puissamment secondés pai l'emploi longtemps continué de vaporisations ammoniacales vers l'œil. Souvent enfin, la présence de synéchies postérieures rend urgente l'intervention des mydriatiques, comme nous le verrons dans la section suivante.
SYNÉCHIES.
L'iris peut être soudé partiellement ou complètement à la cornée (synéchie antérieure). Il Test, dans d'autres cas, à la cristalloïdc antérieure (synéchie postérieure). 11 y a parfois encore existence simultanée d'adhérences antérieures et d'adhérences postérieures (synéchie mixte).
synéchie antérieure. — Elle est prescpie constamment produite par une perforation ulcéreuse ou une plaie pénétrante du miroir (opération de la cataracte par extraction, etc.). Alors, l'humeur aqueuse s'écoule, l'iris s'adosse à la cornée et des liens tlhro-plastiques viennent uni]' la cloison indienne à la plaie kératique, qui se cicatrise elle-même à la faveur d'une production de même nature (leucome adhérent). Les hernies de l'iris ne guérissent presque toujours qu'avec une synéchie de ce genre. La constitution d'une synéchie antérieure, par kératite ou par iritis, sans perforation de la cornée, est généralement admise parles auteurs ; c'est là, d'après nous, un phénomène très-exceplionnel. Les leucomes adhérents offrent quelquefois des taches pigmenteuses (page 356). Les synéchies antérieures sont simples ou multiples. Je les rencontre quelquefois situées dans deux parties opposées de la cornée , de telle sorte que la pupille se trouve tendue entre les deux points d'adhérence. Dans la synéchie antérieure totale ou complète , la chambre antérieure a disparu, la cornée est opaque dans une grande étendue, ou staphylomateuse, et la vue aholie.
Pour apprécier les conditions des adhérences, principalement quand la cornée est largement obscurcie, il faut l'explorer de prolil, en ouvrant et fermant alternativement l'œil malade exposé au grand jour. On constate alors que la pupille est retenue du côté où existent les liens anormaux. La belladone , en refoulant périphériquement la marge pupillaire, si ce n'est dans les parties soudées, contribuera beaucoup à élucider le diagnostic. C'est surtout quand un leucome est situé en face des brides que ce mouvement mydriatique est fort apte à dévoiler l'étendue des adhérences. Quelques synéchies excentriques et exiguës ne sont associées à aucune déformation pupillaire.
Observation XVI. — Madame Chailloux, malade de mon dispensaire, porte à l'un ei à l'autre œil une synéchie antérieure constituée par un véritable pont, dans lequel on reconnaît très-manifestement une languette indienne soudée à un petit leucome. Il y a lieu de penser que deux ulcérations kératiques se sont perforées, lors d'une ophthalmie grave, pour laquelle cette femme a reçu les soins de Sanson, que des adhérences se sont laites entre les points ulcérés de la cornée et les parties correspondantes de l'iris, et que plus lard le retour de celte dernière membrane à sa position naturelle en a entraîné le déchirement partiel, d'où la formation des deux languettes indiennes.
synéchie rosTÉniEURE . — Ce phénomène s'observe très-fréquemment à la suH des iritis. Dans quelques formes sourdes etinsidieuses dont nous avons parlé, il