CHAPITRE V. — MALADIES DE l/lltis. A
est plus développée dans la seconde phase de la maladie ; elle est arrondie, bien limitée, blanchâtre, verdâtre, parfois brunâtre. L'exagération des phénomènes qui viennent d'être notés caractérise la troisième période. Quels que soient, d'ailleurs, les degrés de développement du kyste, l'éclairage oblique est ici d'impuissant secours. Les désordres fonctionnels sont en rapport avec le volume de la production qui, agissant comme un véritable corps étranger, peut donner lieu à de la photophobie, à de l'épiphora, à des douleurs névralgiques dans l'œil et dans le trajet de la cinquième paire. Les conditions de la vue sont variables, depuis un trouble léger de cette fonction jusqu'à son abolition complète ; elles sont liées à la position de la tumeur, qui peut empiéter plus ou moins sur le champ pupillaire, et aux complications d'irido-choroïdite, qui s'y associent, quand elle a contracté un haut degré de développement.
11 est digne de remarque qu'une lésion traumatique de l'œil a été le point de départ de la plupart des kystes iridiens observés jusqu'à ce jour. Quelle part a eu la vulnération dans la production de cette sorte de tumeurs ? Nous n'en sommes encore qu'à des suppositions. La théorie d'une suffusion sanguine primitive au sein de l'iris est, dans notre opinion, la plus probable.
Le contenu de la poche, qui n'a pu être recueilli, a paru tantôt incolore, et comme séreux, glutineux, tantôt d'une teinte roussàtre. Les parois du kyste peuvent être minces, diaphanes, ou bien consistantes, fibreuses, opaques, M. Bowman a formulé à cet égard quelques propositions dignes d'être connues1, La tumeur, d'après cet oculiste, ne semble avoir d'autres limites que les éléments propres de l'iris, qui se sont pour ainsi dire dédoublés. Un liquide s'accumule d'abord entre le parenchyme de cette cloison et l'uvée qui se trouve refoulée en arrière. Tant que ce fluide est peu abondant, une petite partie de l'iris se porte seule, vers la cornée. La collection étant devenue graduellement plus copieuse, la tumeur, arrêtée en arrière par le plan résistant, auquel elle est adossée, s'avance nécessairement dans la chambre antérieure, point où elle ne rencontre aucun obstacle. Les fibres si extensibles du tissu musculeux de l'iris cèdent peu à peu à la distension qu'elles éprouvent ; elles finissent, au bout de quelques mois, par former au-devant du liquide une poche saillante qui touche à la cornée dans une étendue telle que la pupille se trouve déjetée de côté. Cette ouverture peut même être abolie, si la protubérance se recourbe au-devant d'elle.
Les frictions mercurielles et iodées et les autres moyens résolutifs connus >er„nt mis en œuvre, tant que les tumeurs de ce genre sont assez peu développées pour n'engendrer aucun accident grave. Les instillations longtemps réitérées d'une solution de sulfate d'atropine entre les paupières pourront prévenir les synéchies postérieures; peut-être même que, dans certains cas exceptionnels, leur intervention offrirait quelques chances de rompre les parois minces de la production morbide et d'en solliciter l'affaissement. Vient-elle à susciter des désordres menaçants pour l'organe visuel, une opération devient ur-ente Les uns ont ponctionné plus ou inoins souvent la tumeur; d'autres ont excisé
1 Leçons cliniques faites en \ 847 à l'hôpital ophiblmiquc de Moorfields
Lomli
es.
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la portion d'iris sur laquelle elle repose. Bien que cette question de thérapeutique ne soit point encore définitivement résolue, nous croyons que la résivliou de l'iris est une tentative assez peu vulnéranle et assez cflicacc, d'ailleurs, dans l'espèce, pour devoir être généralement préférée.
Sous le nom d'hydropisio de l'iris (iridocèle ou iridropsic) le docleur Valiez (de Bruxelles) a publié, en 4847, dans le Journal des Connaissances médical chirurgicales de cette ville, un l'ait curieux qui nous paraît avoir beaucoup d'analogie avec la forme pathologique qui vient d'être décrite. 11 s'agit d'un ga& çon de treize ans, habitant un logement humide et qui, au début de son alléelion oculaire, avait éprouvé un vomissement de sang. A l'œil droit, la pupille était obstruée par une exsudation plastique, et l'iris, adjacent à la cornée, était occupé par une tumeur quadrilobéc d'un bleu noirâtre, qui s'étendait du grand au petit cercle. A l'œil gauche, où la chambre antérieure était également diminuée de capacité, une protubérance d'un vert glauque siégeait sur la partie supérieure de l'iris et retombait sur la marge pupillaire, sous forme d'une gourde. M. Valiez, qui diagnostiqua un épanchement de sérosité sous le feuillet iridien de la membrane de Descemet, prescrivit les mydriatiques, les dérivatifs calanés, les pilules bleues, etc., traitement qui eut pour résultat l'affaissement des tumeurs de l'œil droit, où la vue continua à rester abolie. L'iridocèlc de l'œil gauche diminua sensiblement et la vision y éprouva une amélioration notable,