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CHAPITRE v. MALADIES PB i/'ntis

i FLOTTEMENT DE L'iRIS (l'REMOR IRIDIS , IRIDODONÉSIS) .

L'oscillation, d'avant en arrière, delà cloison indienne ne se manifeste forl souvent que quand on fait exécuter à l'œil des mouvements rapides; on peut comparer ce phénomène à l'ondulation d'une voile de navire non gonflée par le vent, dans un temps calme.

Dans les cas les plus habituels, l'iridodonésis parait subordonne à des changements survenus dans les milieux réfringents intra-oculaires : absence, déplacement, déchalonnement de la lentille (cataractes branlante et nalalile); lluidilicationdu corps vitré (synchysis) ou décroissement de volume de la masse de ce dernier par une élimination partielle ou par toute autre cause. Il suit de là que l'iris, qui n'es! plus soutenu, comme il l'est dans une coque douée de ses conditions physiologiques, éprouve, dans les divers mouvements de l'œil, la vacillation dont il s'agit. C'est, sans aucun doute, à la suite de l'opération de la cataracte qu'on rencontre plus particulièrement l'irododonésis. 11 n'est pas constant après celle opération et surgit plus souvent après l'abaissement qu'après l'extraction. Je l'ai vu se manifester immédiatement après la réclinaison, dès que l'aiguille avait été retirée de l'œil. Blasius pense que les conditions qui viennent d'être indiquées ne sauraient probablement déterminer une fluctuation quelconque dans le diaphragme oculaire, si celui-ci n'y était prédisposé par une affection dynamique de son tissu, par une viciation de son activité nerveuse, d'où une résistance insuffisante aux secousses que le jeu des muscles de l'œil communique à l'humeur aqueuse. A la suite de l'opération de la cataracte, par exemple, il y a lieu de présumer, suivant le professeur de Halle, que la névrose indienne a pour point de départ une lésion des nerfs ciliaires.

Dans la production de l'iridodonésis qui accompagne assez rarement d'ailleurs certaines amauroses asthéniques, le docteur Bouisson (de Montpellier) invoque une atonie de l'œil, en vertu de laquelle ses fonctions nutritives sont devenues languissantes, d'où l'insuffisance de l'humeur aqueuse, par la lenteur avec laquelle la nature en répare la déperdition. Cette proposition paraît acceptable; mais c'est alors surtout qu'il faut ajouter à la condition qu'elle signale un certain état d'anesthésie du diaphragme oculaire, et l'annulation d'une grande partie de la vascularité de la trame indienne, devenue flasque, a-t-on dit, à l'instar du pénis, chez leveillard, faute de congestions actives capables de remplir ses cellules vasculaires. De la turgescence existant souvent, au sein de l'iris dans l'amaurose sthénique, il est tout naturel de supposer l'effet opposé dans 1 amaurose asthenique. Dans quelques vieilles gouttes-sereines torpides l'iris se flétrit et devient plus mince et d'une teinte moins foncée. La cornée elle-même perd souvent son lustre et contracte un aspect légèrement terne L'iridodonésis semble dénué d'inconvénients, eu égard aux fondions visuelles UUC medlCat,0n Paraissait Piquée dnranl sa présence., elle devrait être érigée

*00 UVRR II, — MALADIFS ItU GI.OHF. OCULAIRE.

contre la maladie, quelle qu'elle lût, associée à la vacillation indienne, et non contre celle dernière,

SECTION VIII

TUMEURS DIVERSES. — KYSTES DE L'iRIS.

Les tumeairs inflammatoires de l'iris, ses condylomes, le staphylômc de l'uvéc (iridoncosis ou iridoncus de Klemmer) ont été déjà précédemment signalés. L'iris peut être le siège de tumeurs fongueuses et vasculaires, productions lui t rares que Delarue appelle excroissances charnues de cette membrane1. Ses kystes, forme pathologique plus récemment décrite, méritent de fixer quelques instants notre attention.

M. Mackenzie paraît être le premier qui ait signalé l'existence des kystes iri- ■diens. « J'ai vu, dit cet observateur, une tumeur de ce genre se développer à la suite d'une blessure. Elle était demi-transparente etsemblait remplie d'un liquide ténu. Comme elle n'augmentait pas de volume et ne causait pas de douleurs, je n'y touchai pas. » Dans un second exemple, mentionné par le même auteur, il ■est question d'une dame qui éprouvait une souffrance vive dans l'un de ses yeux. Une petite tumeur adossée au segment inférieur de la cloison indienne, derrière le limbe kératique, proéminait dans la chambre antérieure. L'ampoule s'accrut par degrés, séparant de plus en plus l'iris de la choroïde. Elle fut ponctionnée, à travers la cornée, avec le scalpel à iris (pl. III, lig. 8). Une petite quantité de liquide s'étant écoulé, le kyste se contracta et devint presque invisible; mais à la suite de la cicatrisation de la poche morbide, cette dernière se remplit de nouveau et récupéra les caractères dont elle était pourvue avant l'opération ; elle devint même plus volumineuse. Ponctionnée deux fois encore, à quelques semaines d'intervalle, elle finit par ne plus se remplir. L'iris reprit son apparence physiologique et la vision fut conservée. M. Mackenzie croyait d'abord que le kyste s'était formé dans la chambre postérieure et avait fait irruption dans l'antérieure entre la choroïde et l'iris, mais il adopta plus tard l'opinion de M. Bowman que nous mentionnerons tout à l'heure.

Des faits du même genre ont été constatés par MM. Adolphe Richard, J. Dixon, White Cooper, et par quelques autres observateurs. M. Guépin fils les a réunis dans un travail spécial 2 où se trouvent consignés les documents connus aujourd'hui sur la symplomatologie, l'étiologie et le traitement de ces rares tumeurs. Dans leur première période, l'iris devient le siège d'une protubérance circonscrite, avec ou sans modification dans la coloration de ce diaphragme. La tumeur

i Delarue, Cours complet des maladies des yeux. Paris, 1820, p. 206. — Consultez, pour un exemple de celte variété de tumeurs indiennes , le Bulletin de thérapeutique, t. LV1I, p. 430. Un autre exemple est représenté dans l'ouvrage déjà cité de M. d'Ammon, 1" partie, pl. XIV, fig. 12.

î A. V. Guépin, Des kystes de Viris, thèse inaug. Paris, 1 8(>0.

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